Quand le réalisateur d’un film se présente en slip de sumo avec un journaliste de Mad Movies pour présenter son film, que l’actrice principale de son film joue avec le public au chifoumi pour faire gagner des tee-shirts et des sets de table et que les deux derniers gagnants remportent les slips que portent le réalisateur et le journaliste (et reviennent après la projection seulement habillé d’un tee-shirt du festival), vous savez que vous n’allez pas voir des films conventionnels. Mais, après tout, personne dans la salle n’était venu pour ça. On parle quand même de l’étrange festival et d’une soirée consacré à une boite de production spécialisé dans les effets spéciaux gore et les scénarios incroyables.
Le premier film de cette nuit fut donc Hell driver (à ne pas confondre avec un autre Hell Driver avec Nicolas Cage), réalisé par Yoshihiro Nishimura, grand pape de l’effet spécial gore grâce à sa première vocation de prothésiste. La version projeté ce soir fut le director’s cut et bien que je ne regrette pas l’expérience je ne recommande pas son visionnage. Nishimura l’avait bien avant la projection, « la version longue insiste beaucoup plus » et pour insister, elle insiste. Après un début de film où une montagne de zombie se fait détruire par une bagnole volante, la présentation de l’univers de Hell driver prend ensuite beaucoup trop de temps avant d’en arriver au titre même du film. Une bonne demi-heure à vu de nez pour présenter un contexte socio économique et politique intéressant mais un peu lourd. Le sérieux ne réussit pas encore au réalisateur, même si de son aveux le film a pour sujet détourné les décisions politiques prises après la catastrophe de Fukushima, et il aurait très bien pu faire passer le même message sans ces minutes de pellicule en trop.
Par contre, ensuite, c’est le bordel, et le beau. Massacre de zombie, découverte des pratiques culturels des morts vivants et affrontement épique sur un monstre géant fait de zombie et propulsé par deux missiles géant venus de l’espace. Et le scénario ? Le film oppose une jeune femme et sa mère, une tueuse en série cannibale, transformées par la venue d’un mystérieux astéroïde, dans un japon séparé de moitié par une épidémie de zombie causé par la dite mère qui a libéré une nuée responsable de ce mal et en a aussi profité pour voler le cœur de sa fille (qui du coup marche avec un dispositif électronique sur le torse). Du bon Nishimura mais pas aussi bien que l’incroyable Tokyo Gore Police dont l’inventivité et l’atmosphère post apocalyptique m’avait rendu fou du réalisateur. Cependant, pour un film tourné en deux semaines, avec autant d’idées, il n’y a pas grand-chose à redire.
Alien Vs Ninja ,de Seiji Chiba, apparait par contre très vite comme un de ces films dispensable que l’on ne verra que pour quelques deniers dépensé dans un bac placé à la sortie d’un super marché histoire d’occuper une soirée entre pote. Des ninjas, des aliens, des gags débiles, des personnages caricaturaux et des combats distrayant avec en prime un peu de sensualité dans le passage des queues (pas de sous entendu, les aliens ont vraiment des queues) des aliens au dessus des cuisses écartées de l’une des ninja. Ouh que c’est subtile dites moi !
Remarquez quand même que Nishimura avait prévenu le public en concluant sa présentation de la soirée par une mise en garde vis-à-vis de ce film qu’il disait déjà moins bon que les deux suivant. Il avait bien raison mais cela ne m’a pas empêché de m’amuser suffisamment pour ne pas détester cette petite heure et demi avec un film d’action bas de gamme. Le réalisateur a encore beaucoup de chemin mais au moins il raconte son histoire sans se perdre. En contre partie, aucune originalité ne se dégage du film, parfait petit produit de genre basique qui ne mérite pas de s’y attarder plus.
Surtout quand à la suite est projeté Karate Robo Zaborgar, d’ors et déjà l’un de mes films de l’année, véritable lettre d’amour au sentaï. Le sentaï (à ne pas confondre avec le hentaï) c’est le genre costume colorés, véhicules qui se transforment en robot et gros méchant costumés à l’air très méchant déterminés à conquérir le monde pour d’obscure raison de vengeance contre son boulanger. Réalisé par Noburo Igushi (réalisateur du décevant Machine Girl mais du génialissime Robo Geïsha), Karate Robo Zaborgar reprends tout les éléments de la série originel du même nom avec une attention aux moindres détails témoignant de la dévotion des auteurs à l’hommage rendu. Comme le montre bien les images du générique de fin, les acteurs principaux (la version jeune et la version adulte du héros) ont reproduit à l’identique l’enthousiasme et les poses du personnage, les costumes des méchants, les attitudes typique des séries de sentaï, les poses des fllles quand elles sont effrayés, les fameuses explosions, les combats sur les plages désolés et les carrières abandonnés que l’on trouve à chaque coin de rue, et plus particulièrement le robot camion bulldogs des méchants !
Plus qu’une parodie, Karate Robo Zaborgar est d’avantage un hommage qu’une simple comédie tirant à quatre épingles les traits caractéristique d’un genre qui aura bercé plus d’une génération de japonais, le genre étant encore en activité. Certain auront préférés plus de gags mais les fans, et il y en a vu le succès de France Five ou de BD comme Sentaï School, s’y retrouveront et s’amuseront de cette aventure aussi classique qu’un gouter de quatre heure avec un pain au chocolat et une barre de kinder. Karate Robo Zaborgar est un film pour les grands enfants et aussi une réussite totale pour Iguchi qui y démontre tout son savoir de réalisation dans une production bien moins cheap que tout le reste du catalogue Sushi Typhoon. Mon coup de cœur de la soirée.
Le dernier film, et donc le plus difficile à regarder quand on a pas l’habitude de veiller aussi tard (ou tôt vu que la projection a du commencé sur le coup de 6H30), mais pas le moins intéressant, fut Yakuza Weapon. Réalisé par Yudai Yamaguchi et Tak Sakaguchi qui interprète aussi le premier rôle, le duo responsable de Versus produit un film d’action avec un bon paquet de scènes ridicules mais hilarantes, des idées folle (la sœur de l’ami du héros transformé en arme qui lance des roquettes quand on lui écartes les cuisses) et un scénario digne d’un film d’action de bac à soldes. Tak Sakaguchi est le fils d’un yakuza riche et puissant qui aime beaucoup se battre et a donc pris ses distances avec son père et le Japon. L’assassinat de son père l’appelle à revenir au pays où il retrouve les enenmis de sa famille et une charmante promise qui va l’aider dans sa reconquête et sa vengeance.
Adapté d’un manga de Ken Ishikawa, le co-créateur du manga Getter robot avec Go Nagai (l’auteur de Goldorak, Devilman, entre autre), Yakuza Weapon contient aussi sa part de robotique avec la transformation que subit Sakaguchi quand il perd un bras et un jambe que l’armée remplace par une mitraillette et un lance roquette. Des armes qui ne le font pas oublier pour autant de balancer ses coups de poings répétés comme il l’habitude de le faire. L’acteur interprète son personnage haut en couleur avec toute l’énergie qu’on lui connait. Il a beau ne pas être un grand acteur, Sakaguchi possède un talent pour mettre les spectateurs de son côté malgré tout les défauts de son personnage braillard et fier à bras. La réalisation est très similaire à celle de Versus dans tout son aspect posé et toute l’énergie que dégage les scènes de combat. Le scénario est tout aussi complexe pour si peu mais le divertissement n’en est que plus dingue. Quand au final, il est fidèle à l’esprit Sushi Typhoon et rappelle les débuts de Takashi Miike dans son je m’en foutisme totale dénué de demi-mesure.
La nuit aura été longue mais fructueuse. L’occasion de voir de tel films, même si ils ne sont pas tous excellent, est assez rare pour ne pas en profiter, surtout quand l’atmosphère est aussi joyeuse et studieuse pour profiter pleinement des films. Merci à l’Etrange Festival de proposer ce type de divertissement , et tout simplement d’exister et espérons que Yoshihiro Nishimura tienne sa promesse de revenir l’année prochaine.





















