[Cinéma] Abraham Lincoln Vampire Hunter – Le rasage de l’Amazonie en 80 jours

Abraham Lincoln - Chasseur de Vampire, et son outils magique de bucheron

Depuis quelques temps à Hollywood, le but semble être de défricher la chronique en faisant le titre le plus alambiqué possible. Un challenge que les producteurs et scénaristes se tiennent à relever avec brio. Après Cowboy vs Aliens, Blanche-Neige et le Chasseur, et prochainement Hansel et Gretel Chasseurs de Sorcières, c’est un des barbus les plus célèbres de l’histoire américaine qui se fait violer avec style : Abraham Lincoln Vampire Hunter. Vous vous en doutez rien qu’en entendant le titre, c’est un film très drôle !

Et pourtant il fait tout pour ne pas l’être, ambiance sombre, décors et costumes très classe, du slow-motion à la pelle pour donner une profondeur visuelle au film, et des vampires méchants, oui, très méchants, tout huilés dans leur flocage de crème solaire. Dit comme ça, c’est un poil surprenant, mais c’est la meilleure technique pour ne pas prendre un méchant coup de soleil. Tim Burton produit, et si, il y a quelques temps, j’y aurais vu un indéniable gage de qualité, je suis au regret de dire que les temps changent. Après le décevant Dark Shadow (mais drôle d’une certaine manière) et la bouse que fut Alice au Pays des Merveilles, le réalisateur de L’Etrange Noël de Monsieur Jack semble avoir du plomb dans l’aile…

Et pourtant, je suis là, après deux paragraphes de textes, bien incapable de vous dire si j’ai adoré ce film ou pas. La meilleure conclusion reste ma première, je l’ai trouvé risible. Grand fan de nanars et autres conneries, je me suis, bien évidemment, régalé, vraiment, mais si je devais prendre ce film au sérieux comme il se prend lui-même au sérieux, ça ne passerait pas. Et de la même façon, si le film se voyait lui-même comme une grosse farce, il aurait sûrement quelque chose de lourd.

Sturges, le vampire qui prétend appartenir au XIXe siècle, malgré sa coiffure

Sturges, le vampire qui prétend appartenir au XIXe siècle, malgré sa coiffure

L’histoire est donc simple, il s’agit d’une diffusion du journal intime top secret défense d’Abraham Lincoln, celui dans lequel il dit que l’histoire le retiendra sûrement pour la guerre de sécession, son chapeau, sa barbe, sa mouche, et ses tendances homosexuelles refoulées (renseignez-vous, il y a des rumeurs partout que ce film ne dément, à mon sens, pas). Mais que ce n’est qu’une once de sa vie qui a été consacrée à la lutte contre les vampires ! Très jeune, le brave Abe tente de sauver un petit « nègre » affranchi (à cette époque le mot n’est pas vulgaire) des coups de fouets que les laquais d’un riche propriétaire terrien lui réservent. L’enfant, comme ses parents enlevés brutalement, sont des affranchis, des mecs techniquement libre. Mais le méchant au haut de forme s’en bat effrontément les steaks. Pour être venus en aide au jeune noir, la famille d’Abraham est durement punie, sans travail, tout déprimés dans leur chaumière, la mère succombe à un mal inconnu imposé par une morsure qui a laissé deux traces de crocs dans sons poignet. Mais Abe, lui, sait, il a vu la silhouette sombre (avec beaucoup plus que deux crocs d’ailleurs) qui a mordu sa môman !

Sa colère grandit avec lui et, vers ses 15-20 ans, il décide d’aller tuer le José (prénom générique) responsable de tous ses malheurs. Après un petit verre d’alcool histoire de se mettre du baume au coeur, il s’en va bille en tête lui mettre une balle dans la tête. Sauf que sur un vampire, tout spectateur avisé le sait, ça ne sert à rien (même les bidules brillants dans Twilight résistent à ça…). Heureusement le mec du bar vient sauver Abraham. Premier hipster moderne de l’histoire coiffé au gel permanent, fringues vintage et beau gosse négligé, il va enseigner à Lincoln à se venger. Après un coup de crème solaire qui fait que l’ami Abraham ne se doute pas une seule seconde de la nature de son interlocuteur (qu’il est naïf), il va apprendre à couper des arbres en un seul coup avec sa colère, la vérité, et une hache. Deux trois essais font l’affaire là où, dans le nord des USA et au Canada, certains s’entraîne quotidiennement depuis des génération sans succès ! Cette épreuve plus quelques entrainement digne de n’importe quel film d’arts martiaux le préparent kung-fu jedi master de la mort, bref, un tueur de vampire ! Il va y consacrer sa vie sous la couverture de l’étudiant en droit qui fait un boulot de vendeur à l’épicerie locale jusqu’à ce que tout bascule et qu’il s’épanche dans la politique.

Papa, Maman, je m'en vais détruire un max d'arbres en votre mémoire, vous verrez, j'aurais la peau de l'Amazonie !

Papa, Maman, je m’en vais détruire un max d’arbres en votre mémoire, vous verrez, j’aurai la peau de l’Amazonie !

Et dans ce film, vous pourrez voir des vampire avec le même look que Barnabas dans Dark Shadow, découvrir qu’en fait, la crème solaire est la pointe technologique de l’industrie vampirique, que le gel existait déjà, que les vampires NE BRILLENT PAS AU SOLEIL (un jour il se remettront même à cramer au soleil), que la guerre de sécession a été remportée grâce à une bête fourchette, et que si on est suffisamment en colère, on peut transformer l’Amazonie en terrain vague en moins de 6 mois, et qu’on peut doubler la durée d’un film grâce à du slow-motion !

J’ai adoré, je vous recommande de le voir à l’occasion, mais avec des amis, pour ne pas se sentir trop seul devant certaines scènes. Par contre, la 3D reste à peut près aussi utile qu’un jet de déodorant sur un mec qui a trempé dans un égout pendant 2 mois. Mais vous connaissez ma position sur ce sujet, je ne suis pas un grand fan !

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Auteur:Silmael

Je viens vous parler de musique, cinéma, mangas/BD/comics, jeux vidéos, culture et galéjades, qui entourent et rythment mon quotidien. Benjamin probable de la Fille du Rock et amateur d'histoire pittoresque, la Nature dans sa grande tendresse m'a doté de deux pouvoirs, pas supers certes mais pouvoirs tout de même : une aptitude à voir la scène du concert même depuis le fond de la salle (bawé, Silmael est grand) et un canon à bides qui, rappelons-le, est une machine à débiter des calembredaines et non une catapulte à estomacs.
  1. 30 juillet 2012 à 19:08 #

    J’avais plutôt apprécié le roman original de Grahame-Smith. Mais celui-ci est également responsable du scénario de Dark Shadows, complètement à côté de la plaque, alors bon… Reste que j’ai malgré tout hâte d’aller voir ça au cinéma, le 9e art n’ayant pas produit de films un tant soit peu intéressant sur le sujet depuis … Morse ?

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