[Brutal Assault] Deuxième jour : La République Tchèque tombe amoureuse de Machine Head et Gorguts plonge le pays dans le chaos

Cattle Decapitation
La programmation pour le moins surprenante des américains à 11H du matin n’a pas empêchée des fans de se presser devant la scène. Le groupe privilégie en revanche son dernier album plutôt qu’un set list de festival constitué de tube. En quarante minute, la plupart des morceaux de Monolith of extinction sont interprétés ce qui laisse au groupe le loisir d’interpréter en rappel un morceau plus vieux. Depuis le devant de la scène, personne ne s’excite particulièrement, mais à leur départ les fans continuent de scander le nom du groupe ce qui promet un retour prochain à un horaire moins matinal.
Meilleur moment : A living, breathing piece of defecating meat

Bleed from Within
Il y a deux ans ce groupe de metalcore anglais m’avait fortement rappelé Bring Me The Horizon pour tout ce qui est des clichés musicaux et vestimentaire du genre. En 2012, leur musique est toujours aussi constitué de clichés, et pourtant leur performance sera bien plus distrayante. L’énergie du groupe, l’enthousiasme des fans, un guitariste rouquin à cheveux longs (je n’avais sérieusement encore jamais vu ça) et un petit bout de Five minutes alone de Pantera me feront rester non loin de la scène et apprécier leur metalcore.
Meilleur moment : Les refrain de Five minutes alone de Pantera

Vildhjarta
Un festival c’est l’occasion de donner une chance à des groupes dont on a juste entendu parler. Maintenant, je peux donc vous le dire : c’est de la merde. Trois clones de Fredrik Thordendal (Meshuggah) assomment leurs guitares avec des riffs Djent tout plat et deux chanteurs se partagent le boulot d’un seul. On ne va pas aller bien loin avec ça.

Incantation
Faire jouer un groupe de death metal occulte vers 14H ne permet pas à leur musique de prendre tout son ampleur. Cependant, reste quand même des riffs bien gras et les grognement légendaires de John McEntee, l’un des chanteurs de death les plus imités actuellement par beaucoup de groupes old school (Ignivomous, Impeteous Ritual, Ritual Necromancy), pour apporter un peu de souffre à ce concert. Pour cette tournée c’est le batteur de Mortician qui est venu leur prêter main forte. Oui, Mortician, le groupe de death metal connu pour son abus de la boite à rythme a un batteur, je n’en revenais pas non plus. Toutefois, pas besoin de trigg pour jouer dans Incantation, tout se joue au muscle et la performance n’en est que plus forte. J’attendais pas mal de ce concert et je regrette de ne pas m’être plus plongé dans la discographie de ce groupe culte pour mieux en profiter.
Meilleur moment : Golgotha

Darkest Hour
Ca fait longtemps que j’ai lâché Darkest Hour mais je m’attendais à entendre plus de vieux morceaux, surtout dans le cadre d’un festival. Pour autant, leur death mélodique est assez bien interprété pour retenir l’attention pendant trois quart d’heure de concert. Dommage par contre que Tomas Lindberg ne se soit pas ramené pour interpréter son petit featuring sur The saddist nation qui fut joué, et dédié au chanteur d’At the Gates.
Meilleur moment : With a thousand words to say but one

Vallenfyre
Cette formation all star a peu souvent l’occasion de jouer ensemble et ça se sent. Le set a du mal à démarrer et les pauses entre les morceaux, bien que comblés par les petits speechs humoristique d’intros de Gregor Mackintosh (Paradise Lost) trahissent ce manque d’expérience. Les morceaux s’enchaînent toutefois assez bien et le set prend progressivement de l’ampleur. Les solos de Hamish Glencross (My Dying Bride) sont les points d’orgues des morceaux, tout comme sur l’album. De ce concert, je n’attendais de toute façon pas plus qu’une bonne retranscription du disque, et de ce point de vue j’ai eu ce que je voulais. Il est tout de même dommage que ce genre de groupe n’est pas le temps de développer un peu plus leurs interaction scénique à cause de leurs emplois du temps respectifs.
Meilleur moment : The grim irony

Hatebreed
Le succès d’Hatebreed est inversement proportionnel au nombre de note joués dans chaque morceaux. Ce n’est pas un critère de qualité, mais c’est une façon de souligner la monotonie de leur musique. Si ce n’est pas une mosh part, c’est une partie faite pour faire jumper les gamins. Parfait en festival pour s’amuser. Atroce quand on observe de loin et que l’on prend le temps d’écouter. Je comprends leur succès et je l’exècre tout autant (et pourtant, j’ai porté un sweet shirt de ce groupe !).
Meilleur moment : La seule chanson de Satisfaction is the death of desire

Municipal Waste
Tout aussi crétin, mais bien mieux interprété, les thrasheux de Municipal Waste servent toujours un show énergique et rigolo. Les blagues et les chansons sont quasiment les même qu’à Paris, et pourtant la sauce prend tout aussi bien. La différence majeure, c’est que le public tchèque est presque plus réceptif à ce type de spectacle que le public parisien, et que dès l’annonce de Beer pressure on voit voltiger des objets depuis la foule. Une belle ambiance de fête servi par un groupe toujours au taquet, d’autant plus que Dave Witte ne sait pas faire autre chose qu’être excellent à la batterie.
Meilleur moment : Beer pressure

Napalm Death
Rien de plus prévisible et de plus satisfaisant qu’un concert de Napalm Death. D’autant plus qu’en République Tchèque, on aime le grindcore à la folie. Le groupe a beau accuser le poids des années entre les morceaux, dès qu’ils jouent ils renvoient la concurrence à la cours de récré. La set list est principalement consacré au dernier album, Utilitarian, avec quelques classiques en fin de concert pour faire bonne mesure: Suffer the children You suffer, Breed to breath et l’inévitable reprise des Dead Kennedys, Nazi punks fuck off.
Meilleur moment : Suffer the children

Amon Amarth
Amon Amarth, c’est le Puy du Fou, avec des guitares, et des morceaux digne d’être jouer dans un stade. La foule est dense pour applaudir les suédois et le succès est mérité. La set list pioche un peu partout, de Death in fire à The Fate of Norns jusqu’à Guardians of Asgaard en conclusion. Le public reprend en choeur certains refrain à la demande du groupe et lève le poing tout comme il faut. J’étais très dubitatif quand à l’intérêt de ce groupe mais il n’y a franchement rien à redire sur leur prestation, tant que l’on apprécie un concert fédérateur de temps en temps.
Meilleur moment : Guardians of Asgaard

Machine Head
Fédérer, c’est aussi le but de Machine head. Les injonctions de Robb Flynn sont suivis à la lettre par un public trop heureux de les revoir (on entendait durant l’après midi des « Machine Fucking Head » dans le public) et un groupe qui le leur rend bien. Si la set list ne varie pas des masses par rapport aux derniers concerts du groupe (introduction avec Aesthetics of hate, Davidian, Old, Imperium), le speech de Rob Flynn a propos de la ville de Prague (visité lors de la première tournée européenne de Machine Head avec Slayer et sujet de fascination depuis ce jour) et le jeu du lancé de Jack and coke au public donnent à la soirée une couleur exceptionnelle. S’ajoute à cela Block (dernier titre de Burn my eyes), jamais joué depuis cette fameuse date à Prague, et des musiciens très en forme et on obtient l’un des meilleurs concert de ces trois jours.

Meilleur moment : Block

Converge
Tout comme à Paris, le concert débute avec Jane Doe mais l’énergie du groupe peut pleinement s’exprimer dans un climat moins étouffant que celui d’un Glazart complet. Les nouveaux morceaux du prochain album, les même qu’à Paris, ne laisse pas présager d’une baisse de régime. Quand à la conclusion du concert, elle est donné à Concubine, précédé de leur reprise d’Entombed avec en guest Tomas Lindberg, le parrain non officiel de cet édition du Brutal Assault , sur tout le morceau. Mémorable !
Meilleur moment : Wolverine blues featuring Thoma Lindberg (At the Gates, Lock Up)

Paradise Lost
Mon intérêt sporadique pour la discographie de Paradise Lost est recompensé par quelque titres familiers dont Say just words, One second et Forever failure. Je n’assiste qu’à un quart de leur concert pour aller me chercher de quoi manger et finir la soirée dans de bonnes conditions.
Meilleur moment : Say just words

Gorguts
Un passage dimensionnelle s’est ouvert pendant ce concert. Les lumières rouges pointés vers les musiciens les auréolent d’une atmosphère irréelle. La précision dans le jeu et dans le son décuplent l’impact des morceaux pour former d’immenses bloc de death metal technique hallucinant. Le sourire niais et écarquillé sur mon visage retranscrivait bien le sentiment euphorisant de pouvoir enfin apprécier en concert ce groupe unique et fabuleux. Gorguts est divin. Gorguts est incroyable. Gorguts a donné le meilleur concert de la journée, et cela malgré la concurrence de haut niveau.
Meilleur moment : Earthly love

Pig Destroyer
Pour avoir donné très peu de concert, Pig Destroyer a surtout une réputation de groupe de studio. Cela se voit d’ailleurs bien dans le physique apathique du chanteur, mais pas dans ses cordes vocales tout aussi impressionnante que sur disque (on parle du type qui réussissait à se faire entendre sans micro quand il était tombé en panne). Toutefois, le plus agité du groupe est le responsable des samples qui profite du peu de travail qu’il a faire pendant les morceaux pour sautiller et encourager le public a foutre le bordel. De son côté, Scott Hull joue attentivement ses riffs et ne communique verbalement avec personne. Pour un concert dont je n’attendais rien au regard des prestations live que j’avais vu en vidéo avec un chanteur le dos tourné vers la batterie, je fus agréablement surpris. C’est déjà ça et je n’en demanderais pas plus à un groupe que je n’aurais surement plus jamais l’occasion de voir sur scène.
Meilleur moment : Piss angel

La première image d’illustration incorrectement attribué à Machine Head a été supprimé. Toutes mes excuses pour cette erreur grossière.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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