A lire les listes de fin d’année des meilleurs disques de 2011, je constate que je ne suis pas le seul a avoir entendu dans The Atlas Moth un groupe des plus notables. Leur signature sur le label Profound Lore n’y est pas pour rien car le gérant de l’affaire a toujours eu du nez pour signer des groupes différents de la mêlée. L’écoute de ses groupes n’est donc jamais une perte de temps car même si le produit ne séduit pas il a toujours des qualités indéniables, chose dont peu peuvent se vanter.
Avec une couverture montrant une paire de nichon, la gente masculine aura elle aussi tôt fait de repérer le produit, disque de qualité ou non. L’achat ne sera toutefois pas motivé par le pantalon mais par l’oreille de l’amateur de musique saturée lente et mélodique. Pour une fois que je ne peux parler d’un groupe aux mélodies plaisantes qui ne m’arrachent pas de neurones du cerveau, je ne peux m’en passer. Généralement, les voix clair et les mélodies ne font pas bon ménage avec mes gouts portés vers la distorsion, les larcens et l’agressivité, ou plus généralement la saturation abusive de groupe gorgés de biles.
An ache for the distance n’en est pas pour autant un album mielleux ou un ersatz de Mike Patton plus préoccupés par les modulations de ses cordes vocales élastique que par l’écriture d’une chanson cohérente. Produit de son époque, la frappe lourde et lente des instruments se trouve au confluent de tout ce que l’on place dans le rayon doom depuis une dizaine d’année sans pour autant référencer ouvertement Black Sabbath. D’un côté on entend du Kyuss, de l’autre du Isis, on expérimente en restant toujours à un tempo sec et on mélange les voix et les mélodies de guitare pour obtenir des chansons aux refrains mémorables sans avoir besoin d’artifice studio.
Le trio de tête de Coffin varnish, Perpetual generation et Holes in the desert suffit a retourner le disque une fois arrivé à sa conclusion. La cadence du texte chanté sur Holes in the desert évoque à mes oreilles celle du Port d’Amsterdam de Brel, comme preuve que la chanson et le metal peuvent cohabiter quand on donne à la voix un support mélodique suffisamment appuyé pour développer autre chose que des envolés lyriques d’opérette ou des grognements diaboliques.
Passés les trois premiers morceaux, véritables singles en puissance, le reste ressort un peu moins mais ce n’est que la faute à la difficile comparaison avec trois perles majestueuses. Le mélange des mélodies entre les voix et les guitares trouvent son accomplissement sur ces morceaux sans jamais écœuré ou se répéter. Certains morceaux se retiennent moins que d’autre mais ne sont pas pour autant moins digne d’être écouté. De toute sa superbe, An ache for the distance continue de vous porter de sa glorieuse morosité d’éxilé dans un autre univers défini au fils des notes et pulsations.
Célébré par certain comme les nouveaux Mastodon, The Atlas Moth n’a en commun avec le quatuor d’Atlanta d’avoir sorti de leur propre main et de leur micro un disque qui, si il n’a rien en commun avec Remission, rappelle l’enthousiasme ressentit à son écoute. Signé sur un petit label indépendant au nez fin, entouré des acclamations de quelques personnes avisés, il parait que de grandes choses pourrait arriver à ces cinq musiciens de Chicago dont la capacité à faire s’entremêler leurs instruments avec originalité est, a n’en pas douter, l’une des meilleurs surprises de cette fin d’année. Et si le titre de conclusion Horse thieves manque de souligner la présence du saxophone qui accompagne la lente descente vers la fin de l’album, ce sera leur seul reproche que je ferais à cet album que je regrette de ne pas avoir découvert plus tôt pour qu’il accompagne plus que les dernières journées de cette année.
La page de The Atlas Moth sur Profound Lore, téléchargés y un mp3 et commandés le disque à moindre coût



















