J’en ai vu des nanars, et des films de génie, mais The Warrior’s Way, c’est un peu le haut du paquet, je trouve. Enfin, tout est question de goût, on n’atteint clairement pas le niveau d’une version française d’Eaux Sauvages mais quand même, il y a du niveau !
Parlons-en, il s’agît donc d’un film américain réalisé par Sngmoo Lee. Je tiens à dire qu’un film américain réalisé par un coréen, sans vouloir être raciste, c’est dangereux… surtout quand celui-ci n’a rien fait d’autre. Attention quand même il y a de très bons réalisateurs coréens, je pense notamment à Hong Jin-Na et son magnifique Chugyeogja (alias The Chaser).
The Warrior’s Way c’est le conte de Yang un ninja-émo-bishônen japonais qui refuse d’accomplir une mission au cours de laquelle il doit tuer un bébé, parce que, comme dirait La Fille du Rock : « un bébé, c’est mignon, surtout le mien ». Il décide donc de s’enfuir vers un monde meilleur pour soustraire l’enfant et sa propre couenne à sa guilde de joyeux ninjas aux noms d’une grande qualité. Je citerais par exemple « The Sad Flutes, Cruelest assassins in the East » (Les flutes tristes, les assassins les plus cruels de l’Est). Quel génie onomastique !
Attention la suite contient des spoilers sur ce film, la surprise n’est pas très grande, mais vous pourriez vouloir vous en protéger en ne lisant pas tout… (Parce que pour ce prix je vous en dis plus) Aussi, pour éviter les spoilers passez tout de suite après la ligne.
Notre cher ninja s’installe donc dans une ville de western spaghetti qui sert de cirque et de fête foraine en construction. Il prend sous son aile une charmante demoiselle, Lynne, à qui il enseigne la voie du sabre (parce qu’elle veut se venger) et celle du… pieu ? (parce qu’il faut une histoire d’amour pour créer une tension dramatique). Ils vivent ainsi une vie heureuse, elle à s’entrainer, lui à ouvrir une blanchisserie (c’est le rôle de l’asiatique dans les westerns, pour les rolistes, on se croirait dans un Deadlands) et le bébé à… faire des trucs de bébé ! Pour éviter d’être retrouvé, il scelle son katana parce qu’il sent la mort (pour le détail disons qu’il a tué tellement que la lame crie et que les ninjas peuvent entendre ça s’il est sorti du fourreau, bref, il sent la mort).
Mais un jour les méchants cavaliers renégats dont Lynne veut se venger viennent semer la pagaille, jouer à des jeux stupides à base de pistolet et violer les femmes dont les dents ne ressemblent pas à des morceaux de charbon. Quand Lynne se retrouve en danger… se met en danger, il ne peut la laisser sans protection, défait le sceau et se reconvertit dans la boucherie. Bien sûr les soldats prennent mal le fait qu’on puisse faire des paupiettes avec les trippes de leurs amis et reviennent en force pour une bataille épique dont je vous passerai les détails et les scènes d’un kitsch assuré. Les ninjas ayant attendu des mois comme des couillons en attendant que leur détecteur de sabre qui sent la mort ne s’active débarquent en tombant du ciel sur les toits face à des soldats mécontents et des saltimbanques surpris. La bataille reprend allégrement après quelques mots (deux ou trois, pas plus, réalisateur coréen, pas japonais).
Une fois 90% des humains présents tués et une partie des restants aspergés de sang, Yang décide qu’il ne peut rester avec Lynne et le bébé car le sabre les mettra toujours en danger. Il s’enfuit donc au pôle nord parce que… bon on ne sait pas mais ça change au moins.
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Globalement, ce film a de grands mérites. Des effets spéciaux kitsch et rigolos, une histoire simple, téléphonée et rigolote et suffisamment de choses trop grosses pour être réalistes. A noter tout de même que si vous avez la patience et l’humour de le regarder jusqu’à la fin vous aurez le privilège de voir Yang tuer quelqu’un avec un poisson, et ça, ce n’est pas rien.
Très clairement, ce film me donne une envie saugrenue, je vous propose de laisser en commentaire votre nom de ninja personnel. Moi je serais « Le bide joyeux, l’assassin qui tue sans toucher sa cible ». J’offre à mon ninja préféré le DVD du film !



















Ca ne vaudra jamais les Cavaliers de Shaolin, une production chinoise sans un sou ou personne ne parle de Shaolin, ne monte à cheval (sauf l’espace d’un plan d’une seconde) et où la technique secrète du méchant est de plonger les mains dans de la peinture verte.