Le cinéma de Hong Kong a perdu de sa superbe et de sa nouveauté. A l’exception de Johnnie To qui continue de produire des films globalement satisfaisant, l’ère de gloire de John Woo et de Ringo Lam semble faire partie du passé. Reste toutefois un réalisateur comme Cheang Pou-soi (Accidents) pour produire des films d’actions enthousiasmant qui pourrait ramener Hong Kong dans la cours des grands films burnés.
Motorway n’est malheureusement pas un film qui fera date. Ce n’est cependant pas une catastrophe.
L’histoire de Motorway est celle d’un flic passionné de voiture et de vitesse, relegué au contrôle des excès de vitesse. Ce poste anecdotique dans la hierarchie policère va pourtant le plonger dans une histoire de cambriolage où il va devoir mettre en valeur ses capacités derrière le volant.
Son compagnon de route est un vieux de la vielle, Anthony Wong , habitué des films de Johnnie To et de tout ce qui demande de jouer un flic ou un mafieux. Avec sa bouille de dur à cuir, son visage est inévitable dans le cinéma Hong Kongais et il campe ici un flic bourru mais sympathique, compagnon de route du héros dans le rôle du vieux sage porteur de bon conseils.
Tout dans Motorway est maitrisé au poil près, mais c’est aussi cela qui dérange à la sortie du film. Les acteurs sont bons, le scénario est téléphonés mais convenable, la réalisation capte bien le tout, mais il manque de l’excitation pour que l’asphalte suinte. A aucun moment dans le film les courses ne prennent une tournure excitante. Trop vite interrompu par le scénario pour faire de la place à l’évolution des personnages, elles auraient pu être beaucoup plus violente et intense afin de procurer une dose nécessaire d’adrénaline à ce mélange d’action et de polar.
Paradoxalement, c’est aussi un manque de développement de personnage qui fait du duo de cambrioleurs, opposé à notre duo de flics, une source de frustration pour ce qu’aurais pu être ce film. Pendant toute l’histoire on nous les montre avec une relation de confiance bien établi sans jamais donner matière a expliquer ou exploiter cette connivence, à la manière d’un John Woo dont les amitiés viriles sont la marque de fabrique.
Sans être un pétard mouillé, Motorway s’apprécie à de nombreux niveaux mais n’atteint jamais le potentiel que je lui aurais souhaité. Ce petit raté ne viendra surement pas gâché la carrière de Cheang Pou-soi dans son ascension mais il a intérêt à faire oublier ce faux pas rapidement.































