En peu de temps, Sion Sono est devenu mon nouveau réalisateur japonais fétiche (à côté de Takashi Miike et Shinya Tsukamoto) grâce à un seul film éloquent de maitrise et d’intelligence : Love Exposure. Un voyage de quatre heure au côté d’un jeune homme, obsédé par l’idée de commettre des pêchés afin de satisfaire les séances de confession auxquels il est contraint par son père, qui fera la rencontre providentiel de celle qu’il imagine sa promise avant que sa vie ne parte dans un tourbillon de mensonges le poussant peu à peu, ainsi que ses proche, vers la folie.
Un chef d’œuvre qu’il était difficile de dépasser mais que ces deux réalisations les plus récentes n’ont pas dépassés mais contournés en ne s’embarquant pas du tout dans la même direction. Cold fish, dont j’ai parlé précédemment, se situait plus dans le territoire du thriller horrifique, et Guilty of Romance part plutôt dans un territoire où se croise le thriller, le film romantique et le drame.
A l’instar de The Audition de Takashi Miike, seul film auquel je peux décemment comparer Guilty of Romance, l’horreur rejoint l’amour dans un tourbillon d’émotion complexe et magnifiquement mis en image par Sion Sono. L’histoire de Guilty of Romance est donc celle d’une jeune femme, mariée à un romancier d’histoire à l’eau de rose, vit une romance asexué dans lequel elle est au service de son mari et l’attends patiemment chez eux tout les jours. Bientôt son ennui se fait sentir et elle décide de travailler en tant qu’hôtesse dans un super marché pour faire gouter des saucisses. C’est là qu’elle fait la rencontre d’une prospecteuse qui lui propose de poser pour des photos.
Ce n’est cependant qu’une petite partie du parcours d’Izumi Kikuchi (interprété par Megumi Karuzaka) qui l’amènera vers la prostitution mais surtout la découverte de sa propre sexualité. Parallèlement à cette histoire, nous découvrons le déroulement d’une enquête de police autour du meurtre d’une femme, dans le quartier des prostitués de Tokyo, mené par une inspectrice dominé par un amant trop entreprenant.
Contrairement à un réalisateur comme Miike dont les inventions visuels se font parfois au dépit de la cohérence de l’histoire et de privilégier le message que veux faire passer le réalisateur, Sono découvre lentement mais surement la psyché de ses personnages pour rendre cohérente leur évolution et ne jamais faire perdre de vue que leurs décision n’est pas le résultat d’un coup de tête mais bien réfléchis et motivé par autre chose qu’une ligne dans un scénario.
Professant en interview avoir voulu réalisé un film du point de vue des femmes, Sion Sono traite à la fois de la sexualité féminines, de la domination et de l’érotisme. De nombreuses scènes dénudés ou de sexe émaille le film mais aucune n’est jamais gratuite, tout comme les scènes plus violente (qui sont toutefois en plus petit nombre), et font progresser l’histoire plutôt que de procurer une satisfaction aux spectateurs masculins.
Erotique et troublant, le parcours d’Izumi Kikuchi est fait de question auxquels le réalisateur n’apporte pas forcement de réponse claire. Guilty of Romance réussit à interroger de nombreux points que l’on aborde peu comme la légitimité de la prostitution, la relation des femmes à leurs corps par rapport à la domination exercé par les hommes et plus globalement la place des femmes dans la société japonaise moderne. Du cinéma original et riche en question.



















