[Animation] Redline, arriver en haut du podium avant même de démarrer

La dose de talent nécessaire a un tel chef d’oeuvre, si elle était vendu comme drogue, ferait un ravage dans l’industrie du cinéma hollywoodien, plongeant les scénaristes et les réalisateurs dans des transes incontrôlables fait de jet de créativité fluoré amenant les studios à couler les uns à la suite des autres sous le poids des dettes engendrés par des production issu de leur rêve fiévreux de délire visuel instables tournés à cent à l’heure.

Redline est l’histoire très simple d’un coureur automobile, JP, porteur de banane, sur la route d’une compétition qui se tient tout les cinq ans. Qualifié pour la Redline, la course la plus dangereuse et la plus prisée, il est confronté à des coureurs rivalisant de folie et de détermination et au gouvernement totalitaire locale que la course organisé sans leur accord dérange au plus haut point.

Les noms associés au projet le place d’emblée comme favoris dans le top des productions animé japonaise récente mais le résultat se passe de commentaire une fois que l’on a devant les yeux les premières scènes du public de la Yellowline course de qualification à la Redline. Tout d’abord, Takeshi Koike, au poste de réalisateur, et le studio Madhouse ont déjà inscrit leur nom dans le grand livre de l’animation avec des productions époustouflantes comme Paprika et Paranoia Agent (réalisés par le défunt et regretté Satoshi Kon), le court métrage Stink bomb dans Memories et un nombre conséquent de séries animés. Il est aussi intéressant de noter que le réalisateur et le scénariste Katsuhito Ishii ont tout les deux précédemment travaillés sur un film très différent mais tout aussi fantastique, The Taste of Tea, une histoire entre poésie et fantaisie sur la vie d’une famille japonaise dans un petit village.

A voir le CV de chacun, la réussite de Redline n’était donc qu’une formalité et pourtant tant de projet aussi bien entouré échoue aussi sans effort. La somme est toutefois bien plus conséquente que les efforts individuels fournit et le résultat rentre donc dans le panthéon par la seule force de sa fluidité et de sa richesse graphique. Si le produit finale n’est qu’une histoire de course de voiture, les embûches sont dignes des rêves mouillés d’un Michael Bay sous ecstasy. Une fois lancé dans la course, on se croit pris dans un mélange entre Bayonnetta et Mario Kart. Tout peut arriver et tout va arriver durant cette course folle.

Graphiquement, le character design m’a alternativement fait penser à Paul Pope (100%, Heavy Liquid, Batman Year 100) et à Hirohiko Araki (Jojo’s Bizarre Adventure) pour sa fusion d’un style américain dans lequel on perçoit une nette influence de Jack Kirby dans les traits droits des dirigeants de la planète totalitaire où se déroule la course, ainsi que dans l’enchaînement à une vitesse surnaturelle des rebondissements, et d’une richesse graphique typiquement japonaise pour la débauche de couleurs et d’effets visuels déformant les corps et les visages sous l’influence de la pression causé par les accélérations des véhicules.

En une heure et demi, Redline en fait plus que dix films à grand spectacle et vous donne toute l’adrénaline dont vous avez besoin. Seul défaut, le retour à la réalité qui ne sera jamais aussi excitant que ce voyage en bagnole intersidérale.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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