Après un concert aussi mémorable que celui de Norma Jean au Brutal Assault, je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de les revoir une seconde fois dans un tout autre contexte. Le Brutal Assault a cela de génial, en plus de se dérouler dans un pays où le comportement des fans est encore plus enthousiastes que chez, c’est de procurer au groupe un environnement parfait pour qu’ils donnent des concerts encore plus puissant que sur Paris. Est ce la bouffe? L’accueil? L’alcool (1,20 euros les 50 cl)? Surement une combinaison des trois, et elle fait son effet à chaque fois.
Des groupes et des problèmes
Toujours est-il que lors de cette date partagé par deux têtes d’affiches de la scène metal/metalcore américaine, deux jeunes groupes, les suisses de Coilguns et les français de Branson Hollis figurait en ouverture avec pour chacun plus de défauts que de qualités. Coilguns tout d’abord joue un hardcore chaotique très influencé par Converge et The Dillinger Escape Plan sans pour autant en avoir la folie, mais surtout le talent d’écriture. Ce n’est pas tout de mettre à la suite des riffs, il faudrait leur donner des transitions pour, d’une part, créer une tension, et d’autre part, les distinguer les uns les autres. Le groupe n’a pas l’air des plus enthousiastes (les blagues du chanteur à l’air désabusé face au manque de réaction du public font mouches mais ne provoque rien en retour) et préfère se concentrer sur leurs instruments, et de ce point de vue il est difficile de leur en vouloir. Cependant, de plans technique en hurlement, on se retrouve avec aucun moment marquant en dehors des pics du chanteur entre les morceaux.
Branson Hollis est par contre déjà bien connu du public (ce qui n’est pas mon cas) et des quelques amis que j’ai croisé ce soir après leur prestation. Ils m’ont tous rassurés quand à la qualité du groupe sur disque et tempérésmon impression négative. Si je me permet d’introduire la description de leur concert avec une telle mise en garde c’est que je n’en ai retenu que les fausses notes des deux principaux chanteurs et le mixage exécrable de la basse devant les deux guitares totalement étouffés. Certes, leur émo n’est pas des plus saturés, mais quand on perçoit à peine les mélodies d’un groupe dont c’est le principal attrait, le concert perd totalement de son intérêt. Il suffit de quelques fausses notes pour que les qualités d’un morceau se disperse dans les erreurs des musiciens, mais quand elles deviennent systématique c’est tout le concert qui s’effondre. Branson Hollis n’a certainement pas donné un concert aussi mauvais que celui que j’ai entendu, mais une fois mes oreilles brouillés par les divers erreurs des musiciens, il en était fini de ma tolérance.
Du désavantage de revoir plusieurs fois le même groupe
Après avoir boudé la France pendant plusieurs années, Norma Jean avait décidé de remettre les pieds pour la deuxième fois sur le sol de la capitale. De mon côté je n’avais pas entendu cette date pour les voir puisqu’ils étaient programmés la semaine précédente au Brutal Assault en République Tchèque. En bon fan, je ne pouvais pas passer à côté d’une deuxième occasion de les voir, et cela sans même avoir pu assister au concert mémorable que le groupe donna sur le sol Tchèque. C’est donc avec le précédent concert encore fraîchement imprimé dans ma tête que je me suis rendu au Batofar avec un peu trop d’attente à leur égard.
Le « c’était moins bien » est donc de rigueur pour qualifier le concert de Norma Jean au Batofar, mais ce serait mentir que de dire que leur prestation n’était pas pour autant à la hauteur de la réputation du groupe. Après un concert aussi carré, mais froid, que celui du Divan du Monde, le groupe nous revient dans une plus petite salle où l’énergie communique plus facilement entre le groupe et le public. La set list de cette tournée ne change pas beaucoup entre les dates, Robot 3 Human 0, Face:Face (où le chanteur chante et répète à la fin le « Memories » de Kurt Cobain sur Come as you are), Memphis will be laid to rest, A media friendly turns for the worst, etc… et comme seule différence par rapport au festival Tchèque le morceau A small spark vs A great forest de l’album Redeemer (que je voulais justement entendre).
Le public très jeune ne s’embarrasse pas de la puissance du son qui fait perdre en subtilité les compositions. Mosher, mosher, il faut mosher. Seul trois courageux ouvre le puis mais ils sont bientôt rejoints par plein d’autre qui finisse de transformer la moitié de la salle en fosse. Le groupe repart donc une nouvelle fois vainqueur sous des applaudissement nourris caché par la distorsion des instruments que le groupe finit de faire hurler devant leurs amplis.
Les meilleurs années sont-elles définitivement passées?
Avant leur concert du Brutal Assault je n’avais pas revu Darkest Hour depuis leur concert à la Péniche Alternat avec Dead to Fall et Cephalic Carnage pour la sortie de l’album Hidden hands of a saddist nation dont je suis encore très fan. Depuis, quatre album sont sortis et la set list du groupe n’est par conséquent constituée que de morceaux extraits de leurs derniers disques: Demons, With a thousand words but one, Sound the surrender (en rappel), Your everyday disaster. Seul A sadist nation reste de la période que j’adore encore de ce groupe faussement associé à la scène metalcore à cause de ses partenaires de tournée alors qu’ils ont toujours joués un mélange de thrash et de death mélodique inspiré des premiers In Flames.
Le concert est parfaitement interprété devant un public beaucoup plus clairsemé que pour Norma Jean mais le public prend possession de tout l’espace pour courir dans tout les sens. Le groupe est même visiblement très surpris d’être le sujet d’autant d’enthousiasme puisqu’ils ont l’air sincèrement étonnés en revenant sur scène pour un rappel (une rareté tant les « rappels » sont maintenant calculés). il faut dire que Darkest Hour en est à son septième album en plus de dix ans et reste encore un secret bien caché dans la foule de groupe issu de la vague post Killswitch Engage (ou autrement appelé « putain In Flames et At the Gates c’est vachement bien mais ça manque de mosh part »). Pour ces fidèles de la scène suédoise d’origine, cela ne doit pas être très réjouissant de parcourir les routes inlassablement et de ne récolter que des miettes, mais visiblement les membres restant du line up de la grande époque (c’est à dire jusqu’à Hidden hands of a saddist nation), le chanteur et le guitariste Mike Schleibaum, sont toujours convaincus et pose pour des photos avec leurs jeunes fans à la sortie de la salle. L’heure n’a jamais été très glorieuse pour Darkest Hour mais avec une nouvelle section rythmique un avenir neuf se dessine pour leur prochain album.
































en 2006, et la date à la peniche, Darkest Hour tournait pour l’album Undoing Ruin, Hidden Hands Of A Saddist Nation était sorti quelques années avant
Merci pour la précision, je ne me souvenais pas avoir entendu des morceaux de Undoing ruin à ce concert.
Je ne sais pas si c’était pareil à Paris, mais le lendemain à Nantes, j’ai trouvé le set bien court :/
Sinon même phénomène entre Norma Jean et Darkest Hour : le nombre de personne a bien baissé.
C’était une co-tête d’affiche donc ils n’ont pas eu un temps de jeu très long chacun. Quand au départ de nombreuses personnes après Norma Jean ce n’est pas étonnant, ils sont beaucoup plus connus par chez nous que Darkest Hour qui a loupé le coche de l’époque du metalcore et n’a pas réussi a trouver sa place dans la scène metal. Un vrai crève coeur ce groupe.