[Cinéma] Prometheus de Ridley Scott – De belles images sans réponses?

Tant de teasers, de featurettes, d’interviews, de déclarations avant même qu’un film ne sorte que le spectateur, et plus particulièrement le journaliste et son pendant amateur, le bloggeur, ne peut qu’être envahi par l’information au point d’avoir une idée toute faite de ce qu’il s’apprête à voir. Les extraits pleuvent même tellement avant la sortie d’un film qu’avant d’aller voir Avengers j’avais l’impression que l’intégralité du flm était déjà disponible par petits bouts, comme un puzzle géant à reconstruire sur youtube. Toutefois, comme pour l’excellent blockbuster de Joss Whedon, j’avais pris le parti de ne rien voir et de ne rien lire sur Prometheus afin de le découvrir avec l’esprit le plus neutre possible.

Impossible par contre après les premières projections d’éviter les jets de tomates que le film reçu de la part des heureux spectateurs qui purent le découvrir en avant première public pour le chroniquer. Toute la twittosphère capable de combiner un clavier et une accréditation s’était mis d’accord pour cracher leur regret sur un film dont le seul point positif que j’avais pu dégager lors de ma vision de la bande annonce (seul exception auquel je n’avais pas réussi a échapper en attendant la projection d’un autre film) était qu’il avait l’air très joli. C’est un peu court mais je n’en demande pas plus de la part d’un film de science fiction de nos jours, même quand celui-ci nous vient de Ridley Scott.

Bien m’en a pris d’arriver en m’attendant à un sabordage car je n’eu donc que du positif à espérer de ce film. A l’inverse de tous ceux qui en attendaient trop, je n’en attendais plus rien, et c’est sûrement aussi à cause de leur avis que je ressorti avec l’impression d’avoir enfin vu un film de science fiction pure et dure et pas une intrigue contemporaine parsemée de robots et de technologie futuriste.

De mon point de vue, Prometheus est la réponse à la question : Que se passerait-il si les scientologues avaient raison ?

La découverte de symboles à travers le monde pointe l’origine de la vie terrestre vers les étoiles. Une expédition est donc financée par un milliardaire pour donner à deux scientifiques le loisir d’explorer cette destination lointaine où pourrait se cacher le secret de la vie, et peut-être même rencontrer le créateur en personne…

Le voyage que Ridley Scott organise pour son quatuor d’acteurs principaux, Noomi Rapace et Logan Marshall-Greene (merci @Yllogic pour la correction) dans le rôle des scientifiques et Charlize Theron et Michael Fassbender dans le rôle des représentant de l’entreprise qui finance le projet, ne retourne pas aux origines d’Alien comme il avait été annoncé mais dans une intrigue dont toutes les réponses ne seront pas délivrées verbalement mais illustrées dans un mélange d’action, de trahison et de drame personnel que le réalisateur enchaine à une vitesse qui ne laisse malheureusement pas assez de temps à des personnages pour s’installer.

L’intrigue de Prometheus mérite un second film et avec un peu de chance elle y aura droit. Le véritable problème de ce film est que l’on en ressort avec l’envie d’en savoir plus que ce que l’on nous a déjà donné. Dans les artères de la civilisation extra terrestre découvertes par le groupe de chercheur se cachent des secrets que l’on a à peine le temps de découvrir pour faire place à une menace inquiétante capable de remettre en question les fondements de la civilisation. La profondeur du mystère a sûrement fait de ce film une source de frustration pour tout ceux qui en espéraient de réponses au mythe d’Alien. Certains point d’interrogations sont pourtant effacés du tableau si l’on suit bien l’action, mais le manque de verbalisation de la part des personnages empêche le spectateur d’obtenir une conclusion définitive avant que ne se déroule le générique de fin.

Prometheus est un film fait de clé et de serrure comme on en a vu peu dans le paysage de la science fiction cinématographique. Des effets spéciaux et un design riche et intense au service d’une intrigue qui laisse moins de place aux personnages et nous laisse avec les yeux plein de destination neuve a explorer. Ridley Scott n’a pas fait un nouvel Alien, il a crée un nouvel univers dans lequel j’espère replonger.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. la Fille du rock
    8 juin 2012 à 15:00 #

    Ce film laisse un arrière goût de What the Fuck.
    Ils ont fait monter la sauce durant des mois, jouant à fond la carte du transmédia, nous emportant jusqu’aux portes du vaisseau Prometheus, pour finalement nous abandonner quelque part bien perché.
    De belles pistes sont avancées, le film est magnifique, mais on se demande encore où ils voulaient aller. Sans doute vers un Prometheus 2 ?

  2. 8 juin 2012 à 15:03 #

    J’ai vraiment bien fait de rester extérieur à la hype autour de ce film.
    J’attends quand même un peu un Prometheus 2 après une telle fin. Cependant, si ça n’arrive jamais, je serais quand même satisfait du spectacle.
    On m’a fait remarqué que le scénariste faisait aussi parti de l’équipe de Lost, ce qui peut expliquer le flou artistique du scénario. Je reste quand même bien accroché à mon interprétation et je la trouve tout à fait valide et satisfaisante pour donner du sens au film.

  3. la Fille du rock
    8 juin 2012 à 16:40 #

    Ouais l’un des 2 co-scénaristes était le pro des mystères sans fin de Lost. Dans ce Prometheus par exemple, peut-on me dire à quoi sert la grosse pierre verte ? C’est de la kryptonite ?
    Je ne m’attendais pas à avoir une énoooorme révélation sur la saga Alien (sans mystère il n’y a plus de magie), mais on est loi d’avoir un équilibre parfait entre l’attente suscitée et les réponses apportées.
    Et vraiment, je déteste me sentir conne après avoir vu un film, ne sachant trop si j’ai vraiment pigé l’histoire…

  4. 8 juin 2012 à 16:44 #

    Moi j’aime bien que l’on me laisse planer le mystère, mais plus je parle de ce film avec des gens frustrés par la fin et plus je me dis que j’ai du louper des éléments dans mon interprétation des évènements. Par exemple, je ne me souviens pas de la pierre verte en question. Par contre niveau révélation sur Alien il y en a quand même une grosse!

  5. Toms
    18 juin 2012 à 09:45 #

    C’est peut être le plus dérangeant dans l’histoire : cette fameuse « révélation ».
    On a appris comment les Xénomorphes sont apparus dans la galaxie, c’est quand même pas rien. Idem pour l’existence du grand monsieur assis dans son fauteuil.
    Du moins, j’étais resté sur cette impression suite à l’interview de je-sais-plus-qui l’été dernier, qui disait que Prometheus allait être une sorte de préquelle à Alien, une sorte d’Alien Origins.
    Sachant cela, je me suis également coupé de toute info supplémentaire et autres trailers. Pour la surprise.

    Sauf que du coup, le visionnage du film remet en cause toute la chronologie communément admise de cet univers. Car aussi mauvais fussent ils, les films Alien VS Predator expliquaient bien que les Aliens existaient déjà chez les Mayas, et même avant.

    Perplexité et incompréhension de ma part durant la séance donc.

    Jusqu’à ce que j’écoute une autre interview – plus récente – de Scott disant que « oui mais non en fait c’est pas une préquelle à Alien; c’est dans le même univers mais ça n’a rien à voir, faut le prendre comme un spin off ‘voyez ».

    Bon, ok, on est pas contrariant.

    Prometheus est donc un mauvais film d’Alien mais un bon film de SF (à mon sens).
    Mais y aurait moyen de faire tellement mieux, tellement plus. Déception.

    En tout cas, merci pour toutes ces reviews / présentations, c’est toujours un plaisir à parcourir.

  6. la Fille du rock
    18 juin 2012 à 17:44 #

    Hello Toms. Alors il y aura un Prometheus 2 (si ce n’est un 3) pour suivre le Docteur Shaw chez les Ingénieurs : « je ne veux pas retourner d’où je viens mais voir d’où ils viennent » dit-elle.

    On verra peut-être mieux le lien avec la saga que nous connaissons et chérissons tant.

    Hororo : tu fais référence à quelle révélation ? D’où viennent les xénomorphes ? Une suite de combinaisons d’ADN pas très heureuse… Vraiment bizarre, ultra-rapide (sitôt engrossée, sitôt la chose expulsée, ça ne semble surprendre personne, et hop même pas mal je cours je saute…).

    J’espère qu’il y avait des sandwichs au poulet dans le vaisseau qu’elle prend pour rejoindre les Ingénieurs…

  7. 21 juin 2012 à 16:33 #

    Ouais, je parlais de cette révélation. C’est vrai que c’était expéditif mais je ne trouve pas ça négligeable, d’autant que c’est installé tout au long du film. Ceci dit, je me range quand même aux deux avis exprimé par Toms : bon film de SF, mauvais préquel et « on aurait pu aire mieux ».

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