Aujourd’hui j’ai acheté… Volume 02

Pas besoin de me pousser pour rentrer chez un disquaire mais ça ne m’empêche pas non plus de me faire des films et de me donner des « raisons » de rentrer dedans. Aujourd’hui, il fallait que j’achète des cadeaux. Donc bon, je suis allé chez un disquaire spécialisé, récemment ouvert, et très recommandable, se trouvant dans la rue Rodier, à Paris, MusicFearSatan. Et puis, arrivé devant les présentoirs, je me suis rappelé, comme par hasard, que je devais surtout ne pas oublier de prendre un disque avant qu’il ne soit plus disponible. Sage décision que celle-ci, et malheureusement récurrente, qui me fait ne pas avoir de remord sur la circulation d’une pièce mais m’amène bien trop souvent à porter ma main vers mon portefeuille. Elle est dur la vie de fan de musique, hein? Oui, j’ai bientôt fini de me plaindre. Donc aujourd’hui, j’ai trouvé :

Unearlthy Trance & The Endless Blockade – Split LP
Après deux disques en dessous de la moyenne monté par un album définitivement culte, In the red, le sludge de Unearthly Trance commencait a perdre en grâce et à se transformer dans un compromis crust/sludge/black que l’on qualifiera d’efficace quand il était à son meilleur niveau (sur The Trident) et de banale à son moins bon (sur Electrocution). Le glorieux passé semblait loin, et puis voilà qu’il revient en pleine tronche avec une série de split et un album dont les riffs copulent gaiement avec la crasse et la lourdeur des deux monstrueux premiers albums d’UT. La première partie qui leur est conservé expose clairement ce retour en grâce avec un titre de 15 minutes démarrant sur les chapeaux de roue pour s’écraser assez vite et grincer tout du long. Après cela, The Endless Blockade prend sensiblement la même route en hurlant de toutes ses pédales d’effet et de ses micros sur des plages noise, et enfourchant batterie et guitare sur des titres power violence, fidèles à la réputation de groupe majeur du genre qu’ils ont acquis avec quelques albums. Celui-ci est malheureusement l’un des derniers.

Thou & The City is the Tower – Dwell in the darkness of thought and drink the poison of life split LP
Deux morceaux de la nouvelle légende sludge de la Nouvelle Orléans, Thou, et quatre d’un groupe de screamo plus éclaté géographiquement (Nouvelle Orléans, Boston, Denver). Par rapport à ce que propose d’habitude Thou il n’y a pas vraiment de surprise pour ce qui est du premier titre, The Eyes of the world are upon us, dans une veine similaire à celle de Summit. Les quatre musiciens font toujours aussi bien grincer les rouages du genre pour dépeindre le paysage brisé d’une ville qu’ils semblent autant aimer que haïr. Le deuxième morceau, une reprise de Agents of oblivion, le groupe de folk de Dax Riggs après son départ d’Acid Bath, autre formation culte de la NOLA, s’adapte très bien au répertoire de Thou, tout en étant indéniablement un titre assez différent pour eux de part son dynamique plus prononcé que pour leurs propres compositions plus écrasantes. The City is the Tower fournissent quand à eux un screamo assez quelconque malheureusement. Un poil chaotique par moment, avec tout de même un certain talent de composition, mais pas de mélodies touchantes comme le savent le faire les ténors du genre (Pg99, Daïtro…).

Thou & Mohoram Atta – Degradation of human life split LP
Cinq titres de Mohoram Atta, dont je découvre aussi l’existence avec ce split, et quatre de Thou. Mohoram Atta est proclamé groupe de hardcore dans la viene de Cursed et His Hero is Gone sur leur page last.fm mais je leur aurais plutôt mis dans un créneau plus doom. En tout cas leur participation à ce split, si elle n’est pas encore très mémorable a l’issu de ma première écoute, me dit que je devrais laisser trainer mes oreilles un peu plus sur eux la prochaine fois. La participation de Thou, la raison bien entendu principale de l’achat, démontre l’intérêt de ce type de sortie en proposant quatre chanson bien différente. La première pourrait être une reprise tant elle sonne différente pour eux. Plus punk et plus direct, avec seulement trois minute au compteur. Un titre très entrainant pour mieux entrainer la perte de vitesse qui va suivre sur I am Leviathan et ensuite Shorties with MP40s, the personal is the political, dont le tempo finit au ras du sol en suivant le mouvement des vibrations des riffs tandis que la bile des hurlements du chanteur lacèrent le tout avec virulence. Il n’y a pas de meilleur exemple de l’importance de Thou dans ce titre. Honnêteté, vitalité et fidélité à une éthique sonore au naturelle. Après ça, on a bien besoin d’un peu de vitesse et la reprise de Minor Threat qui conclut leur face est la bienvenue pour confirmer les deux mots ajoutés à la suite des crédits de la reprise : Punk lives. Ouais, le punk ne s’appèle pas du même nom, mais l’idée et l’énergie reste la même.

A défaut de proposer de vidéos pour accompagner la description de ces deux splits, sachez que tout les morceaux de Thou sont téléchargeables gratuitement sur leur site.

Overcast – Begging for indifference EP
Sorti d’un bac d’occase, cette vieillerie tombe à pic puisque j’en parlais justement dans mon article sur Only Living Witness publié hier matin. Overcast est donc un groupe de metal hardcore du début des années 90 où des musiciens maintenant bien populaire (partis dans Shadows Fall et Killswitch Engage) ont fait leur première arme et fondé aussi les bases d’un style musicale maintenant bouffé jusqu’à la moelle : le metalcore. A l’époque on appelait cela du metal hardcore car le hardcore était encore bien visible dans leur musique. Maintenant, le core a était ajouté au metal car tout ce qu’il y a de hardcore dans tout ce fatras ce sont des mosh part (les parties rythmés chugga chugga que tout le monde se passe de morceaux en morceaux). Alors ce EP, c’est un petit reste d’une autre époque avec un son plus hésitant et aussi des objectifs moins marqués pour plaire aux jeunes. C’est peut être de la nostalgie pour certains mais ça compte un groupe qui ne fait pas sa musique pour remplir son compte mais juste parce que ça lui plait. Overcast, c’était ça et ce n’est pas un mal de revenir dessus, même par pure nostalgie.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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