[Comics] X-Men, que peut-on tirer de cette séparation?

Comment présenter il y a deux semaines, les X-Mens sont maintenant scindés en deux faction différent sur l’idéologie qui doit les mener à la survie de la race mutante. D’un côté Wolverine a fondé sa propre école et suis les traces de Charles Xavier, fondateur des X-Mens, et Cyclope continue la mission de défense des mutants qu’il s’est fixé en dirigeant une équipe de poids lourds capable de traiter les attaques de mutants hostiles et d’imposer la présence des mutants comme une force de paix et non de destruction massive.

De notre côté de la réalité, les deux titres ont été confiés à des équipes au style bien distincte qui promettent, et offre déjà, un régal de lecture. Wolverine and the X-Men est dirigé par le brillant Jason Aaron (Scalped, Wolverine, Hulk) et dessiné par le duo Chris Bachalo et de Tim Townsend (respectivement au dessin et à l’encrage sur Generation X ou les mini séries Death), tandis que Uncanny X-Men, le titre historique relancé pour la première fois à son numéro 1, est dirigé par Kieron Gillen (Phonogram) et dessiné par Carlos Pacheco (Arroswmith). Chaque titre a donc une identité visuelle très différente et des histoires qui ne risquent absolument pas de se faire de la concurrence grâce à des choix de ton diamétralement opposés.

Wolverine and the X-Men nous ramène à l’époque de Generation X-Men dans les murs d’une école en pleine reconstruction. Dans ces murs habités par de jeunes mutants, cible de tout les fanatistes possibles et imaginables, la première menace que doivent affronter les enseignants (parmi lesquels ont comptent Wolverine, Shadowcat, Iceman ou le Fauve) vient de l’inspection public venu se rendre compte de la dangerosité des lieux et de ses habitants pour leur voisinage. Cette inspection permet de suivre le petit groupe dans les différentes parties de la grande école de Wolverine, d’y découvrir les profs mais aussi les élèves et toute la ribanbelle de problèmes que ceux-ci peuvent causer, de l’iconoclaste avec la salle de détention où le mutant Quentin Quire, responsable du scandale fondateur de cette séparation, s’est constitué comme prisonnier politique, au dramatique avec le personnage de Idie Okonkwo, une jeune mutante anciennement membre de l’équipe de Hope Summers qui a du tuer plusieurs terroristes durant l’attaque d’un musée sur l’histoire de la population mutante et qui se considère comme un monstre et une machine a tuer.

On se croirait dans le Generation X de Scott Lobdell et Chris Bachalo (comme par hasard) mais on pourrait tout aussi bien comparer ce début à la série Buffy de Joss Whedon (Astonishing X-Men, Avengers). Comme dans tout bon comics X-Men, de nombreux sub-plots (l’introduction d’histoires à développer plus tard au cours d’une histoire en développement) apparaissent dans chaque pièce et laissent beaucoup de matière à développer dans les histoires à suivre. Je me suis rarement aussi senti enthousiasmé par la lecture d’un premier numéro tant la synthèse des dialogues et des illustrations sonnaient juste. Wolverine X-Men représente tout ce que j’apprécie dans une histoire de super-héros : des gags et du drame provoqués par la nature même des personnages et leur confrontation avec la réalité sans avoir besoin de forcer le trait.

L’équipe d’Uncanny X-Men a donc beaucoup d’inquiétude à se faire pour provoquer le même degré d’enthousiasme et n’y arrive pas à l’issu de ce premier numéro. L’histoire est cependant raconté avec suffisamment de personnalités dans les dialogues pour satisfaire tout ceux qui attendent un peu plus de sérieux dans leurs histoires de mutants. Cédant à la tradition, l’équipe de Cyclope, accompagné de Colossus (maintenant possédé à la demande par la malédiction du Juggernaut), Hope Summers, Magneto et Ororo (rien à voir avec mon pseudo), entre autre, affronte une menace quasi traditionnel chez eux, Mr Sinister, visiblement revenu des morts, ce que j’ignorais.

Le conflit est donc tout ce qu’il y a de plus classique dans le canon des mutants mais l’originalité vient du discours tenu par Cyclope en introduction, et qui définira sans doute la suite des opérations. Celui-ci fait un parallèle avec l’Iraq et la Corée du Nord pour définir la vision qu’a le public des mutants et l’enjeu qui est donc de leur alors que la menace, même inexistante, d’arme de destruction massive, provoque des conflits militaire. Une comparaison bienvenu puisque, comme il le dit lui-même, les mutants sont des armes de destruction massives potentiels. L’idée de voir le travail des X-Mens sous un angle politique et diplomatique, tout en n’étant pas neuf du tout, risque d’emmener le scénario bien loin des problématiques plus terre à terre du quotidien de l’école de Wolverine. Le dessin de Carlos Pacheco, beaucoup plus classique dans sa représentation de personnages charismatiques, poseurs et à l’attitude grave, tel des dieux grecs, place Uncanny X-Men en opposition à Wolverine and the X-Men, tel le Ying et le Yang de la mythologie X-Men : du soap opera et du drame politique.

Ainsi installé, l’avenir des X-Mens qui se profile est d’autant plus enthousiaste qu’il semble être mis entre de bonnes mains, toutes aptes à écrire des histoires originales, tout en restant dans la tradition. Ce ne sera peut-être pas suffisant pour tout le monde mais ils ont fait de mieux un lecteur impatient de la suite de leurs aventures, et ça ce n’était pas gagné d’avance.

Tags: , ,

Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

Répondre