Personne n’aime Aquaman. Tout le monde se fout d’Aquaman. Aquaman est le personnage le plus ridicule de tout l’univers DC Comics. Pourtant, le potentiel serait là, selon les exécutifs de l’éditeur qui tente de faire vivre le héros et de lui donner un peu d’ampleur pour que tout le monde arrête de se foutre de sa tronche. Pour avoir été relancé cinq fois, sa série doit tout de même avoir des lecteurs sans quoi aucune des tentatives n’auraient dépassés les cinq premiers numéros, il y a donc du public pour ce personnage tout comme il y avait des gens pour acheter les albums des World’s Apart, G Squad et autre 2B3 que tout le monde ridiculisait à leur époque.
Je prouve d’ailleurs moi-même très bien cette théorie puisque j’ai acheté le premier numéro de cette nouvelle série après que l’on m’en ai dit le plus grand bien. Je ne l’aurais pas cru moi-même si on me l’avait dit un an auparavant et peut-être pas il y a deux mois. Mais après avoir relancé la machine de Green Lantern (ne vous fiez pas au film) et de Flash et donc par la même occasion d’avoir été l’un des architecte en chef de la reconstruction de l’univers DC Comics, Geoff Johns écrit désormais les aventures de Aquaman après que de vaillant guerrier du style s’y soit penché, comme Peter David, sans exciter particulièrement l’imagination des foules.
Aquaman est naze, Aquaman est ridicule, personne ne veut être sauvé par Aquaman. C’est avec ce postulat que démarre le premier numéro, un choix couillu pour un personnage désué aux cheveux blonds bien coiffés, dont l’attirail constitué d’une armure orange sur le torse et d’un trident à la main en fait une sorte de Errol Flynn des profondeurs, prêt a être ridiculisé. C’est en attaquant le problème à la racine que Geoff Johns procède pour faire de son héros un looser envers et contre tout. Qu’est ce qu’à donc fait Aquaman pour être à ce point la cible des blagues faciles. Les truands sont déçus d’avoir été arrêté par lui, les restaurateurs surpris de le voir commander du poisson, les fan boys trop fier de pouvoir lui rappeler qu’il n’a pas sa place à la surface.

Après qu'il ait arrêté des voleurs, un policier demande à Aquaman ce qu'il fait là et si il a un besoin... d'un verre d'eau
Non, Aquaman n’est pas aimé et il ne se moque pas de toutes ces injures. Ce n’est pas la fierté ou un ego mais le sens du devoir inculqué par son père envers la population humaine qui mène ses pas au delà de l’océan et accompagné de sa femme il compte apprendre à vivre en dehors de son royaume d’Atlantide. Une menace venu des profondeurs le ramène toutefois très vite dans un port quand il est alerté de la disparition de nombreuses personnes par un officier de police dont il a secouru la soeur. Par un simple détail Geoff Johns souffle au lecteur qu’au delà de son costumé désué, Aquaman reste un héros et cela même si les forces de police ne veulent pas de sa collaboration et traite sa femme Mera de « Aquawoman ». L’incompréhension dont elle fait part à son mari quand les forces de l’ordre ne lui témoigne pas le respect qui lui ai du laisse aussi augurer une dynamique de couple surement plus intéressante que celle entre une Loïs Lane attendant d’être perpétuellement sauvé par son Superman.
Enfin, la menace des profondeurs contre laquelle Aquaman, d’apparence vorace et menaçante, pourrait bien se révéler être d’un ordre bien différent quand le prochain numéro sortira. A lire la conclusion du troisième numéro, notre intrigue ne dépasse pas le domaine du super héroïsme classique mais se laisse lire avec plaisir comme jamais une histoire d’un personnage en apparence aussi pompeux et grotesque qu’Aquaman pourrait le laisser paraître. Cette relance de l’univers DC aura eu de bon pour ce personnage de le confier à un scénariste compétent qui semble avoir trouvé le bon angle pour le rendre agréable et loin du degré de ridicule de son alter ego de la série Robot Chicken où il tentait s’opposer aux dirigeants de Total après la fuite dont l’entreprise s’est rendu coupable pour finalement se faire maltraiter par ses propres sujet les poissons quand il échoue à revenir avec autre chose que l’assurance que les patrons ont eu a payé une amende. Sans être devenu l’équivalent d’un Batman des profondeurs, Aquaman semble être parti vers plus de sérieux et une exploration de son caractère de personnage rejeté qui pourrait en faire un véritable héros auprès de lecteur aussi blasé que moi.



















