Parmi les disques les plus marquant de 2011 figure ce disque dont je n’ai pu me procurer un exemplaire qu’en 2012 après avoir cherché une distro où il était vendu à autre chose qu’un prix prohibitif, surtout pour un album de moins de vingt minutes. C’est peu mais suffisant pour un groupe situé entre hardcore et power violence dont le but n’est pas, comme vous l’aurez bien compris, de disserter sur le sens de cette traduction de la citation de Jean Paul Sartre qui donne son nom au disque : Hell is other people.
A mi-chemin entre les deux genres susnommés, Heartless est un bon compromis entre Hatred Surge et Weekend Nachos avec une voix proche de celle de Kevin Baker (The Hope Conspiracy, All Pigs Must Die). Préoccupé uniquement par son propre passé, les paroles de Cory Smith communique efficacement une colère sans direction particulière, sinon envers le monde et tout ceux qui ont affectés négativement son existence.
« Just what the fuck do you know about remorse?
About failing to ever find balance.
Avec Hell is other people, Heartless entends envoyer valser tout ceux qui essayent de les empêcher d’exister et de vivre comme ils l’entendent. Quand on est confronté systématiquement au rejet, l’enfer c’est de ne pas pouvoir trouver à qui parler. Alors quand on ne trouve pas une oreille attentive, on prend un micro, une guitare, une batterie et une basse et on pousse les amplis au maximum pour faire taire les remarques incessantes. Heartless réussit parfaitement à ce petit jeu et compense donc très bien son manque d’originalité.
Les riffs n’ont rien d’exceptionnels mais l’énergie de la section rythmique compense ce manque avec suffisamment de violence et de maîtrise. Le mix souligne d’ailleurs très bien l’importance de la basse par rapport à d’autres productions du genre, un très bon point pour les amateur de décharge sonique et moins pour les fanas de morceaux propre à déchaîner les air guitar.
La magnifique pochette réalisé par Brian D’Agosta accompagne à merveille ces treize titres de hardcore rapide lacérés de larsens et de breaks violent dans une mer d’obscurité dont ne se dégage que des bribes de visages déchirés. Un très belle réalisation qui se prête parfaitement au format vinyle que je ne saurais trop vous conseiller pour profiter au maximum de cet objet et de son disque.
Hell is other people est disponible en CD et en vinyle chez Southern Lord































