Festival de Gérardmer : Day 2

Après la mise-en-bouche d’hier, ce 2ème jour de festival est déjà plus copieux : je me suis programmé pas moins de 4 films ! Beast, the Day, la Maison des Ombres et juste après un hommage à Ron Perlman, Pastorela.

C’est donc après une nuit un peu difficile que dès le matin (11h… héhé), je me dirige vers l’espace Lac pour démarrer ma journée avec Beast, de Christoffer Boe, un réalisateur danois.

Beast c’est l’histoire d’un amour dévorant. Bruno et Maxine sont mariés, amoureux et s’achètent un bel appartement pour fonder une famille. Mais le temps étiolant les passions les plus brûlantes, Maxine tombe amoureuse de leur ami fleuriste et le prend pour amant. Le jour où Bruno le découvre, quelque chose commence à se transformer en lui et à le dévorer littéralement de l’intérieur.

 

Alors il faut bien l’admettre, le sujet de l’histoire d’amour qui dévore un être et le pousse à la folie, c’est du déjà-vu. Mais dans Beast, j’ai trouvé que la notion de transformation psychologique et physique était tout de même bien mise en scène. On voit Bruno changer, basculer doucement dans l’obsession et on en vient naturellement à prendre peur quant aux conséquences de cette transformation. De plus, la beauté primaire de son amour puis sa froideur soudaine (amour égoïste « Je veux qu’elle soit en moi ») est parfaitement illustrée par les paysages de cette ville danoise enneigée, un peu onirique. Donc pour moi un film fort, malgré des personnages secondaires un peu mous et quelques défauts de construction.

A peine le temps d’avaler une saucisse-frites et retour à l’espace Lac pour The Day, de Douglas Aarniokosk (US), qui est ici projeté hors compétition.

The Day est un énième film post-apocalypse dont les atouts résident surtout dans le casting (Dominic Monaghan et Shawn Ashmore pour ne citer qu’eux) et la façon dont ils appréhendent les notions de survie. Ici, point de zombies irradiés, de plantes meurtrières ou de créatures cauchemardesques. Les notions de bien et de mal n’y sont pas évidentes et l’ultra-violence omniprésente.

 

 

Ce qui m’a déplu dans The Day, c’est cette lenteur à démarrer et cette approche un peu trop ‘à la mode’ d’appréhender le genre post-apocalyptique. On prend quelques acteurs en vogue, on rajoute un filtre sépia et on vous sert un truc pré-digéré sur un joli plateau. De plus, la psychologie des personnages est à peine effleurée, là où à l’image d’un Walking Dead, il aurait été intéressant de plonger dans les tréfonds de l’esprit de ces survivants. Ce qui m’a plu paraîtra donc minime à certains : des scènes d’action énergiques, désespérées, très violentes, qui donne une bonne image de ce que des gens normaux peuvent être capables de faire pour tenter de sauver leur vie. Donc un film un peu entertainement, à voir en laissant son cerveau à la maison, mais que l’on peut tout de même apprécier.

Et dans la foulée, je reste sur place et m’installe à nouveau dans ces sièges peu rembourrés pour assister à The Awakening ou la Maison des Ombres en français.

La Maison des Ombres de Nick Murphy, est une histoire de fantômes classique qui prend place dans une Angleterre sortant de la première guerre mondiale. Florence est une veuve érudite, plus ou moins détective paranormale qui va se retrouver à enquêter dans un pensionnat pour garçons hanté.

Le personnage de Florence Cathcart a été pour moi une vraie bonne surprise. En effet, ça n’est pas tous les jours qu’on croise une telle femme : malgré son passé douloureux, elle se bat, reste fière et ne s’en laisse pas compter. Du coup, malgré une assez basique histoire de fantôme, on s’attache à elle, à sa beauté, sa fragilité, on tremble pour elle peut-être plus que l’on ne prête attention aux autres personnages, voire à l’histoire, assez limitée en fait. Donc j’avoue imblement que j’ai aimé Awakening (le titre en VO) pour une femme, un personnage touchant, une histoire poignante, plus que pour son scénar sans surprise, ses twists sans réelle saveur… oui je suis faible (et pas très objective).

Et pour finir la journée en beauté, un magnifique hommage à la carrière de Ron Perlman (Le Nom de la Rose, Alien, Diablo…) en présence de Jean-Jacques Annaud et de Jean-Pierre Jeunet. Et tout de suite après, Pastorela de Emilio Portes.

Alors pour la petite histoire, Pastorela est la traduction de Pastorelle, des petites pièces de théâtre religieuses censées relater la tentative de Lucifer pour éloigner les fidèles de Jésus. Chucho est un flic un peu véreux mais surtout Le Diable de la pastorelle de sa paroisse. Aussi, quand le nouveau curé débarque et donne le rôle à un autre, l’agent Juarez voit rouge et tout va très vite tourner en eau de boudin.

Car on rentre dans une histoire totalement grotesque (en même temps c’était le but) où un homme, un représentant de la loi, va perdre la raison pour une histoire de rôle dans une pièce de théatre de quartier. Des personnages grotesques (un taxi amoureux d’une bonne soeur, un curé exorsiste ordurié…) dans une histoire grostesque… donc assez dans le ton. Donc moi je suis pas fan du style (pour comprendre quand c’était drôle, je devais écouter les rires de mes voisins) mais je peux tout de même admettre que c’est un bon exemple du genre. Un humour douteux, des giclés de vomi et de sang, des religieux qui blasphèment à tout va… certains aime, moi je n’aime pas.

J’ai hésité à aller voir The Incident, mais assez fatiguée par cette journée j’ai préféré rentrer pour écrire mes articles… et j’ai bien fait puisque mes collègues blogueurs sont rentrés unanimes (pour une fois !) : le film était nul ^^’
Teasing day 3 : Comforming Skin de Derek Franson, Hell de Tim Fehlbaum, EVA de Kike Maillo et peut-être Mother’s Day de Charles Kaufman si j’en ai encore la force.

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Auteur:Kasilla

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