Du rap différent de ta moyenne pour les fans de rock un peu hermétique

« J’écoute de tout sauf du rap et du r’n'b »
Cette phrase je l’ai associé avec l’expérience à toutes les personnes qui se sont toujours arrêtés aux rappeurs que la radio diffuse, parfois même quand leur propre gouts les ont toujours poussés à aller chercher plus loin que ce qu’ils avaient sous la main. Des gens pour qui la recherche musicale s’est orienté au delà de la radio et de la télévision mais qui ne sont pas intéressés à ce qu’il pouvait y avoir d’autre du côté de cette musique qui les as toujours emmerdé car elle était la norme qui les entourait et eux voulaient s’en extraire de cette norme.

Par une petite sélection de clips et de morceaux prélevés sur l’un des plus grand archive musical, malgré lui, j’ai nommé youtube, je vais tenter de donner aux oreilles curieuses ou hostiles un regard différent par un tour d’horizon très loin d’être exhaustif, de rap qui pourrait plaire aux lecteurs de lafilledurock qui, j’imagine, préfèrent les guitares aux samplers, et les chanteurs chevelus aux rappeurs a casquette.


Company Flow – Population control
L’un des groupes a avoir lancé le rap indépendant et excité les plumes de nombreux rappeurs dans des directions bien éloignés des préoccupations du rap engagé ou festif. Company Flow parlait de graff mais aussi de science fiction et de totalitarisme Orwelien (en témoigne l’introduction de ce titre, Help needed, émaillé de sample du film 1984). Un seul grand disque mais un classique incontournable sur lequel El-P, alors El producto, montre pour la première fois son talent de compositeur d’instrumentaux sombre, inspiré du style de RZA (producteur et rappeur du Wu-Tang Clan), rugueux et relevés.


El-P – Flyentology
Bien plus tard, El-P a pris son envol suite à la dissolution de Company Flow, monte son propre label, Definitive Jux, et sort un premier disque monumental, Fantastic damage, suivi encore plus tard de I’ll sleep when you’re dead, album d’où est tiré ce morceau. Les fans de Nine Inch Nails auront reconnu le nom de Trent Reznor. Quand aux autres, ils entendront une forte influence rock industriel sur ce morceau, single contre l’église de scientologie, très facile d’accès mais témoin de l’évolution du rappeur/producteur à composer des titres qui ne tombe dans aucune des deux cases. Par facilité, et parce qu’il s’en revendique toujours, on appellera toujours ça du rap, mais le champ d’action musical est bien plus large, bien que le chant reste toujours rappé.


The Pharcyde – Drop
Retour dans les années 90 avec ce single et ce clip incontournable, réalisé par le renommé Spike Jonz (Being John Malkovitch, Where the wild things are). Sur une production de l’un des talents les plus regrettés du 21ième siècle, le défunt J Dilla, The Pharcyde crée un titre génial magnifiquement servi par un clip qui en fait l’un des plus connu de cette période, et dans le genre, avec comme refrain un sample des Beastie Boys (extrait du morceau Intergalactic). Trop de cuisiniers ruinent la soupe, mais voilà la preuve que parfois le contraire peut arriver.


Madvillain – All caps
L’un des disques de rap les plus importants des années 2000, Madvillain fait se rejoindre le producteur Madlib, historien musicale fou et producteur hyperactif de génie, et un rappeur masqué que tout le rap scrute toujours du coin de l’oeil pour écouter chacune de ses productions. Copain du Wu-Tang Clan et d’A Tribe Called Quest, MF DOOM, de son véritable nom Daniele Dumile, a d’abord rappé à découvert au sein de KMD jusqu’à la mort de son frère, écrasé par un chauffard, qui marqua son départ de la musique jusqu’à un retour sous ce pseudonyme et une série d’album (sous des pseudonymes divers comme DangerDoom avec Danger Mouse, King Geedorah et Viktor Vaughn) avec leurs lots de morceaux incontournable. Madvillain se paye le luxe d’être un sans faute pour ces deux figures du rap des années 2000, fait de collection de vinyle démentiels et de pop culture distillé par la télévision de leur enfance.


Anti-pop Consortium – Ping pong
Cet album vous ne le trouverait pas au rayon rap mais dans les bacs electro. La faute a une production atypique et une signature sur le label de référence de l’Intelligent Dance Music, IDM, Warp Records. La faute aussi à un style inclassable qui se rattache pourtant bien au rap comme El-P ou Dalek, Anti-pop Consortium fait dans le jeu de piste avec des titres abstraits, un jeu de sample à huit bras et trois voix qui se complètent comme si tous étaient des frères de sangs. Je goutte moins leur dernier album, actualisé aux évolutions electro de ces dernières années, et un peu trop pop pour un groupe qui se vante de s’y opposé, Tragic epilogue est un disque de référence pour tout les amateurs de musique sans résidence fixe.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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