Dragon Head, un monde où la nuit n’a pas de fin

Enfin réédité par Pika, Dragon Head fait partie des histoires les plus terrifiantes que mon jeune esprit ait enregistré. Il y a surement une dizaine de cela, mon frère (ainé de cinq ans), passionné de culture horrifique et fantastique, m’avait fait découvrir cette série. En la feuilletant, j’avais vite compris que je n’étais pas encore près à lire ce type d’histoire, trop dérangeante et violente pour mes jeunes années, pas encore habitué à prendre la peur comme un sentiment comme les autres dont on peut tirer un intérêt quand il est consommé sous la forme d’une histoire intrigante.

Pourtant, après qu’il ai récolté une bonne partie des volumes, je m’étais décidé à lire, a faire taire ma curiosité en lui donnant une réponse, même si je savais que je n’allais pas l’apprécier. Décidé, j’avais pris les volumes et m’était mis dans mon lit pour commencer la lecture des huit tomes en une seule fois, tout ça afin de mettre derrière moi ce pan de la bibliothèque que j’évitais. Un sentiment de grisaille m’avait alors envahis. Dévorant toute mon attention, incapable de me détacher de l’histoire, je suais à chaque page et continuait pourtant de les tourner en attendant d’avoir une réponse à cette folie … qui n’était malheureusement jamais venu à défaut d’avoir la fin de cette histoire!

Aujourd’hui, je peux enfin revenir sur cette histoire et la prendre pour ce qu’elle est sans avoir de doute quand à ma capacité à la comprendre. Dragon Head, manga que je recommande fortement, ait à déconseillé a tout ceux pour qui les extrêmes de la psyché humaines sont des choses terrifiantes. Minetaro Michizuki, tout comme Junji Ito, savent que même si l’enfer est peuplé de démons, les plus effrayant sont parmi nous et se réveillent dans les situations les plus extrêmes. Un accident de train par exemple.

Au début de l’histoire, la classe de lycéen dont fait parti Taru Aoki, revient d’une excursion pour retrouver leurs parents et leur classe. Une perspective peu engageante pour des adolescent, qui vaudrait mieux pour eux que ce qui va leur arriver. A peine entrée dans un tunnel, Aoki semble voir quelque chose dans le ciel, et puis plus rien. L’obscurité. Et le tremblement de terre. Une secousse terrible qui projète les adolescents partout, brise les vitres et cause une catastrophe incroyable. De cet accident, seul trois enfants survivent. Deux garçons et une fille, blessés, affamés, assoiffés et surtout piégé sous un tunnel qui les empêchent de voir ce qui se passe à l’extérieur, et aux secours de venir. Mais viendront-ils? Car à la radio, Aoki arrive a entendre des bribes d’un messages annonçant l’état d’urgence dans tout le pays…

Une situation qui va aller de mal en pis, dépasser les limites des jeunes enfants et les pousser à tout faire pour survivre. L’aventure avance lentement mais elle permet de prendre conscience de tout ce que le monde réserve à ces héros dans un univers post apocalyptique ténébreux. Le trait de Mochizuki appuie les expressions de terreur des personnages, créant une tension constante dans un univers d’obscurité où le jeu du noir et blanc propre au manga est on ne peut plus approprié. Les personnages prennent conscience de la dangerosité de la situation dans laquelle ils se sont retrouvés en même temps que le lecteur et la folie de contaminer de plus en plus les jeunes ados qui doivent progressivement faire le deuil de leur ancienne vie et apprendre à vivre ensemble dans un environnement hostile. A la clé, un début de réponse à la folie environnante qui éprouvera autant le lecteur que les héros de papier. Une histoire sur la part la plus sombre de la nature humaine et sur la survie. Un produit purement japonais, unique et fantastique, qui est heureusement de retour en librairie dans une édition plus grande et respectueuse de l’œuvre original. Le public sera peut-être plus près à une telle histoire aujourd’hui? A ce stade on pourrait presque espérer une nouvelle traduction de Naru Taru (manga hors norme édité pendant deux volumes par Glénat avant qu’ils ne se rendent compte qu’ils n’avaient pas entre les mains une oeuvre enfantine et innocente mais très inquiétante).

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. 27 novembre 2010 à 11:34 #

    Vraiment un excellent manga super sombre et pessimiste à souhait !!
    Faudra que je le relise à l’occaz ^^

  2. 8 décembre 2010 à 15:11 #

    superbe serie, c’est cool que ce soit réédité. Dommage qie la fin te laisse sur ta faim.

    n.b. : ce mec dessine ultra bien les baskets

  3. 8 décembre 2010 à 15:15 #

    Me dit rien, j’ai jamais lu le dernier volume.

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