L’idée de cet article – qui pourrait pourquoi pas devenir également chronique récurrente – m’est venue par hasard. C’est en écoutant avec curiosité mais sans visée rédactrice le dernier album de Keny Arkana que l’envie m’est venue. Celle de proposer l’écriture d’un article sur un disque écouté une simple fois. Une sorte de one shot en soit peu novatrice puisque certaines présentations à la presse se passent déjà sur ce mode. Cependant, de cette démarche ici vient la passion et l’envie subite de conter l’histoire d’un album tout neuf, fraichement sorti, presque rédigé en live.
L’esquisse 2 – Keny Arkana
C’est le cas de la création de Keny Arkana, puisque la mise en place date du 23 mai. Aux premiers cris qui s’élèveront de trouver un album de rap sur La Fille du Rock, je répondrais sans oxymore. Outre la présence de styles bien plus larges que le rock sur ce webzine, c’est véritablement la démarche de Keny Arkana que je mettrais en avant, plus particulièrement la force de ses paroles et le travail de son verbe. D’origine marseillaise, défendant le sud et ses quartiers, Keny Arkana dénonce avec autant de verve et d’énergie que Casey les travers de notre société, des plus grandes décisions aux petits faits quotidiens. Sans être réducteur, je pense que la principale qualité d’un bon rap, avant ses mélodies est avant tout son flow et la qualité de l’écriture. Ici, l’écrin vaut tout autant que le bijou contenu à l’intérieur. Autre fait significatif avant d’entrer dans les profondeurs des compositions, sachez que l’album en question fait près de une heure vingt, fait notable – sans pour autant confondre qualité et quantité – à l’époque où beaucoup se content d’un petit 35 minutes.
L’album en lui-même ne peut se résumer à du rap à proprement parler tellement les influences parcourent les morceaux. Allant également plus loin que du Hip-Hop, certains morceaux semblent le souvenir ému de l’émulsion fructueuse qu’a pu connaître Keny Arkana en participant au titre La Cause avec La Phaze. Rythmiques acérées, boîte à rythme enchaînant les bpm, Keny Arkana est également identifiable au groupe angevin dans ses paroles finement violentes, écrites justement et avec précision. S’eloignant du phrasé très « parlé » de cette catégorie musicale, la jeune femme s’essaye aussi à la chanson, habilement saupoudrée de sonorités world et reggae.
Quelques featuring enrichiront un peu plus un album audacieux, complet, riche.
Mention à la chanson Petit Soldat, minimaliste, au chant lexical plein d’asphalte, profond, collant au corps et puissant à vous flanquer l’uppercut final au dernier vers.
Que vous soyez profondément convaincu, néophyte profane ou complètement réticent à ce style musical, je ne peux que vous encourager de jeter une oreille calmement sur cet album – au passage disponible sur deezer – et à apprécier la diversité et la qualité des morceaux qu’il recèle, sans artifices, sans clichés.



















De mon côté ce que j’ai entendu de Keny Arkana ne m’a pas laissé froid mais frustré de voir autant d’énergie dépensé sur une musique aussi vide. De ce que j’ai entendu, aucune instrus ne ressort, toute sans relief ou originalité, de même que ses paroles et son flow. La jeune femme réussit a faire partager un seul sentiment : sa rage de contestation. Celui-ci s’écoute comme un chant scandé pendant une manifestation, mais certainement pas sur un disque, et encore moins d’une heure vingt. Tout le contraire de Casey en somme dont les paroles ne manquent pas de richesse dans le texte, le flow et le propos.