Avant toute chose, une petite et néanmoins primordiale précision : The Secret n’est pas un Martyrs 2. C’est notamment pour éviter toute tentation de le prendre pour un film fantastico-horrifique que son titre américain – The Tall Man – a été « traduit » en français par The Secret. On se rapproche effectivement plus du sujet du film…
Voilà, ceci étant dit, nous pouvons passer aux choses sérieuses.
The Secret
Date de sortie 5 septembre 2012 (1h 45min)
Réalisé par Pascal Laugier
Avec Jessica Biel, Stephen McHattie, William B. Davis
L’histoire
La petite ville minière de Cold Rock, perdue dans le fin fond du trou du cul du monde, a beaucoup souffert de la fermeture de la mine. Il n’y a plus d’emploi, plus d’argent, plus d’hôpital, plus de bonne humeur, plus d’espoir. Et de moins en moins d’enfants… Ceux-ci disparaissent les uns après les autres sans laisser de traces.
Chacun a sa théorie, mais pour Julia (Jessica Biel), infirmière promue médecin du bled à la disparition de son mari, ce ne sont que des légendes urbaines. Jusqu’à ce que son fils se fasse enlever sous ses yeux.
Un film à twists
L’affiche française racoleuse nous avait prévenus : « On n’a pas été aussi bluffé depuis Sixième Sens ! ». Une comparaison douteuse après visionnage du film, et qui n’est d’ailleurs pas du goût de Pascal Laugier. Car si les 2 films proposent en effet un revirement de situation, celui de Sixième Sens n’intervient à la fin, invitant de suite à un second visionnage.
The Secret est quant à lui découpé en 3 actes, ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse, nos codes de spectateur s’en trouvant quelque peu perturbés.
Pour ne rien gâcher de la surprise, la promo s’est montrée très serrée : le trailer et les 2 extraits proposés jusqu’à présent ne dévoilent que les 10 premières minutes du film. Et c’est tant mieux. C’est vierge et pur qu’on découvre les tenants et aboutissants de l’histoire.
C’est donc après un premier acte intense et rythmé que la révélation nous mène à des scènes plus posées dont la conclusion se révèle tout aussi puissante que dérangeante, mais néanmoins pas du tout BOUM-WAOW-BANG. Le point culminant d’un film étant généralement sa fin, cette structure peu banale peut dérouter les moins aventureux, mais ne gâche pas le plaisir pour autant.
Jessica Biel – une actrice qu’elle est bien pour le rôle
Je n’avais pas vraiment d’avis sur Jessica Biel jusqu’à la voir dans The Secret. Elle est impressionnante de justesse dans son interprétation de cette mère aux aboies dévastée par le rapt de son enfant.
Premier choix du réalisateur, elle s’est montrée à la hauteur de ses espérances : elle se montre rageuse et émouvante, ne lâche rien, jamais. Elle est sincère et dégage une énergie authentique.
Me vient spontanément à l’esprit cette incroyable scène de course-poursuite entre elle et le kidnappeur de son enfant : on en connaît bien sûr l’issue inéluctable, mais son acharnement à s’accrocher au camion, à affronter son agresseur frontalement, à toujours se relever est vraiment poignant.
Notez que la belle s’est d’ailleurs investie au point de devenir co-productrice du film au moment où le manque de financements aurait plombé le film (ces vues aériennes, cette forêt !).
La fin justifie-t-elle les moyens ?
The Secret ne se veut pas être un film moraliste, il pose des questions, ouvre des portes, sans (vraiment) y répondre, même si le réalisateur laisse bien évidemment entrevoir son point du vue.
J’adopte le point de vue d’un terroriste, un révolutionnaire particulier dans sa vision du monde, radicale et ambivalente. Dans The Secret, chacun a ses raisons donc on ne sait pas quel point de vue adopter ».
En effet on comprend les motivations de chaque protagoniste, mais est-ce qu’on leur donne raison pour autant ? Parfois cet entremêlement de points de vue devient presque insupportable, car en tant que spectateur il nous faut bien nous positionner : qu’est-ce qui est bien, qu’est-ce qui est mal ? Qu’a-t-on le droit de faire sous prétexte de pieux desseins ? L’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions ?
Pascal Laugier n’est pas un homme très optimiste. De son propre aveu, il est « foncièrement décliniste » : « Les utopies sont mortes, nous n’avons plus de projet commun. Nous ne savons que consommer, si bien que nous en venons à penser qu’il est préférable de naître dans un milieu aisé plutôt que modeste ». Et c’est un peu de ce constat qu’est venu The Secret, un projet qu’il aura mis 4 ans à sortir, pour notre plus grand plaisir.


































