[Chronique] Haemoth, comment faire du black metal norvégien quand on est français?

Moi qui me lamentait de ne plus avoir de nouvelles de Spektr, duo français de black metal industriel auteur d’un classique trop rarement nommé, Near death experience (la bande son de votre coma), je retrouve enfin le son si distinctif de leur guitare semblable à une ruche porté à ébullition sur In nomine Odium, leur quatrième disque mais le premier à être passé entre mes oreilles embouteillés par le trop plein de disques du genre enregistrés dans une cave.

La différence entre le black metal de qualité et celui que l’on qualifiera gentillement de médiocre ne tient pas à celle entre le bon et le mauvais chasseur (cf le sketch des Inconnus) même si pour les néophytes il y a toujours cette première rencontre avec un barrage sonore tels que celui de Haemoth qui fait immédiatement penser au Codex necro de Anaal Nathrakh et à No longer human senses de Spektr, deux disques dont l’attaque frontale peut laisser plus d’un fan sur le carreau. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le nom de Spektr apparait si facilement à mon esprit puisque la moitié du duo, le prénommé Haemoth, fait aussi parti de cette illustre duo.

In nomine odium s’ajoute donc à une liste de disque prestigieux pour qui le black metal est intensité plus que spiritualité. Bien que sans un timbre de voix notable à travers le mur de guitare, leur puissance ne manque pas d’atmosphère et évoque l’influence de Mayhem, mouliné à grande vitesse pour faire resurgir l’esprit de Dead et d’Euronymus dans une centrifugeuse maléfique. Les pulsation de la batterie sont tellement mécanique que j’aurais pu la qualifier de boite à rythme ici-même, si la biographie du groupe ne spécifiait pas la présence d’une véritable personne derrière l’instrument.

Ainsi donc, malgré une production et un mixage puissant, Haemoth ne s’éloigne pas tant que ça des critères du black metal traditionnel, et réussit a faire triompher l’atmosphère maladive du genre avec une production autrement plus puissante que celle de tout les groupes et projet solo qui tentent de retrouver l’essence de la forêt norvégienne, dans leur cave du New Jersey, avec un quatre piste.

Après un début tout blast dehors, le disque se ralentit progressivement et devient plus menaçant à mesure que les frappes de caisse claire s’espacent de plus en plus. Les riffs conservent la même couleur du début et la fin et ne permettent pas à chaque titre de se distinguer particulièrement. Mais est-ce vraiment un défaut quand le résultat n’est que plus étouffant?

In nomine Odium est à la fois une excellente nouvelle pour la scène black metal française qui continue de produire des disques de grandes qualités, et avec une identité forte, et pour tout ceux qui, comme moi, s’interrogeaient sur les occupations des membres de Spketr depuis l’EP Mescalyne en 2007. La bête qui habite ces musiciens ne s’est toujours pas tue et si ce n’est en jouant avec les codes du genre, Haemoth montre que le renouveau, et l’originalité, est toujours possible même en se collant aux classiques du genre.

Toutes les informations sur le disque dans la partie Offerings (deuxième à gauche) sur le site officiel de Debemur Morti

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. 29 décembre 2011 à 11:24 #

    Il me parle bien ce groupe mon petit hororo…

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