[Chronique] Cattle Decapitation – Pas si monolithique que ça

D’un side project d’un membre de The Locust (groupe de grindcore à clavier déguisé en insecte) à un projet death grind étiqueté vegan / activiste écolo en passant par des pochettes de disques controversés, Cattle Decapitation aura traversé différents stades avant que je ne dépasse mon appriori et que je finisse par écouter leur musique. Entre temps, leur musique a bien évolué et force est de constater que l’image d’un simple groupe de death grind rentre dedans et enragé est bien dépassé sur Monolith of humanity.

L’introduction blasté couverte de grognement très gutturaux fait très vite place à une rythmique variée qui, sans jamais s’approche de trop prêt du mid tempo, apporte beaucoup de souffle à la violence des compositions. Le registre vocale de Travis Ryan dépasse maintenant largement le grognement de cabinet du gore grind classique pour passer à des cris aigus blindés de réverbération ce qui a pour effet de faire du refrain d’A living, breathing piece of defecating meat une ritournelle chanté par une troupe de sorcière imbibé de rhum.

En revanche, ce qui n’a pas changé chez Cattle Decapitation, c’est le contenu des paroles. Contrairement à la majorité des groupes de goregrind usant du vocabulaire horrifique pour raconter de simples histoires gores et grotesques, Travis Ryan utilise cette même imagerie à des fins beaucoup plus sérieuses dans laquelle il expose son ressentiment et ses idées sur la place de l’homme sur Terre et sur le massacre d’animaux au nom de la consommation de masse. La lecture du livret n’est donc pas juste une occasion de comprendre ce que grogne le chanteur à un moment donné mais de savoir pourquoi il hurle autant. Ridicule pour certain, essentiel pour d’autre, ce n’est pas qu’un point de détail pour le groupe (bien que, depuis les nombreux changement interne, seulement deux membres soient végétariens) et les pochettes le montrent bien.

Les diverses influences musicales échappent aussi au registre classique du death metal et pointe vers même vers les mélodies à la Devin Townsend (Lifestalker) ou encore Cynic (Do no resuscitate) dont on retrouve des traces du mélange jazz fusion / metal par moment. Bien que l’emphase soit placé sur la vitesse, à l’exception de l’interlude The monolith, le jeu des musiciens ne manque pas de subtilité sans jamais perdre en intensité et en violence. Les onze titres s’enchaînent en un peu plus d’une demi-heure et laissent derrière eux un impact qui vous poussera à refaire tourner ce disque pour en découvrir toutes les subtilités. L’avenir me dira si Monolith of humanity restera dans ma liste des albums de l’année mais je suis encore plus impatient maintenant de découvrir le rendu live de ces morceaux.

Monolith of humanity est disponible en CD et vinyle sur Metal Blade Records

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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