Note : Je ne parle jamais de la qualité sonore dans aucun de ces live report car il fut toujours d’excellente qualité. Pas besoin donc de se répéter inlassablement, ce festival a de très bons ingénieurs du son et leur travail est toujours de qualité.
Toxic Holocaust
C’est avec les thrasheurs américains que commence mon édition du Brutal Assault. Ils furent précédés par quelques groupes tchèques que j’avoue ne pas avoir regardé avec beaucoup d’attention pour explorer les différents stands que proposaient le festival, autant pour ce qui est de la nourriture que des disques.
Pour ce qui est du contenu, leur concert fut identique à celui de Paris en ouverture de Converge. Toxic Holocaust tire sa force d’un thrash alimenté au punk pour un rendu classique et carré. Que ce soit Wild dogs ou Bitch, les structures sont identiques de morceaux en morceaux. C’est très simple, Toxic Holocaust n’apporte rien d’original et d’exceptionnel dans leur musique ou dans leur prestation live. Tout dépend de si l’on apprécie ou non les clichés thrash qu’ils s’approprient.
Meilleur moment : Aucun morceau en particulier
General Surgery
Carcass n’est plus alors General Surgery a pris le relais. Habillés de costume de chirurgie et aspergés de faux sang (particulièrement le chanteur), les suédois perpétuent l’héritage des anglais avec un grindcore mélodique au rendu encore une fois sans accrocs. Les musiciens ne sont pas plus énergiques que Toxic Holocaust mais leurs costumes leurs procurent un petit plus pour rendre le spectacle plus distrayant. En conclusion on aura droit à deux reprises, dont une de Repulsion qui a vraiment donné le signal du départ à ce festival pour moi.
Meilleur moment : Maggots in your coffin (reprise de Repulsion)
Crowbar
C’est donc un peu plus éveillé que je me dirige vers Crowbar dont le set est malheureusement raccourcis par leur arrivée en retard sur le site. Qu’importe car dès le premier riffs tout bascule en faveur du groupe et les quatre titres interprétés font de moi un converti. Les riffs. La voix. Crowbar prend du plaisir a jouer du sludge d’une tristesse écrasante. Les mots et l’air me manquait à l’issu de cette trop courte prestation avec une seule envie, les revoir à Paris.
Meilleur moment : Planet’s collide
The Black Dahlia Murder
Changement de style et d’émotion. Avec The Black Dahlia Murder. Place à l’euphorie d’un death metal mélodique à la At the Gates joué avec deux fois plus de brutalité. Les Tchèques sont friands de ce groupe américain et ils le leur rendent bien. Les américains offrent une prestation très classique et satisfaisante, menés par, le toujours très actif et enthousiaste, Trevor Stmad au chant. Ryan Knight (ex. Arsis) exécute les solos à la note prête (il a intégré le groupe avant Deflorate). Quand à Max Lavelle, sa coupe émo a trouvé sa place très facilement grâce a un jeu et une attitude scénique discrète mais solide.
Meilleur moment : Everything went black
Corrosion of Conformity
Actuellement affranchit de Pepper Keenan (Down), le trio que constitue aujourd’hui Corrosion of Conformity se tourne vers un stoner de papi. Du peu que je connais des albums du groupe, je ne reconnais que peu de morceau dont deux cités plutôt qu’interprétés (le premier riff de Albastross et le premier couplet et refrain de Vote with a bullet) avant de se décider a jouer No deliverance. La fin du concert se tourne vers du cross over qui a l’air de faire plaisir aux vieux fans. Mais à vouloir voler entre les époques, le groupe manque d’identité. Quand au chant, il a beau être partagé entre le bassiste et le batteur, ils ne remplacent par la voix caractéristique de Pepper Keenan. Bref, bien que le concert soit de qualité et les musiciens enthousiastes, mes bras restent croisés. Une « réunion » bien mal avisée.
Meilleur moment : No deliverance
Lock Up
Retour au metal extrême avec le all star band du grindcore : Thomas Lindberg (At the Gates, Disfear) au chant, Shane Embury (Napalm Death) à la basse, Nicholas Barker (Dimmu Borgir, Cradle of Filth) à la batterie et Anton Reisenegger (Criminal) à la guitare. A voir comment les différents membres se font des câlins et plaisantent entre eux, ils sont content de se revoir. Toutefois, ils ne perdent pas de vue leur concert pour autan et enchaînent un maximum de titres extrait de leur trois albums. Comme on peut s’en douter avec de tel musicien l’interprétation est parfaite et pleine de puissance. En revanche, ce qui est surprenant, c’est la cohésion dont ils font preuve alors qu’ils n’ont que peu d’occasion de jouer ensemble. Les groupes formés de « super star » sont souvent plus de beaux rêves que de bonnes idées mais Lock Up prouve le contraire et fait de nouveaux convertit, dont moi-même.
Meilleur moment : Aucun morceau en particulier
Heaven Shall Burn
C’est l’heure de la grosse machine allemande du metalcore. L’efficacité de leur musique est proportionnelle à leur manque d’originalité, ce qui explique très bien leur excellente réputation live. Leur manque d’identité est tel, que si l’on oublie les « Rrrrr » bien roulés du chanteur, on pourrait croire à un groupe américain. La différence est toutefois dans l’humilité du groupe dont la sincérité ne peut être remis en question quand on observe leur comportement sur scène et vis à vis de leurs fans. Reste donc comme seule différence notable le contenu des paroles aux propos anarchistes et révolutionnaires alors que les riffs ressassent des clichés. C’est à la fois paradoxale et bien connu (cf tout les groupes de punk). Ont headbanguent quand même, ont s’amusent, ont gueulent un peu et c’est tout. Pas plus, pas moins.
Meilleur moment : Endzeit
Ministry
Paris n’a eu droit qu’à 50 minutes de concert avant qu’Al Jourgensen ne s’écroule, c’était peut-être suffisant. Voir Ministry jouer et entendre le concert sont deux choses bien différentes. Les effets ajoutés à tous les instruments sont tels que l’on a plus à faire à un concert de techno qu’à un groupe de rock. J’aurais sincèrement préféré que Jourgensen se ramène avec un guitariste et un DJ pour balancer la sauce plutôt que d’essayer de faire croire à cette supercherie. Le son est très fort, trop fort, les musiciens stoïques (un batteur, deux guitaristes, un bassiste et un préposés au clavier) font le boulot pendant que Jourgensen traînasse sur la scène comme un grand père épuisé. Pour tout dire, Keith Richards a une meilleur tête que lui aujourd’hui. C’est la fin, remballez tout et écoutez les disques chez vous.
Meilleur moment : Quand j’ai tourné le dos à la scène
Dimmu Borgir
Jusqu’à Puritanical euphoric mysanthropia, il y avait encore des riffs dans la musique de Dimmu Borgir. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’un, et il est constitué d’un seul accord répété à l’infini sous une marée de clavier kitch au possible. C’est d’ailleurs révélateur de cet état de fait que le groupe n’ait joué que le morceau Puritania de ce même album, celui où les guitares répètent la même note en suivant le rythme binaire de la double! Le groupe ne daigne jouer une musique plus « complexe » qu’en rappel avec un morceau de Enthrone darkness triumphant, le classique Mourning palace, mais s’en est ensuite fini du spectacle et on peut remballer le matos.
Meilleur moment : Mourning palace
Inquisition
Pendant le concert de Dimmu Borgir, Shagrat demandait au public si il voulait entendre du « putain de black metal norvégien » et j’ai deux choses à répondre à cela :
1/ Faut arrêter mec, tu ne joues plus du black metal depuis des années
2/ Non, mais du black metal Californien, ouais
Inquisition est un duo guitare / batterie dont la musique s’inspire fortement des débuts d’Immortal mais les surpasse en tout point. Inquisition, c’est le black metal norvégien dénué d’ironie avec des morceaux beaucoup plus courts et rapides. Occulte et intense, le groupe a trouvé sa place dans la scène et acquis de nombreux fans avec six albums et un dernier disque, Ominous Doctrines of the Perpetual Mystical Macrocosm, applaudit de toute part par les critiques pro et semi pro ainsi que les fans. La qualité des morceaux se retrouve parfaitement du disque à la scène. Sans aucune fioriture scénique en dehors de leurs amplis et de leur maquillage, le duo envoi tout ce qu’il a et transforme la petite salle où se déroule ce concert (le festival a ouvert une petite scène près des stands de merchandising, loin des deux scènes principales) en une mer cheveux balancés au vent.
Meilleur moment : Aucun morceau en particulier
Nile
Après Crowbar, Nile m’offre ma deuxième claque de la journée avec deux titres de l’excellent Black seeds of vengeance, Defiling the gates of Istar et Black seeds of vengeance pour conclure leur set. La force de leur concert a beau être handicapé pendant quelque minutes par un problème de batterie, comblé par une invitation du bassiste a faire répéter au public « Don’t fuck up your drums George », la bonne humeur et la précision chirurgicale des musiciens suffit a faire de ce moment une conclusion parfaite pour une première journée très satisfaisante. Nile a beau ne pas évolué depuis trois albums, leurs prestations scéniques continuent d’être l’équivalent d’un voyage au fin fond d’une pyramide. Sombre, mystérieux et fascinant.
Meilleur moment : Defiling the gates of Ishtar
































