[Etrange Festival] Berberian Sound Studio – Voyage au choeur du son (Top 3 des meilleurs films)

L’intérêt de voir un film au cinéma ce n’est pas seulement de le voir sur grand écran mais aussi avec de bonnes enceintes. La puissance du son permet à la fois de percevoir des tas de détails mais aussi de le ressentir physiquement. Berberian Sound Studio est ce type de film que j’aimerais que toute la planète voit au cinéma et l’apprécie à sa juste valeur. Malheureusement, la planète entière n’a pas les mêmes goûts que moi, ça se saurait, alors je vais juste tacher de vous encourager à le voir.

L’histoire n’a que peu d’importance mais elle est celle d’un ingénieur du son, interprété par Toby Jones (Harry Potter, Captain America), employé par un studio italien pour travailler sur un film. A son arrivée dans les locaux de la boite de production, il découvre que son travaille sera de retranscrire par le son les bruitages de torture d’un film sur la chasse aux sorcières. De tout le film, aucune image de ce qui se passe à l’écran ne sera montré. Tout ce que l’on peut comprendre du film nous est montré du point de vue de la production du son, mais jamais du côté visuel. Quand au studio, il est mené par deux parfaits mâles manipulateurs et machos aux comportements qui déplaisent à notre ingénieur du son.

Attention, même si l’on rentre dans le monde du cinéma d’horreur, Berberian Sound Studio n’en est pas. Le film traite non pas de la violence physique mais psychologique. Celle d’être confronté à un environnement hostile quand on est une personne renfermé qui n’aspire qu’à bien faire son travail et produire des sons satisfaisant pour le film, quitte à ce que cela lui hérisse le poil et le transforme peu à peu.

Toby Jones y joue un personnage de savant fou du son, capable de créer des bruits de tortures avec des fruits et légumes. Malgré la tension grandissante, le ton plonge souvent dans la comédie grâce à ce contraste constant entre les hurlements et la cuisine de Jones réalisé devant des micros. Plus inquiétant en revanche, le producteur et son mépris qui se manifeste par un comportement dédaigneux à l’égard de tout ses collaborateurs. Le film nous montre ainsi l’envers du décors de la production d’un film et tout les problèmes financiers et humaines rencontrés même après le tournage.

L’originalité de Berberian Sound Studio ne s’arrête toutefois pas à son sujet mais à sa façon de le traiter. L’angoisse se propage par l’image et par le son grâce à une attention toute particulière au rapport entre les deux. Ne rien montrer, mais tout entendre, ou l’inverse. Peter Strickland expérimente avec les deux et ose nous proposer ce que peu d’autres font, un film véritablement unique. Le genre de film que seul l’Etrange Festival propose, malheureusement, mais que je vous encourage a vous procurer de toutes les manières possibles (de préférence légalement) pour que d’autres films aussi brillant puissent voir le jour. L’un des meilleurs de tout le festival.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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