Ghostride – Cobra sunrise (Destruktor) 2004

Quand on vit à Sacramento on n’en sort que de deux manières : les pieds devant ou dans un van. La profusion de groupes s’explique ainsi parfaitement et l’on peut remercier le vortex qui semble habiter cette ville des Etats-unis de nous avoir fait profiter d’aussi bons groupes que les Deftones, Trash Talk, Far ou Will Haven. Ces derniers n’ont malheureusement jamais eu une existence facile entre un chanteur charismatique, Grady Avenell, incapable de se décider entre sa carrière de chanteur dans un groupe fantastique mais ignoré par le public américain (alors qu’ils sont vénérés en Angleterre comme le prouve des groupes comme Earthtone 9, Mahumodo ou Charger, massivement influencés par ces américains) et celle de shérif, à laquelle il s’est tout de même consacré le temps que le groupe enregistre « The hierophant » avec l’ancien chanteur d’un groupe punk local Red Tape (auteur d’un album sorti chez Roadrunner), Jeff Jaworsky.

Avant que Will Haven redevienne Will Haven suite au départ de Grady Avenell, il y eu tout de même une période troublée pendant laquelle ils se séparèrent pour mieux se retrouver avec un autre chanteur, sous un autre nom, celui de Ghostride. Ce fut Rey Osburn de Tinfed qui saisit le micro et emporta ces nouvelles compositions, à mi-chemin entre un stoner boosté et le noisecore de Will Haven, vers des territoires bien plus mélodiques que ceux que le groupe explorait avec le néanmoins fantastique hurleur qu’est Grady Avenell.

Les lignes mélodiques, à mi-chemin entre le post rock et le noise de Jeff Irwin interviennent dans pratiquement tous les morceaux comme l’un des points d’orgue de ceux-ci tandis que toute la cohésion du groupe est soutenue par la voix de Rey Osburn (très influencé par celle de Chino Moreno des Deftones dans un registre plus grave). Toutes les marques du son de Sacramento sont donc massivement présentes sur tout ce disque pourtant visiblement méconnu car très loin de la puissance des disques de Will Haven, déchirés par les hurlements de Avenell et les riffs titanesques de Irwin.

« Cobra sunrise » est pourtant non seulement un disque rempli de titres formidables, alternant entre des rythmes entrainant (« Star magic », « Diamond hawk ») et des semi-ballades au rythme à la fois doux et lourd baignant d’une légère mélancolie (« White wings of death », « Snowflakes that kill »). « Cobra sunrise » est aussi le chaînon manquant dans la discographie de Will Haven qui permet d’expliquer le revirement de production entre un « Carpe diem » éléphantesque, et un « The hyerophant » à l’inverse plus dynamique et proche du son des Deftones (la présence de Chino Moreno à la prod de ce disque étant un début d’explication) que de Crowbar. A découvrir ou à redécouvrir. De plus, Will Haven semble, enfin, être de retour avec Avenell au chant et il serait dommage de passer à côté de l’un des chapitres les moins célébrés, à tort, de leur discographie.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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