C’est l’épreuve du deuxième album pour les Blood Red Shoes. Petit retour en arrière : après la sortie d’un EP prometteur, le duo originaire de Brighton nous balance début 2008 son premier album « Box of Secrets », intelligent mélange de riffs de guitare incisifs et rentre-dedans couplés a une batterie toute aussi musclée. Des lors, le groupe commence à se faire connaître dans nos contrées et effectue un petit tour de France avec en prime un passage remarqué au festival Rock en Seine en première partie de Rage Against The Machine (rien que ça !). Certains évoquent alors une ressemblance évidente avec les Whites Stripes, sauf qu’ici les rôles sont inversés : Une fille à la guitare, un gars à la batterie. Les Blood Red Shoes auront vite trouvé leur marques et leur son, et continuent sur leur lancée avec un deuxième album attendu au tournant intitulé « Fire Like This ».

C’était un réel challenge de succéder à un premier album truffé de bonnes idées, réinventant le concept même du garage rock façon british. La barre était haute et le défi considérable, mais force est de constater que le duo s’en tire ici avec brio. Dans la continuité de « Box of Secrets », le nouvel album des Blood Red Shoes est l’évolution logique d’un groupe qui a l’art et la manière de mettre tout le monde d’accord. Entrée en matière avec « Don’t Ask », décidemment parfaite en tant que piqure de rappel sur le son caractéristique du groupe, dont l’essence même réside dans un son de guitare lourd, puissant et subtil à la fois. Les titres s’enchaînent et c’est une belle combinaison de titres rapides aux sonorités rock très marquées associés à des morceaux plus calmes, épurés mais tout aussi travaillés qui permettent d’apprécier pleinement le travail effectué au chant.
C’est d’ailleurs une des grandes évolutions constatées sur cet album : la performance vocale remarquable effectuée autant par Laura Mary que par Steven qui prennent un malin plaisir a échanger au fil des morceaux leur place respective au chant principal et aux chœurs. Tout est parfaitement accordé et c’est un réel plaisir pour les oreilles. Les mélodies sont souvent simples mais si efficaces qu’elles restent des heures durant dans un coin de votre tête, une théorie qui se vérifie simplement avec le single « Light It Up » et le terrible riff de guitare de « Heartsink » (Un post du groupe sur leur Twitter précisait même à propos de cette chanson : « plug it into your stereo and listen LOUD, your laptop won’t handle that shit. » Voilà qui est dit.) Alors que la tendance musicale est plutôt à la surenchère d’effets et d’arrangements pompeux, les Blood Red Shoes se contentent de produire un son brut et dénué de tout artifice. Une sorte de retour aux sources même du rock. Preuve est faite que simplicité ne rime pas avec médiocrité. De ce fait, je ne peux que vous conseiller d’écouter et d’apprécier cet album, tout en vous encourageant à aller les voir sur scène qui reste leur meilleur lieu d’expression. Bien que la tournée française soit assez réduite pour l’instant (Paris, Marseille et Lille), vous risquez d’entendre parler encore longtemps des Blood Red Shoes qui, bien loin des grosses productions actuelles, nous livrent ici un deuxième effort impeccable.

















