Perché sur un ampli ou pris de convulsion quand il remonte son tee-shirt sur son visage, le chanteur de Ceremony ne peut s’empêcher d’agir et d’interagir avec le public de toutes les manières possibles. Quand il descend dans le public pour rejoindre les danseurs dans la fosse ou quand il parcourt le cercle en chantant les paroles de The Doldrums (friendly city), l’un des titres les plus remarquable et différent de leur dernier album, Rohnert park, et qu’il s’agenouille à la fin du morceau, Ross Farrar représente le je m’en foutisme des conventions et des attentes de son public pour ne se préoccuper que de ses envies. Pendant ce récent concert londonien auquel j’ai eu la chance d’assister, l’urgence et la nécessité d’un groupe comme Ceremony m’ait apparu comme flagrante. Le genre d’expérience que l’on a envie de renouveler le plus vite possible, même dès le lendemain.
Acclamé pour un premier album, Violence, violence, de hardcore frisant la power violence, épileptique, possédé et maculé de paroles tellement grinçante dans leur énergie et dans leur frustration qu’il était impossible de ne pas les reprendre en chœur en levant le poing. Still nothing moves you, deuxième album, ralentissait un peu le tempo par moment. Même haine et même besoin d’en découdre avec la terre entière au nom de ce sentiment qui nous pousse foutre un gnon dans le pif des emmerdeurs, mais en musique et sans avoir a se fritter avec le ou les connards/connasses. L’expression de la frustration à l’état pure mis en musique par quatre musiciens de la Bay Area.
« Pack your fists fill of hate, take a swing at the world. These kids stick to themselves, carry angst in their words where will never be a part of this cursed fucking town. So we stand amongst ourselves, watch it burn to the ground, burn to the fucking ground. »
Ceremony – Kersed
A force de frapper toujours aussi vite sur ces instruments, la machine Ceremony aurait pu lasser ou trop se répéter sans jamais retourner à ce qui avait fait leur originalité à la sortie de Violence, violence. Rohnert park, skateur sur la couverture devant une maison typique d’une banlieue pavillonnaire, vient défaire toutes les attentes bien ficelés que l’on s’était faites sur un disque de Ceremony. Tempo punk de mosh pit punk, les clous et les tee shirt déchirés se frottent au son d’une basse qui grésille et de mélodies que l’on penne a croire qu’elles pourraient venir d’un groupe qui avait fait de l’attaque frontale son premier atout.
Rohnert park ne révolutionne par réellement le son de Ceremony, ni ne chante les règles du jeu du punk. En revanche, il permet au groupe de se renouveler et d’écrire des chansons bien plus mémorables et de leur donner plus de choix dans leur mode d’expression qu’il n’en avait employé jusqu’à présent. On se surprend a ne plus entendre seulement des cris de canard enragé provenir de la bouche de Farrar et de découvrir une voix morne et claire exprimant parfaitement l’ennui de vivre dans une ville trop calme quand on est possédé par le besoin d’être soi-même dans The doldrums (friendly city).
L’autre grand moment inoubliable du disque se situe en premier ligne. Sick, morceau faisant suite à l’introduction Into the wayside, porte un texte des plus simple qui cristallise pourtant parfaitement l’attitude du groupe ainsi que notre époque. Sur chaque couplet son énuméré les causes de la rancoeur du chanteur. Sans nécessiter d’explication, l’accumulation suffisant comme justification, ce titre est amené a rentrer dans le répertoire du groupe jusqu’à la fin de leur carrière. De tout cet album se dégage une impulsion de renouveau d’un genre encombré par les roulettes des planches de designers, les fringues des magasins dans les grandes rues, et un retour de l’attitude et d’un son que l’on retrouve comme neuf comme si il n’avait jamais été exploré par les Sex Pistols ou Black Flag.
















