[Chronique] Dying Fetus – Le retour du Roi

Ma première rencontre avec Dying Fetus c’était à l’époque de The War of Attrition, en 2007, quand le groupe était devenu une machine bien huilée, uniquement apte à produire un brutal death technique propre et efficace. Le titre de Légende du Deathcore était derrière eux et les mosh part semblaient être remballées pour de bon au vu de la concurrence massive de jeunes groupes comme Despised Icon ou Beneath the Massacre.

Reign supreme, dont le titre est à double sens, rétablit magistralement ce statut alors que le genre est maintenant encombré de groupe de pseudo néo metal (Emmure…) avec l’efficacité d’un trente six tonnes. Amateur de subtilité, dégager du chemin, il n’y a rien à voir pour vous.

Afficher en titre sa position de vainqueur n’est en aucun cas présomptueux de la part du groupe à entendre le résultat. Ce qui est plus amusant c’est qu’un groupe mélangeant death metal et New York Hardcore utilise comme titre le nom d’un autre groupe de hardcore reconnu pour ses mosh part efficaces. Quand le titre du disque fut annoncé j’ai d’abord cru que l’on parlait d’une tournée commune entre Dying Fetus et Reign Supreme, ce qui aurait été un peu, mais pas si surprenant que ça puisque ces deux groupes peuvent se retrouver facilement sur les mêmes affiches de festival comme le Ieper Fest ou le Brutal Assault.

Le choix du titre a t’il était fait en connaissance de cause ou par hasard? Qu’importe la réponse, ce croisement avec la scène hardcore est surtout important de par la qualité des mosh part de ce disque. De blast en ralentissement, chaque titre suit la même logique sans jamais être lassant grâce d’abord à une durée totale qui n’excède pas la demi-heure, mais surtout un total de neuf titres tous aussi excellents parmi lesquels se dégagent des perles de violence comme Second skin ou In the trenches.

C’est sur ce dernier titre que s’illustre très bien la force de la main droite de John Gallagher, guitariste gnogneur et fondateur du groupe, encore plus efficace que la frappe saccadé la double grosse caisse. Avec ces cinq doigts, la rapidité et la maîtrise du médiator constitue une contribution conséquente à la production d’énergie cinétique dans le pit. Faites jouer le groupe, brancher des électrodes sur les mosheurs et laissez faire la nature.

Depuis longtemps dépassé en qualité par les albums de Misery Index (formé par Jason Netherton, ex bassiste de Dying Fetus), dont on retrouve la patte sur Second skin dont les riffs m’ont fait pensé à ceux du morceau Conquistadores, Dying Fetus retrouve ici toute sa gloire avec un disque que les afficionados acclament déjà comme leur meilleur, ce qui, pour un groupe classé parmi les fondateurs d’un genre pourtant saturé, n’est pas rien. Aucune réinvention ou innovation a mentionner, juste de l’efficacité et de la brutalité à revendre.

Reign Supreme est disponible en CD et vinyle sur Relapse Records

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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