Aborted
Sven De Caluwé a beau ne jamais tourné avec le même line up, il maintient en vie la flamme de son groupe de death grind avec une sélection de musicien de qualité. Un membre a visiblement changé depuis leur concert au Glazart avec Decapitated et pourtant rien ne pourrait arrêter la machine de fonctionner. Le dernier album, Global flatine, est privilégié mais le groupe revient aussi à ses débuts avec Engineering the dead et deux titres de Goremaggedon. Comme l’ont bien montré les tee-shirts Aborted vu pendant tout le festival, le pays est friand du groupe et lui prouve son soutient lors d’un set trop court mais très bien accueillis.
Meilleur moment : Saw and the carnage done
Textures
Le groupe a beau avoir eu des problèmes avec Easy Jet, ils ne laissent pas ce problème handicapé leur performance. Maintenant accompagné d’un nouveau chanteur, Textures n’a en apparence pas changé depuis leurs débuts. Les capacités vocales du nouveau venu lui permettent d’imiter à la perfection les parties de son prédécesseur. On a donc droit à de très beaux Regenesis et Awake. En revanche, dès qu’il ne change plus, il communique avec le public et finit par empêcher d’écouter ce que joue le groupe. L’autre problème, plus personnel, est que le nouvel album ne me plait guère et que la différence entre les deux chanteurs se fait sentir dans le mauvais sens sur Sanguine draws the oath. Set en demi-teinte mais pas désagréable non plus.
Meilleur moment : Awake
Norma Jean
Les américains sont très remontés. Contre qui? Aucune idée. Ce qui est sur, c’est que cela se fait sentir dans leur set, et c’est pour le mieux. Le chanteur shoote du pied dans une bouteille d’eau dès le deuxième morceau et hurle ses paroles à plein poumons. Le kick de la batterie a été mixé bien en avant, ou alors le batteur frappe vraiment comme une brute. Quand aux guitares, elles riffent et voltigent aux bras des guitaristes. Exactement ce que j’attendais depuis leur concert à Paris et que j’ai eu le plaisir d’apprécier ici. Un peu de Kiss the martyr (Face:Face, Memphis will be laid to rest), de O’Go, the Aftermath (Charactarantula) ou de Meridional (A media friendly turn for the worst) forme un set offensif parfait pour introduire le groupe au public tchèque. S’ajoute a cela un final dronesque accompagné d’une petite grimpée du chanteur sur les piliers de la scène histoire de faire bonne mesure. Personne ne risque d’oublier ce concert de si tôt.
Meilleur moment : Face:Face et le final drone
Solstafir
Les concerts des islandais de Solstafir sont toujours satisfaisant. Bien que je n’écoute que rarement le groupe sur disque, je me précipite toujours devant une occasion de les applaudir. Leurs chapeaux de cowboys, leur attitude scénique de grand conquérant, les envolés mélodique d’un chanteur à l’organe distinctif. Il y a tout dans ce groupe pour en faire un phénomène unique et incontournable. De là à dire que je pourrais vous réciter la setlist, en dehors de l’habitutel Ritual of fire en conclusion, ce serait trop m’avancé. En revanche, même si le groupe pioche dans son dernier album, dont je ne suis pas familié, il réussit à chaque fois à retenir mon attention.
Immolation
Après la pureté des mélodies, la saleté du death metal massif des new yorkais me rappelle après une petite pause bien mérité dans ma tente. Les prestations du groupe sont toujours aussi solide qu’un mur de béton. Le plaisir que prends Robert Vigna a jouer ses riffs est communicatif alors que ses riffs transportent un message de destruction et d’apocalypse. Jouissif, impérial, Immolation domine la scène death metal et forme avec Incantation le duo le plus influent actuellement. Comme beaucoup d’autre, le groupe dédicace un morceau à l’organisateur du festival, ainsi qu’à un ancien batteur venu assister à leur set avec sa femme. Dire d’un concert d’Immolation qu’il y régnait une atmosphère bonne enfant est en totale opposition avec la puissance morbide des morceaux, est pourtant c’est ce paradoxe totalement assumé qu’il nous a était donné le plaisir de voir.
Meilleur moment : No Jesus, No Beast
Six Feet Under
Chris Barnes est tout simplement con. Rien d’autre ne peux expliquer l’entêtement de cet homme a jouer un death metal aussi basique, a trimbaler ses vielles dread locks à travers le monde, et à grogner avec le même duo de voix rauque et aigu comme un bellement de chèvre. A jouté à cela un morceau passé à coller sa tête contre la caméra et voir sa grosse tête niaise apparaître sur l’écran géant, vous obtenez alors un super spectacle comique. Pour la musique, là c’est autre chose, et même la reprise de Cannibal Corpse en fin de set n’aura pas réussi a attirer mon attention.
Meilleur moment comique : The day the dead walked
Meilleur moment : Hammer smashed face (reprise de Cannibal Corpse)
Agnostic Front
Bien que ce groupe soit culte, je ne connais aucun de leur disque. Mais, ce soir là, je devais faire parti de la minorité si j’en juge par le par terre sautillant qui accueillit Agnostic Front en chantant à tue tête les paroles. Trente ans de carrière mais avec un batteur chinois en guise de propulseur, Agnostic Front continue d’assurer des concerts plus que carrés avec toujours comme obsession la scène hardcore et ses valeurs de solidarité. Une performance des plus classique dans tout ce que le terme sous entends de positif.
At the Gates
Après avoir lu la lettre de démission de Peter Dolving adressé à ses anciens camarades (et membre de At the Gates), je comprends mieux le sentiment de détachement qui venait de la scène pendant ce concert. Bien que très bon, seul Thomas Lindberg monte au créneau pour communiquer avec le public. Le reste du temps, ce sont les morceaux extraits de toute la discographie du groupe qui parlent pour eux. Suffisant pour certains et insuffisant pour d’autres, comme moi, le concert a au moins l’avantage de proposer une belle sélection de titres de Slaughter of the soul (le titre éponyme en ouverture, World of lies, Suicide nation); The red in the sky is ours (Kingdom come en conclusion), Terminal spirit disease (The Swarm) et Wil Fear §I kiss the burning darkness (Raped by the light of Christ). Un très beau moment teinté par trop d’attente (et un putain de couple qui n’arrêtait pas de parler devant moi, bordel vous pouvez pas aller ailleurs pendant que j’essaye d’apprécier un concert). Avant de quitter la scène, Thomas Lindberg remercie le public et l’orga pour donner son verdict : Meilleur festival en Europe. Aucun contre argument monsieur.
Meilleur moment : Aucun moment en particulier
Immortal
Les lol cats du black metal n’ont plus grand chose de black metal a jouer sur de grandes scènes et à introduire leurs morceaux avec des blagues (avec sa voix black et un ton débonaire « We’re Immortal… you know, the sons of northern darkness »). Au moins, ils jouent suffisamment bien ce soir pour que je ne m’endorme pas sur place (le concert débuta à 23H10) à l’exception d’un joli loupé sur les transitions du refrain de Tyrants. La set list ne détone pas par un choix de titres très originaux. Pas de Blashyrkh pour dévaler les montagnes mais Un Call of the wintermoon qui remonte à 1992! Et puis, même si c’est très marrant, la pyrotechnie ce n’est vraiment pas très black metal. A noter aussi la présence d’un drone venu filmer le concert ce qui me fit me demander si les extra terrestres n’essayaient pas de nous kidnapper Immortal.
Meilleur moment : La détonation
Shape of Despair
A peine arrivé à proximité de la petite salle où se produit le groupe (pendant Moonspell), l’atmosphère mortuaire de Shape of Despair attire mon attention. Les épaisses nappes de synthétiseur y sont pour beaucoup, mais c’est aussi grâce au mixage parfait des instruments et à un éclairage entre ombre et lumière que l’atmosphère du groupe prend forme. Dans un style entre funeral doom et dark ambiant, Shape of Despair s’est crée un univers propre à la fois original et familier qui trouve parfaitement sa place en fin de journée sur une affiche très éclectique. Un petit moment de magie avant l’assaut finale.
Godflesh
J’ai vécu pendant ce concert l’un des plus beaux moments de ma vie. La fusion des cordes de G.C. Green et de la boite à rythme trouvèrent ce soir là une union parfaite et surpuissante. Sur une telle base, la guitare de Justin Broadrick pourrait être presque superflu mais c’est surtout avec sa voix qu’il domine l’espace et fait groover l’ensemble un MC dans concert de drum and bass robotique. Du côté de la scène, j’ai le souvenir d’un Thomas Lindberg tout aussi joyeux que moi, levant le poing et headbanguant avec des membres de Kylesa à l’écoute de ce mastodonte futuriste toujours aussi pertinent et contemporain, même quand la sélection de titre se concentre sur Streetcleaner (à l’exception de Mothra et Crush my soul). Godflesh a sa perfection.
Meilleur moment : Christbait rising
































