Une nouvelle ère commence pour les X-Men, comme d’habitude. Tout allait changer, comme d’habitude. Les mutants allaient être de nouveau persécutés? Normal. Des tensions sous-jacentes exploseraient au grand jour, révélant des divergences fortes… bref, tout ceux à quoi l’on est habitué dans un comics de super-héros, et surtout dans une histoire aussi animé par les règles du soap opera que celle des X-Mens.
Schism, comme le révélait déjà le teaser plusieurs mois avant la parution, allait opposer Wolverine et Cyclope dans un combat idéologique qui remuerait la structure même de l’édifice construit depuis ces dernières années autour du leader charismatique et du baroudeur préféré de tout les lecteurs. Comme pour marquer le coup par rapport à son concurrent, DC Comics, Marvel relance même le titre Uncanny X-Men à son numéro un, signifiant un évènement éditorial apte à générer l’attention des médias autour de ce grand changement.
Mais quoi faire dans un monde aussi tourmenté que celui des X-Mens pour changer véritablement la donne? Donner le contrôle à un auteur talentueux? Bien d’autres y sont récemment passés sans bousculer grand chose. Les séries écrites ces dernières années n’ont rien apportés de neuf malgré les noms et le travail de ses auteurs comme Ed Brubaker ou Warren Ellis. Depuis Grant Morrison et les New X-Mens, rien de bien intéressant dans la galaxie des mutants fluorescents sinon une collection de couverture aguichante et un Wolverine à toutes les sauces, intégré avec succès au sein de l’équipe des New Avengers.
Wolverine justement était jusqu’à présent écrit par Jason Aaron. Un scribe de grand talent, auteur chez Vertigo de Scalped, et chez Marvel d’une histoire de Ghost Rider des plus explosive, la première à m’avoir donné envie de lire attentivement les aventures de ce personnage nanard au possible (Mr « j’ai un crâne en feu en guise de tête, je porte un blouson en cuir, je chevauche ma moto des enfers et Nicolas Cage voulait désespérément jouer mon rôle au cinéma »), qui avait réussi a donner au nabot canadien des histoires à sa hauteur faites de trahison et de violence. De quoi sortir ses griffes, explorer le passé trouble du personnage et foutre un bordel monstre autour de lui.
De ce chaos fait de sang et de larme, Wolverine semble être sorti plus mature et il le prouve dans cette histoire bien plus intéressante qu’il n’y parait. Oui, les X-Mens sont de nouveaux persécutés, sujet de la peur des dirigeants de notre monde qui voit en eux, bien que leur population soit réduite à 200 individus, des armes de destruction massive bien réelle, et leur réaction ne se fait pas attendre en réactivant les fameuses Sentinelles (robots crée pour traquer et éliminer les mutants) suite à un évènement dont je vous passerais les détails. Ce qui compte n’est de toute façon pas la réaction du camp opposé mais bien celle des X-Mens et de son leader.
Le conflit qui oppose Cyclope et Wolverine dans cette histoire est similaire à celui qui sépara Captain America de Iron durant la Guerre Civile écrite par Mark Millar et dessiné par Steve Mc Niven. On pourrait la résumer à l’éternelle question de « La fin justifie t’elle les moyens » mais adapté au monde des X-Mens. Il ne s’agit donc pas de menaces contre les mutants mais de survie et direction à emprunter. Le Bien et le Mal sont questionnés, chacun prenant partie pour l’un ou pour l’autre en fonction de leur idéaux, tout comme à la grande époque quand Charles Xavier s’opposait à Magneto sur l’avenir de la race mutante face à l’humanité.
Le conflit n’a donc rien d’original mais il permet d’amener, et non de ramener, les mutants vers un questionnement différent, et aussi de donner naissances à des publications dont le contenu sera écrit par une nouvelle gamme de scénariste et de dessinateur talentueux. Le seul regret que j’ai vis à vis de cette histoire est son manque de cohérence graphique. Durant cette mini série de cinq numéros, chacun sont dessinés par des auteurs différent, enlevant du coup de la stabilité à l’histoire puisque si Carlos Pacheco est on ne peut plus apte à dessiner des personnages charismatiques et fort, tout comme Frank Cho (Liberty Meadows), la marge qui sépare ces deux là de Daniel Acuña (dessinateur du troisième numéro) est beaucoup trop large avec un style cartoony en opposition au semi réalisme de ses prédecesseurs. Au quatrième numéro on repasse entre les mains de Alan Davis (JLA – The Nail), pas très inspiré sur toutes les planches et on finit avec un Adam Kubert (Ultimate X-Men) dans les choux pour une scène de combat finale ennuyeuse. Le meilleur reste donc à venir avec des titres comme Wolverine and the X-Men, scénarisé par Jason Aaron et dessiné par Chris « je dessine moins bien qu’avant mais je fais de jolies pochettes d’albums de rap » Bachalo et la relance des Uncanny X-Men dirigé par Kieron Gillen (Thor, Phonogram) et dessiné par Carlos Pacheco. Les mutants seraient-ils repartis sur la bonne voix? Seul l’avenir nous le dira, mais je serais là pour le lire.





















Rah zut, je lis peu de VO du coup je me suis fait spoilé :p
Désolé mais en même temps c’était une information avec tellement d’implication dans les publications que tu n’aurais pas pu y échapper. De toute façon ce n’est pas la conclusion qui compte dans cette histoire, puisqu’elle est bien écrite, mais de voir la relation entre les personnages, les raisons et les motivation.
Je me doute ;)
J’avoue être un peu lassé de tous ces chamboulements sur l’univers Marvel (Secret Invasion, Siege, Dark Reign, Fear Itself, la mort de Johnny des FF, …) avec au final peu d’évolution globale que j’ai un peu laissé de coté les dernières sorties (je me suis arrêté à la fin de Dark Reign) pour me concentrer sur de la librairie et du DC (avec l’après Batman RIP).
Je ne trouve pas ces chamboulement ennuyeux de mon côté, je suis même fasciné par la manière dont tout s’imbriques. Certains évènements sont mieux écrit que d’autre, mais dans l’ensemble ce sont d’excellent block buster, divertissant et efficaces. DC tente de faire la même chose mais avec moins de réussite dans l’aspect grandiloquent et plus de drame personnel, ce qui fonctionne très bien avec Batman, et commence sur de très bonnes bases pour Superman dans Action Comics, Animal Man et Swamp Thing.
Du coup je vais essayer de chopper les derniers Arcs & Crossover parus, histoire de voir ce que j’ai loupé.
Cool, bonne lecture.