Contrairement a la plupart des styles présentés dans le cadre de ces articles de découverte, le sujet du jour est née aux Etats-Unis et a ensuite « contaminé » l’Europe et le reste du monde. « Contaminé » n’est pas le terme le plus glorieux mais il convient malheureusement bien à ce genre que l’on retrouve à tout les coins de rues et qui n’a pas donné lieu qu’à de bonnes surprises. Comme toute musique à la mode, elle a été faite à toutes les sauces et souvent avec aussi peu d’originalité qu’une table basse Ikea. Enregistré à la chaine, le metalcore est aujourd’hui synonyme de médiocrité tant la créativité des groupes du genre se fait pauvre. Pas de signe de renouvellement et une tournure vers des mélodies de plus en plus pop éloignent le style de ce qu’il était à l’origine, un vent de fraîcheur issu du milieu hardcore.
Quand on oublie ses origines, on se perd, et le manque d’originalité flagrant de ce qui descends aujourd’hui de Overcast en est la preuve tant ces grands-pères du genre sont aujourd’hui totalement écartés. Pourtant, la filiation n’est pas difficile à retrouver puisqu’au chant on trouve Brian Fair, qui parti ensuite dans l’un des groupes de metalcore les plus influents et populaire, Shadows Fall, et à la basse Mike D’Antonio parti ensuite fonder Killswitch Engage, groupe copier à plus savoir qu’en foutre. Le chapitre qu’écrivirent ensemble ces deux musiciens s’appela Fight ambition to kill (1997) et marqua la transition du groupe vers un son beaucoup plus metal et bien éloigné de la dynamique du hardcore.
Autre formation oublié et tout aussi essentiel, Aftershock et un album, Through the looking glass, d’où ne provient pas le titre ici présent que j’ai pourtant choisit car il est le seul témoin correct de la force de ce groupe. Encore une fois, la filiation avec la scène contemporaine est on ne peut plus facile puisque c’est Adam Dutkiewicz et Joel Stroetzel sont encore les deux guitaristes de Killswitch Engage et Tom Gomes exerça le rôle de batteur dans la même formation. Dans cette formation essentiel à l’avènement du metalcore ce ne sont pas les mélodies que l’on retient, tout simplement parce qu’il n’y en a pas, mais les mosh part devenu l’instrument préféré de la plupart des formations avec un suffixe en core. Copié à l’infini, elles avaient une puissance que ne retrouvèrent pas ensuite les formations suivantes à force d’être copiés comme une bande d’étudiant trop fatigué pour avoir bachoté et pas assez malin pour se faire leurs propres anti-sèches.
Overcast + Aftershock = Killswitch Engage. Autant dans la composition du groupe que dans les éléments principaux de leur musique, c’est à dire des mélodies vocales enlevés et de grosse mosh part grasse, Killswitch Engage représente la fusion de ces deux formation pour donner cet album, leur premier, Alive or just breathing (2002), dernière trace d’originalité d’une formation qui ne cessa par la suite de se copier jusqu’à surligner les parties mélodies et et en oublier l’agressivité qui donnait beaucoup plus de forces à leurs refrains.
D’après les dires d’un membre de Sick of it All dans un vieux interview, les membres de Vision of Disorder était, à son grand dam, très fan de Korn. Cet intérêt pour le quintet de Bakersfield, fameux pour leur mélange de riffs groovy et de chant à la mode new wave, serait peut-être l’explication nécessaire pour expliquer ce premier disque éponyme (1996) entre le New York Hardcore et les mélodies maladives de Tim Williams qui ne cesse de gémir que pour éructer de rage. Tout comme Overcast mais avec une influence metal beaucoup moins prononcé, le mélange des mélodies aux riffs metal et à l’énergie hardcore, Vision of Disorder réussit le compromis que beaucoup trop ont ensuite tentés de copier en essayant de souligner encore plus la dichotomie des deux styles de voix sans atteindre l’émotion et l’efficacité de ces premiers disques de ce qui est par la suite devenu un « genre » quand il ne s’agissait que d’une touche personnelle.
Après que la quasi totalité des membres du groupe d’origines soient partis pour devenir prêtre, Jesse Smith voulu tout de même continuer à faire vivre l’aventure appelé ZAO et recruta des membres parmi les fans et les musiciens proches du groupe. Quelques titres de composés, une tournée d’effectués et ils partirent en studio pour enregistrer un album essentiel dans l’histoire du metalcore, Where blood and fire brings reign. Sur le papier, ZAO ne serait rien de plus qu’un groupe née à la même époque qu’Overcast mais ce qui les distingue du reste est la foi que dégage cette formation, d’abord chrétienne puis ensuite totalement détaché d’une quelconque identité religieuse. Rejeté par la scène hardcore, l’isolement et la fragilité des jeunes musiciens donnent aux mélodies et aux riffs une fragilité et une frénésie démentielle. Paradoxalement à la foi chrétienne que partage les membres du groupe, les hurlements de Dan Weyandt rappellent ceux du dragon défait par St Michel tandis que les riffs s’enflamment d’une colère vengeresse. Cette intensité, le groupe continuera de la cultiver à travers de nombreux disques tout différent les uns des autres comme aucune des groupes de cette liste ne réussirent à le faire.

















