En plein effervescence après la conclusion de la fantastique deuxième saison de Sherlock, je me retrouve en manque d’Holmes et décide que le deuxième film de Guy Ritchie pourra épancher ma soif. Les deux interprétations, britanniques et américaines, sont bien différentes, l’une orienté enquête et déduction, et l’autre focalisée sur l’action et la camaraderie entre Sherlock Doney Jr et Judd Watson. Du moins c’est avec cette idée en tête que j’ai acheté ma place en pensant passer un bon moment à voir Holmes et Law cabotiner dans leurs rôles de justiciers.
C’était sans compter la présence d’un trouble fête, non, pas Moriarty, mais Guy Ritchie.
Dans le premier volet il avait réussi a se contrôler sur l’abus d’arrêts sur images, d’accélérations, de ralentis et de gros plans, mas la bride a été retiré pour ce deuxième volet et il ne s’en prive plus, ce qui a pour effet d’étouffer le scénario, déjà bien maigre, sous une pluie d’effets qui ne font que ralentir l’intrigue pour atteindre les deux heures dont je suis sorti extrêmement déçu.
Le nemesis de Holmes, Moriarty, dont on voyait se profiler la présence à l’issu du premier film, apparaît au grand jour dès les premières minutes, ce qui lui enlève toute la mystique qu’il aurait pu conserver en restant l’obscurité, dissimulant ainsi son identité, comme le titre aurait pu laisser pensé. Holmes, bien avisé de ses manigances, le pourchasse, mais sans l’aide de son compagnon, le docteur Watson, qui se prépare à se marier. Robert Downey Jr. joue toujours un Sherlock Holmes très extravagant, pas si éloigné que ça de la réalité des romans, ou de son alter ego de la BBC, mais l’alchimie du premier film est totalement absent entre les deux hommes. Il faut attendre la scène du train, dont on peut voir des extraits dans la bande annonce, pour que le film retrouve le rythme du premier volet.
Ce n’est ensuite qu’à d’autres rares occasions, sur le bateau et ensuite lors du dernier acte, que Robert Downey Jr et Judd Law peuvent interagir. Entre ces brefs moments, ils font la rencontre d’une gitane diseuse de bonne aventure, Madam Simza Heron (Noomi Rapace) a qui l’on a donné le rôle de femme de service. Elle court après les héros, donne son avis de temps et participe à l’action de ci de là, mais ni son jeu, ni son rôle ne lui permettent d’être autre chose qu’une James Bond Girl, passive et sans caractère définit. C’est à peine si on avait besoin de l’embarquer dans l’aventure, si ce n’est pour que les personnages ne se retrouvent pas entre homme.
La priorité est laissé aux scènes d’actions poussives et sans aucun enjeux puisque l’on sait très bien que les deux héros vont s’en sortir, et cela malgré la référence légère ay chute de Reichenbach, lieu du décès de Holmes dans le roman original quand il affronte Moriarty. Toutefois, ce ne sont pas des références légères aux romans originaux qui empêchent A game of shadows d’être un simple film d’action appelé Sherlock Holmes et non une adaptation de l’oeuvre original de Conan Doyle. Autant sur son premier film, Guy Ritchie avait laissé un peu de place à un semblant d’enquête, mais ici il oublie totalement les déductions de son protagonistes pour en faire un original aux dons impressionnants pour l’observation, mais sans rien de commun avec un détective privé.
Sans histoire, sans enjeu et avec un vilain sans aucun charisme, ce deuxième film s’étale de toute sa longueur depuis le début jusqu’à la fin prévisible. Les producteurs n’ont surement pas pensée qu’une série anglaise pourrait jouer en leur défaveur, mais la comparaison entre les deux adaptations d’une même histoire que certains spectateurs, les plus passionnés par le personnage, auront déjà vu à l’écran deux semaines auparavant, ne peut que jouer en leur défaveur quand l’une a le torse gonflé d’une passion communicative et que l’autre se démène maladroitement pour créer un semblant d’excitation avec une musique dramatique comme cache misère de rebondissement prévisible.
A game of shadows ne présente aucun intérêt pour les fans de Sherlock Holmes, Robert Downey Jr ou Judd Law qui n’auront aucune occasion de voir leurs héros faire autre chose que de la figuration pour montrer à quel point Guy Ritchie aime faire joujou avec sa caméra. Une déception massive.


















