[Chronique] High on Fire – Comment faire la guerre avec des riffs

Matt Pike a à peine fini de tourner avec Sleep (son premier groupe avec les membres de Om) et d’enregistrer ce disque qu’il a été poussé jusqu’à un centre de désintoxication pour soigner son alcoolisme. Or, si l’alcool détruit, elle ne la pas empêché de mettre au monstre de violence et de lourdeur après avoir conquis le coeur des fans et des curieux sur la route avec son ancien groupe alimenté par la force de joint de première qualité. Oui, la drogue a une part importante dans la vie de Matt Pike mais quoi que l’on en dise, elle n’écrit par les riffs à votre place, et ce nouveau High on Fire en contient des dizaines et de qualité supérieur.

Après la production granuleuse et vivante de Steve Albini sur Blessed black wings j’avais abandonné le groupe, malgré toutes les qualités de ce disque, par manque d’intérêt pour leur mélange de stoner et de doom hargneux. Presque par hasard, j’ai donné sa chance à ce nouvel album sans trop y croire pour finir par me faire happer par sa force bute et l’efficacité de ses accroches en forme de coups de marteaux préhistoriques.

La production de De Vermis Mysteriisse loge dans une armature très metal produite à la fois comme un disque de pop où les accroches sont surlignés comme des boulets de canon renforcés au ciment. Cette impression d’être pulvérisé est appuyé par la cavalcade de double que Des Kensel étale à la louche lors des accélérations parfois Slayeresque (Bloody knuckles) qui éclipse le tag doom de la plupart des titres.

L’agression rythmique n’attends cependant pas de passer à la vitesse supérieur pour vous asséné de coup de poing et encercles les riffs les plus lents avec la régularité d’un troupeau de requin en position d’attaque. Seul l’instrument Samsara offre un peu de répit à vos oreilles avant que ne reparte l’assaut sur les cinq derniers titres de cet album qui en contient dix au total.

Le qualificatif stoner n’est donc plus très approprié pour qualifier la musique de High on Fire tends la violence de la musique évoque plutôt un bad trip qu’un voyage sur le dos d’un dragon. Seul les solos de Matt Pike nous rappelle les racines de ce groupe dont la musique fait plutôt figure ici de Black Sabbath au galop L’épuisement ressenti à la fin de ce disque est toutefois celui du fait accomplis et non de la lassitude. Le sentiment guerrier qui se dégage de De Vermis Mysteriis le fait se classer parmi les meilleurs albums de l’année et vient de faire de moi un fan impatient de découvrir ces titres sur scène. Remet toi vite et bien Matt, le monde du metal à besoin de toi pour les gouverner avec ta guitare!

De Vermis Mysteriis est disponible en CD et en vinyle chez eOne

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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