[Cinéma] Soudain le 22 Mai, chronique d’un attentat

Trois ans après Ex drummer, Koen Mortier interroge de nouveau la Belgique avec un nouveau choc, une explosion causé par un attentat suicide dans un centre commercial. Témoin « privilégié » de l’évènement, Sam, agent de sécurité placé devant l’entrée principale s’échappe de la scène de l’attentat et se retrouve dans des rues et des appartements habités par les victimes de cette bombe et de son porteur. Il l’interroge, lui demandant ce qu’il pouvait bien faire à ce moment là, quand l’homme est rentré, car tel était sa responsabilité de ne pas laisser entrer dans le magasin des individus suspects! Qu’en est il maintenant de leur vie? N’y a t’il pas une solution à ce carnage? Pourrais t’on revenir en arrière et convaincre ce « terroriste » de ne pas se faire sauter?

Avec un évènement bien trop familier de nos téléviseurs, Koen Mortier conçoit un film sur la responsabilité dont le propos pourrait justifier le visionnage si le réalisateur n’avait pas autant oublier de donner à celui-ci la force qu’il avait insufflé à Ex Drummer grâce à une bande son rock et riche en paysage sonore venant compléter ses images.

Pour ce film, le réalisateur belge a choisit le silence et cela ne lui sied pas autant que la charge frontale des guitares saturés. Sam, héros de ce long métrage d’une heure nous est presque autant inconnu au début qu’il l’est à la fin. Quand aux témoins et victimes de ce massacre, les bribes d’information qu’ils nous fournissent ne suffisent pas non plus à construire des identités concrètes. Tant de visage et d’acteur compétent qui n’existe pas plus que dans l’espace qu’ils occupent à l’écran rt n’ont pas de vie à l’extérieur de la pellicule.

Laissé de côté par la lenteur de cette histoire sans personnage dans lequel se projeter ou croire, l’heure et demi ce de long métrage me paru bien longue. La déception est de taille puisqu’après un Ex Drummer tout simplement incroyable et une introduction prenante, le film se perd tout comme Max dans les dédales d’une ville habité par les spectres de sa culpabilité qui dévore son attention sans attiser la mienne. Koen Mortier est toujours de secouer ses spectateurs avec des scènes visuellement très fortes comme l’explosion et la course de Max pour faire sortir le plus de personnes possibles au milieu des gravats ou la conclusion du film et les derniers sursauts désespérés pour empêcher que l’inévitable n’arrive. C’est dans le sens que le réalisateur donne aux images que le film pêche malgré la gravité du sujet et l’originalité de son traitement.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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