[Cinéma] True Legends, des arts martiaux et des larmes

Sorti l’année dernière en Chine, True Legends de Yuen Woo-ping est l’un des dernier film dans lequel est joué David Caradine (décédé en 2009 mais encore prévu dans des films jusqu’en 2012!) ce qui en soit est un fait notable bien que son rôle ne le soit pas. En revanche, l’histoire de la légende de Su-Chan (Man Cheuk Chiu, l’acteur principal de the Blade de Tsui Hark) qui nous est conté porte doublement bien son titre en réunissant des noms incontournable des films d’arts martiaux dans une histoire au ton féérique globalement maitrisé mais pas dénué de soucis plutôt handicapant par rapport à une autre merveille du genre sorti la même année, Reign of Assassins (où Michelle Yeoh figurait aussi mais au premier rôle).

L’histoire de Su-Chan commence lors d’une attaque qu’il mène pour libérer un prince. A l’issu de cet assaut, il prend congés de l’armée qu’il dirigeait et du poste prestigieux qu’on lui offrait pour vivre modestement avec sa femme et son fils en caressant l’espoir de fonder une école de Wu-chu, art martial qu’il pratique à la perfection. Il donne donc la direction de l’armée et son poste à son frère adoptif, Yuan Lie (Andy On), un ambitieux jeune homme dont le père a été tué par son père adoptif. Cinq ans plus tard, gorgé d’un pouvoir politique et de la maitrise d’un art martial mortel, il revient se venger et semer le chaos dans la famille de Su-Chan.

Bonjour, je pratique le Wu Chu et je suis le gentil

Tout comme Tigre et Dragon et Reign of Assassins, True Legend s’inscrit dans le style du Wu Xia Pian par un scénario plus poétique et complexe que dans des films d’art martiaux classique. Nul n’y trouvera pour autant la force d’un The Blade ou d’un Reign of Assasins malgré un jeu d’acteur tout à fait convenable. En revanche, là où l’émotion pêche, l’action ne manque pas et alimente le film d’une énergie suffisante pour soutenir les deux heures de récit. Les nombreux effets de caméra dynamique servent convenablement l’action et les nombreux ralentis se justifient suffisamment pour ne pas tomber dans le 300isme. Ce qui est par contre très dommage c’est d’avoir choisit de blinder certaines scènes d’effets visuels pour créer un paysage irréel (lors du combat contre le Dieu du Wu-chu, joué par Jay Chou [Green Hornet]) dont le côté factice tranche beaucoup trop avec les combats virevoltants des deux personnages. Encore moins excusables, les sauts des personnages pour disparaitre dans l’eau les voit se faire gommer littéralement comme si on se trouvait face à un film petit budget.

Salut, je pratique les poings du venin et je suis assez méchant quand même

Le découpage en deux chapitre des aventures de Su-Chan n’est pas non plus des plus réussit. D’une image filtré qui inscrit le visage de Su-Chan dans une couleur similaire à celle d’un parchemin, le réalisateur tente de tourner la page comme dans un livre de conte sans se rendre compte qu’il manque un chapitre de transition à son histoire pour que cette ellipse fonctionne totalement. La dernière demi heure, durant laquelle apparait David Caradine, amène le film a sa conclusion avec un combat dans une arène face à cinq catcheurs ce qui donne lieu à une nouvelle démonstration des talents de voltigeurs de de Man Cheuk Chiu et permet au personnage d’atteindre un final assez satisfaisant bien que très bancale par rapport au conte illustré dans la première et majeur partie du film.

Pris comme un film d’art martial à gros budget, True Legend suffit a contenter le spectateur avide de combat épique. Acteur et responsable des chorégraphies sur Kill Bill 2, Black Mask de Tsui Hark (avec Jet Li), Yuen Woo-ping montre bien quels sont ses points forts mais aussi à quel point il a du mal a faire tenir une histoire quand il ne s’agit plus de combattre mais de faire vivre ses héros.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. 7 octobre 2011 à 09:59 #

    Des arts martials??? lol

  2. 7 octobre 2011 à 12:31 #

    Ah oui tiens, moi couillon. Merci.

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