J’ai une pensée pour le pauvre patron de Throatruiner, label, encore une fois responsable de cette sortie haineuse et poisseuse, car il doit bien se douter qu’en éditant cet album il ne pourra pas profiter du succès fulgurant que rencontrera ce groupe, dès que les patrons de label comme A389 ou Southern Lord auront posés leurs oreilles sur ce disque. Lui qui a déjà vu s’envoler Birds in Row dans les bras de Deathwish, il risque fort de voir ces Cowards lui échapper dès que le groupe émettra l’idée d’enregistrer un premier album.
Pleutre, rarement un nom de groupe n’aura été aussi inapproprié. Le groupe ne pratique pas la diplomatie mais l’attaque frontale armée de guitares équipés de fil barbelés aiguisés.
La scène de la Nouvelle Orléans compte parmi les influences de ces parisiens que l’on croiraient baigner dans le goudron des marécages dévastés alors qu’ils sont issus d’une toute autre rivière, un peu moins sale, mais dont le point commun est d’être alimenté par la crasse de toute une ville. Thou et EyeHateGod (Scarce, Grand failure) peuvent regarder d’un bon oeil leurs frères d’armes de la vielle Europe, tandis que Stephen Bessac de Kickback (Horse from the get go) peut se réjouir de voir que sa voix n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisque son influence ressort par la gorge du chanteur.
Le talent de ce quintet parisien n’est pas arrivé entre leurs mains par l’opération du saint-esprit, ou de son équivalent résidant dans les abysses, mais après avoir passé du temps dans des formations aussi variés que Sickbag (grindcore), Death Mercedes (hardcore moderne), Hangman’s Chair (stoner/doom), Eibon (doom/postcore), Glorior Belli (black metal), Dacast (hardcore), et Colossus Of Destiny (doom). Avec une telle variété de style on peut toujours s’amuser à reconstituer le spectre des influences présentées au cours des six titres de Shooting blanks and pills mais comme dans toute bonne association la somme est la plus grande que l’association de chacun des membres et je place d’amblé Cowards comme un bien meilleur groupe que toutes les formations susnommés. Désolé les gars, mais vous êtes bien meilleur ici qu’ailleurs et je vous encourage a continuer de faire faux bonds à vos autres groupes (pour ceux qui en font encore partie).
Comme d’habitude, toutes les sorties Throatruiner sont disponibles gratos et celle-ci ne fait pas exception à la régle. Je vous recommande cependant de laisser une seconde écoute vous convaincre car je ne fus pas autant enthousiasmé que maintenant à l’issu de la première. De larcens en hurlement, il faut laisser le temps à l’atmosphère de s’installer et s’y accommoder pour revenir ensuite s’y lover avec plus d’assurance afin d’apprécier de se faire agresser de toute part. Aucune précaution à prendre, une fois leur matos installé dans vos oreilles, Cowards vous fera un concert dont vous vous souviendrez pendant longtemps avant de pouvoir les voir en chair et en os en compagnie de Calvaiire et d’Elizabeth à la Cantine de Belleville ou de New Lows et de Full of Hell à qui ils donneront surement du fil à retordre.































