A la mort de Mieszko Talarczyk, la carrière de Nasum s’est achevé brutalement sans une conclusion satisfaisante pour une telle légende. Les musiciens assemblés pour défendre leur dernier album, Shift, se sont retrouvés sans leader et le public n’a jamais pu apprécier la valeur de ces morceaux sur scène. Le vide aura duré cinq ans avant que ne soit annoncé une tournée d’adieu. Le chanteur de Rotten Sound, Keijo Niinimaa, fut choisi pour tenir le micro à la place de Mieszko et un second guitariste fut ajouté au line up. Autrefois chanteur, Anders Jakobson, batteur d’origine et seul membre d’origine, n’a maintenant plus a s’occuper des growls puisque c’est ce même Keijo qui alterne entre les deux cris et assure donc à lui seul les parties vocales de deux chanteurs.
Mais avant la célébration, il faut passer par des premières parties plus ou moins judicieuse. La première tombe dans la catégorie des groupes en devenir mais dont le potentiel est encore loin d’être révélé. Les suisses de Coilguns se sont déjà déplacés jusqu’à Paris pour ouvrir le concert de Norma Jean et Darkest Hour il y a un peu plus d’un mois et depuis leur musique n’a pas changé. Très influencé par The Dillinger Escape Plan, le trio guitare/batterie/voix attire l’attention grâce à un chanteur agité mais ne réussit pas à maintenir l’attention par leurs composition. La faute en revient à des morceaux fait d’enchaînement de riffs collés les uns à la suite des autres. Dans ce labyrinthe de riffs, aucun ne ressort non plus assez pour être retenu. Tout au plus peut on applaudir la performance, mais de ce concert ne ressort rien d’autre que de l’ennui.
A croire que je ne vois Subliminal Cadaveric Decomposition que lors de concert évènement. La dernière fois c’était en ouverture de Brutal Truth, l’année de leur reformation pour la sortie de Evolution through revolution. Entre temps, ils sont passés du grindcore au brutal death grindisant et n’ont pas perdus en vitesse. Du début à la fin on a droit à une série de riffs gras où surnage des grognement bestiaux sans qu’aucune variation ne vienne interrompre le flot de brutalité. Il faut alors être fan ou simplement distrait, comme moi, pour ne pas s’ennuyer, mais contrairement à Coilguns, leurs titres sont assez court pour que le manque de variété ne soit pas un handicap. Certains aiment et d’autres détestent. Personnellement, je ne me sens pas suffisamment concerné pour m’exprimer dans un sens ou dans un autre.
C’est ensuite l’heure du groupe que la moitié de la salle du Glazart attends, les américains de Black Breath. Avec Sentenced to life, leur dernier album sorti cette année, ils ont composés un futur classique du genre et une preuve de plus que l’on a pas besoin d’une machine à voyager dans le temps pour revenir à la belle époque du studio Sunlight à Stockholm. La bande de barbu (à l’exception du batteur) démarre son set avec Endless corpse et ne lâche prise que tout les deux titres pour donner le temps au public de souffler. La part belle est laissé au deuxième disque (Feast of the damned, Sentenced to life, Home of the grave, the Flame) mais les fans d’Heavy breathing ne sont pas oubliés (Black sin (spit on the cross), Eat the witch, Wewhocannotbenamed). Il faut d’ailleurs bien reconnaître que le tempo un peu plus ralenti de ces titres sied mieux à la performance de Black Breath que les morceaux plus rapides de Sentenced to life. La vitesse ne laisse pas aux riffs le temps de respirer alors que des titres comme Eat the witch laissent une plus forte impression.
Après le death suédois c’est au tour du grindcore du même pays de se faire entendre. Cette spécialité se prépare avec un grand nombre de riffs empruntés de ci, de la. Dans le livret de Human 2.0 on pouvait lire dans les remerciements les noms de dizaines de formation que le groupe reconnaissait avoir pompé pour créer leur propres morceaux. C’est donc sans surprise que l’on peut entendre du punk dans le grindcore de Nasum, mais aussi du postcore (Circle of defeat) et cela sans que le mélange des genres ne dénote dans cette tempête sonore. Une fois l’introduction passé, c’est Mass Hypnosis (de Human 2.0) et This is qui ouvre le balle et donne aux fans dans le pit de belles occasions de se rentrer dedans. Sur scène, le groupe est joyeux et semble être très heureux de se trouver ici pour conclure dignement la carrière de Nasum. Bien que le groupe soit amputé de l’un de ses membres essentiels, l’appropriation par Keijo de l’identité du groupe quand il déclare « We are Nasum » est tout à fait justifié tant on jurerais que le groupe a toujours était formé de ces membres.
Vient ensuite une sélection de morceaux de Human 2.0, mon disque préféré, (Shadows, the Black swarm, The Professional league), de Shift (The Engines of death, Fury, Ros), d’Helvete (Relics, I hate people) et de Inhale/Exhale (le morceau titre, joué avant le rappel, I see lies). Une belle set list qui ne contient forcement pas tout les morceaux que j’aurais aimé entendre (Like cattle, Worldcraft, Old and tired?) mais qui sera augmenté d’un rappel composé entre autre de l’excellent The idiot parade (extrait de Human 2.0) et rien que pour ça, je peux dire que je ne regrette pas d’être venu. Cependant, même sans ce titre, ce concert aurait été à la hauteur de la réputation de Nasum. Pendant une heure, ces musiciens ont démontrés leur maîtrise de ce répertoire désormais classique avec tout le brio que l’on était en droit d’attendre. L’esprit de Mieszko peut reposer en paix, ces camarades ne l’ont pas trahis avec une reformation uniquement motivé par l’appat du gain. Quand aux fans déçus par leur prestation au Hellfest, ils se sont surement reconciliés avec le groupe. Nasum est mort, vive Nasum !































