A man’s gin is another man’s poison

Gin était le nom du deuxième album de Cobalt, le duo black metal américain dont Erick Wunder est le guitariste, bassiste et batteur. De ce titre, Wunder en a gardé l’arome et l’essence mais pas la ressemblance musicale puisque Man’s gin, son nouveau projet parallèle, n’a strictement rien avec le black metal dominateur et épique de Cobalt.

Similaire à Deadboy and the Elephantmen, groupe folk de Dax Riggs (ex. chanteur d’Acid Bath et d’Agents of Oblivion), ou a l’album acoustique de Alice in Chains, Jar of flies, Smiling dogs prélève à la folk et à la country, le blues des blancs du sud, l’impulsivité feintes de chansons que l’on croirait composé dans l’instant alors que les voix se mélangent sur la même tonalité, dans une union similaire à celle de la voix de Stanley et Cantrell, et que les notes de piano ou les accents de violon se retrouvent au parfait moment, comme un accident heureux, résultat d’une rencontre au hasard dans les coulisses d’un bar enfumée.

Pourtant auteur de deux des albums les plus célébrés par la presse américaine dans la scène black metal américaine, Man’s gin n’apporte aucun influence saturé, à l’exception de touche tels que la série de roulement durant Stone on my head, qui rappelle l’énergie rock des albums du groupe de black metal. Wunder se déshabille à la porte du studio et n’apporte que sa guitare et son talent de song writer avec lui. L’originalité et la force de son groupe principal se trouvant justement dans l’écriture des compositions et dans leur coffre ne se limitant pas à un enchainement de riffs monstrueux pour épater la galerie, est encore une fois présent ici mais sous la forme de titres country rock construit, de l’aveu du musicien, autour l’interaction entre la guitare et la voix.


Couverture de l’album Gin de Cobalt

Gin se concluait déjà avec un morceau blues décharné et pourtant très approprié en conclusion d’un disque en forme d’ode à l’honneur du guerrier. En effet, contrairement à de nombreux musiciens qui parlent de leur engagement musical comme d’une guerre, le chanteur de Cobalt est soldat et sert actuellement encore en Irak. Ce choix il l’expliquait en interview pour la chaine de télévision Fox comme une décision dénué de discours politique. Un soldat pour qui l’honneur du guerrier n’est pas une théorie mais un idéal (une opinion que d’autre partagent comme le documente bien l’excellent livre Generation kill de Evan Wright) qu’il exprime aussi au sein des textes de Cobalt.

Man’s gin, tout comme Cobalt, sont des groupes purement américains, fier de leur racine et de la musique qui y a grandit. Sous l’accent typiquement texan de Erick Wunder et dans les cordes se trouvent tout le charme de groupes comme Sixteen horsepower, Wovenhand ou Alice in Chains. L’émotion a fleur de peau, le talent d’écriture et la chaire à vif sans un mur d’ampli pour se protéger ou pour mener l’offensive.

Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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