[Étrange Festival] Los Chidos – Omar Rodriguez à la caméra, réussite totale à l’écran

Omar Rodriguez n’en est qu’à son premier film mais son nom est déjà bien connu de par le monde en tant que guitariste de The Mars Volta, d’At the Drive-In et de ses nombreux projets solos (El Gruepo Nuevo de Omar Rodriguez, Omar Rodriguez-Lopez Quintet…). D’un instrument à un autre, il passe donc du rôle de compositeur à celui de réalisateur et révèle ainsi l’étendu de son talent en dehors de la scène.

L’histoire de ce premier film est toutefois très annexe par rapport au propos des images. Los Chidos est le nom d’une famille mexicaine de bon à rien. Au grand desespoir d’une mère très pieuse, ses enfants et son maris ne font rien pour vivre suivant les préceptes de Jésus Christ. Ils arnaquent les touristes, se complaisent dans la paresse et ont même des relations homosexuelles !

Quand on aime sa culture, on la critique, et Omar Rodriguez l’aime justement avec passion. Ce film, disait-il en introduction, est-il une lettre d’amour à sa culture et un film sur la place de la femme dans la société Mexicaine. Battu, dévalué, trompé, les femmes de Los Chidos ne sont pas toutes des victimes mais perpétuent bien souvent une logique implacable dans laquelle un américain sorti de nulle part va s’intercaler. Débarqué de sa voiture en panne, il a le malheur de demander à cette petite famille de s’occuper de sa voiture, et le voilà propulsé membre adoptif de cette ribambelle de branleur.

Des personnages crées par Omar Rodriguez, aucun ne mérite le titre de héros, et pourtant tous possèdent ce grain de folie qui rends fascinant. Pour un débutant, Rodriguez manie la caméra avec maestria pour créer un univers à la violence crue duquel découle une tragi-comédie unique. Ses acteurs donnent tous l’impression de s’être doublé ce qui donne aux échanges de répliques un côté décalé. Dans cette petite ville Mexicaine, le temps et la loi ne semble pas avoir d’emprise. Tout se passe selon le bon vouloir des mâles dominant et de leur esprit dominé par le sexe.

A l’instar des premiers albums de The Mars Volta, Omar Rodriguez crée un mélange effervescent où se rencontre la tradition et la modernité. L’étrange et la folie côtoie le banal et l’ennuie, la violence et la comédie ne font plus qu’un et toutes les perversions sexuelles freudienne vont leur apparition (oui, il y a une scène scato). Tout cela fait de Los Chidos un film à part, même dans la projection éclectique d’un tel festival.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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