Hier j’ai eu l’extrême privilège de gravir les marches du Palais des Festivals de Cannes pour assister à la projection de la Princesse de Montpensier, dans le cadre de la compétition officielle et donc en présence de l’équipe du film.
Présenté par Bertrand Tavernier, ce flm est l’adaptation d’une nouvelle de Madame de Lafayette, interprété par Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel, Lambert Wilson, Grégoire Leprince-Ringuet…
LE PITCH
1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage… Marie de Mézières, une des plus riches héritières du royaume, aime le jeune Duc de Guise, celui que l’Histoire prénommera plus tard « le Balafré ». Elle pense être aimée de lui en retour. Son père, le Marquis de Mézières, guidé par le souci d’élévation de sa famille, le pousse à épouser le Prince de Montpensier qu’elle ne connaît pas. Ce dernier est appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants. Le pays étant à feu et à sang, afin de protéger sa jeune épouse, le prince l’envoie en compagnie du Comte de Chabannes dans l’un de ses châteaux les plus reculés, Champigny. Il charge le comte, son ancien précepteur et ami, de parfaire l’éducation de la jeune princesse afin qu’elle puisse un jour paraître à la cour…
EN VRAI
C’est l’histoire d’une gonzesse convoitée par quatre mecs (ce qui inclue son mari). Elle joue avec le feu, fait fondre les coeurs (sans pour autant minauder devant le premier venu), tiraillée entre son désir brûlant et son devoir d’épouse qui s’ennuie à mourir. Déjà qu’avec 2 prétendants c’est galère, imaginez avec 4 ! Pires que des filles, ces hommes vont jouer les langues de pute pour perdre la jeune fille et la convaincre que untel l’a trompée, l’a oubliée ou ne l’aime plus, tandis que lui est hyper sincère et fidèle (ben tiens).
Pas de bol, ce n’est pas vraiment le genre d’histoire qui me touche. 2h30 de chevauchées épiques, de combats de regards et de baisés volés c’est un peu trop pour moi.
Mélanie Thierry est cependant magnifique et crédible dans le rôle de Marie de Montpensier : une posture à la fois sage et déterminée, des yeux qui font passer autant d’émotions que les mots… Non franchement, elle est top. Tout comme Gaspard Ulliel d’ailleurs, qui incarne fort bien le rôle de l’amant pas si éperdu que ça.
En revanche Lambert Wilson est quai invisible (je ne vous parle pas des combats à l’épée qui sont vraiment médiocres), et pourtant, il n’est pas pire que Grégoire Leprince-Ringuet, qui joue le prince-mari-cocu : il ne montre qu’une seule expression de visage tout le long du film, qu’il soit en colère, triste, ému, mal à l’aise… J’ai vraiment pas accroché.
En ce qui concerne les dialogues c’est assez délicat de se prononcer : l’histoire se déroulant au 16èpe siècle, les dialogues sont sensés correspondre aux usages de l’époque. Le rendu est du coup assez spécial, avec des échanges qui relèvent plus du langage écrit que parlé.
Cependant les décors et costumes sont très justes à mon sens : pas de démesure, de dorures intempestives, de faste qui fait mal aux yeux. Les matières, couleurs et aspects m’ont semblé être très à propos, même si je ne suis pas une experte en mode du 16ème (siècle).
L’accueil a d’ailleurs été mitigé lors de la projection, mais cela reste un beau film, plutôt bien défendu par ses acteurs (chapeau bas à Mélanie Thierry), qui vous plaira si vous aimez les histoires d’amour compliquées.



















Tu gardes ton esprit critique même sous les sun light ! très pro !
Oh, quel dommage de ne pas avoir mentionné Raphaël Personnaz: grand et bien bel acteur, charismatique, intense pour un rôle magnifique, trop court, mais marquant. De loin, le meilleur…