Une longue pause ou une vraie séparation? Carpathian a annoncé lundi vouloir se mettre en hiatus, c’est à dire prendre un peu de distance en attendant de retrouver l’envie de jouer ensemble, et cela m’emmerde pas mal.
Depuis 2005, leur musique a évolué du metalcore ultra bateau à un mélange avec des mélodies typés hardcore moderne, à la Have Heart ou Verse, pour finir sur leur dernier EP a se former une identité propre bien plus intéressante augmenté par l’influence de de Joy Division. Ils ne sont pas les seuls a se retrouver dans le son post punk british, Ceremony s’en réclame aussi de plus en plus mais Carpathian avait bien intégré cette émotion glacé dans ses mélodies touchantes.
Malgré des paroles parfois on ne peut plus bateau comme le « I fuck this whole city » de Seventy K, leur dernier album, Isolation, m’avait surpris par son efficacité et sa capacité à m’attirer toujours de nouveau vers ces morceaux en apparence facile mais avec juste ce qu’il fallait de personnalité pour ne pas entendre un clone efficace mais plutôt les débuts d’une évolution artistique personnelle.
Le concert du Café de Paris avait confirmé cette idée. L’atmosphère réjouit de la salle qui profitait du groupe au retour d’une tournée européenne avec Defeater, qui avait malheureusement évité notre pays et notre capitale (vu les conditions pour y jouer, on ne peut pas leur reprocher), et donnait ainsi une belle occasion de prouver que malgré la petitesse de la scène hardcore moderne parisienne, il y a de l’enthousiasme et de l’énergie à revendre.
Dans l’atmosphère étouffante du Café de Paris, salle parisienne réputé pour être une étuve dès que l’on y met quatre personne, le témoignage d’affectation énergique porté par le public envers ce jeune groupe australien en avait fait une soirée mémorable. Prouvant que malgré leur utilisation de poncifs metalcore, le hardcore modern de Carpathian pouvait être autre chose qu’une resucée du genre, et que des paroles un peu adolescentes peuvent toucher des fans allant de dix huit à vingt neufs ans (je ne cible personne hein…). Les paroles repris en chœur couvraient parfois les guitares, les têtes se pressaient contre le micro et les visages affichaient le contentement d’une bonne soirée, même pour ceux qui restaient les bras croisés dans leur coin de salle.
Alors forcement, quand on sort de la salle en espérant vivre cela une nouvelle fois, ça la fout mal d’apprendre que l’on en aura peut-être jamais l’occasion. Ajouté à cela les promesses musicales d’un jeune groupe et vous obtenez une bonne grosse déception. Cela n’empêche toutefois pas de revenir sur Isolation, certainement pas un classique en devenir, mais un album solide et plaisant que l’on va maintenant écouter avec le petit pincement de ce qui aurait pu être et de ce qui ne sera peut-être jamais.
Carpathian. from Don't Lose Touch on Vimeo.


















