[Live Report] Converge + Toxic Holocaust + Rise and Fall + Birds in Row au Glazart – Une histoire de coeur

Des tournées comme ça, on en redemande, mais pas forcement à la même période de l’année par contre.
Peut-être est ce que parce que j’ai rarement eu l’occasion de faire un concert dans un Glazart complet en été, mais même au dire de Converge après le concert, eux même n’ont pas souvent eu l’occasion de jouer dans une salle aussi chaude. Rien que le passage d’une pièce à une autre faisait l’effet d’un changement climatique radicale en un seul pas.

Les oiseaux en rang

La soirée vient de commencer et déjà le public s’amasse devant la scène pour voir le trio de Laval donner vie à ses nouvelles compositions. En comparaison de leur concert il y a un peu plus d’un mois à la Miroiterie (en ouverture de Graf Orlock et de Coke Bust), les musiciens sont un peu moins à l’aise sur une plus grande scène où ils ne sont pas en contact physique avec le public. Encore inconnu d’un plus large public, ce jeune groupe récemment signé chez Deathwish n’affole pas encore les foules et ne provoquera donc que des applaudissements enthousiaste. En revanche, si leur musique reste des plus nerveuse sur la plupart des chansons interprétés ce soir, le titre de conclusion (en remplacement de A kid called dreamer) au tempo lent, et complètement dénué de basse pour sa première moitié, montre une autre facette du groupe et va surement devenir leur morceau emblématique. Des finals aussi prometteur ont en reprendrait tout les jours et je me ferais une joie de les revoir à leur prochain passage.

Ils montent, ils montent… et puis ils restent là

La dernière fois que j’ai assisté à un concert de Rise and Fall c’était lors de leur tournée avec Have Heart pour la sortie de Our circle is vicious. J’en garde un souvenir d’un groupe énergique, positif dont les compositions naviguaient dans des mers agités de nombreux courants. Le groupe que j’ai retrouvé ce soir avait échangé ses subtilités pour encore plus d’énergie et une attitude scénique à l’américaine (pourquoi parler uniquement en anglais quand on peut parler en français?). Leur dernier album, Faith, n’a pas poursuivi dans l’optique postcore de Our circle is vicous et s’est tourné vers un son plus lourd et plus violent.

Ici, la basse fait toutefois la différence en appuyant les rythmiques de manière à gommer ce qu’il restait de subtilité dans leur son. Rise and Fall n’est pour autant pas devenu un clone de Terror (même si le crane nouvellement rasé du chanteur m’y a fait penser) et il reste assez de morceaux efficaces (pour la plupart extrait de Into oblivion) pour me faire apprécier leur concert. Le groupe joue bien, très bien même, et aucune fausse note ne vient perturber cette performance qui a tout ce qu’il faut pour provoquer les mosheurs. Toutefois, autour de moi, la sauce n’a pas l’air de prendre et ce ne sont pas les quelques problèmes techniques rencontrés par le groupe qui on pu déconcentrer le public. Rise and Fall a changé encore une fois, mais cette nouvelle identité ne leur ressemble pas.

Thrash ’till you die

Il y a des gens qui disent que Toxic Holocaust c’est de la merde en live.
Il y a des gens qui disent vraiment de la merde des fois!
La veste a patch de Joel Grind avait beau détonné sur la scène du Glazart, les thrasheurs venus applaudir l’une des icones du renouveau de la scène cross over se sont vite rejoint par un public conquis par la puissance des riffs de ce trio. Le concert est on ne peut plus carré, les morceaux s’enchaînent sans temps mort et le chanteur / guitariste n’a besoin que d’introduire les morceaux avec une petite phrase pour qu’un nombre grandissant de spectateur lèvent le poing et headbanguent comme si leur vie en dépendait. L’efficacité d’un groupe comme Toxic Holocaust se résume en deux mots : les chansons. Le groupe n’use d’aucun artifice et ne demande presque rien à son public (à peine deux circle pit) sinon son attention le temps de laminer leurs oreilles. Dommage qu’ils ne soient pas venus avec des disques et seulement quelques tee-shirts car je pense que je n’aurais pas été le seul à avoir envie de repartir avec un album.

Ils commencèrent pas Jane Doe

…pour enchainer ensuite sur Dark Horse et obtenir ainsi l’adhésion de l’intégralité du public venu les applaudir ou simplement les découvrir. Le parcours de Converge est des plus impressionnant car c’est à la seule force du poignée qu’ils réussissent aujourd’hui a ramener pendant le mois d’Aout autant de monde pour les applaudir dans une petite salle de l’extrême nord de Paris. Les Bostoniens ont toujours été destiné à un grand avenir et aujourd’hui leur détermination à avaler des kilomètres de route paye enfin avec un public de passionné… et quelques gros cons. J’ai donc eu la malchance de découvrir que l’on pouvait troller en concert en s’agitant comme un épileptique pour agresser n’importe qui tout en se dirigeant vers la fosse. Il y a donc pire que les gros lourds qui poussent les gens pour rejoindre le plus vite possible la fosse. Oh joie.

A part ça, Converge est venu et vaincu avec une set list moins agressive que celle de leur concert au Nouveau Casino. Un début de concert avec l’un des morceaux les plus culte de leur discographie, et le moins entendu aussi, annonçait un set moins violent qu’à l’habitude et après trois groupes aussi percutent c’était surement la meilleure chose à faire. Le son est cependant tout aussi épais que sur disque et suffit a engloutir l’attention du public incapable de se détourner de la scène même si la foule, et la configuration de la salle, ne permet pas de voir très bien au delà de sa moitié. L’enchaînement finale de Axe to fall, The Broken vow et de Last light amène la soirée à un second paroxysme d’intensité émotionelle après ce début inattendu avec le final de leur album le plus culte. Les poings se lèvent et tout le monde reprends ces paroles qui résument parfaitement tout ce que représente Converge encore et encore : THIS IS FOR THE HEART. BEATING. BEATING. BEATING.

A ce stade le rappel avec Concubine est presque superflu mais qui pourrait refuser un tel cadeau supplémentaire. Une heure de concert et des tee-shirts imbibés de sueur pour une soirée mémorable faite de superbes performances.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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