Giochi d’Estate – Festival du Film Italien de Villerupt

C’est malheureusement en courant que j’ai participé à la 34ème édition du festival du film italien de Villerupt. Détail insignifiant pour vous lecteur mais qui me chagrine suffisamment pour livrer ces quelques chroniques presque à regret.
Origines ou non, Villerupt évoque pour moi plus qu’une rencontre, plus qu’un évènement.
Ce festival est à la fois une fierté en Lorraine, un moyen – par ces temps qui courent depuis trente ans – de braver la mort du Pays Haut sur le déclin avec l’arrêt de la sidérurgie mais aussi un passage culturel d’envergure dans la plongée soudaine vers l’hiver.

Villerupt c’est aussi pour moi des souvenirs majestueux, des films à donner la chair de poule, à faire se tordre de rire et pleurer aux larmes. Un souvenir vivace de ce groupe de femmes, sobrement appelé il « Coro delle Mondine di Novi ». Repiqueuses de riz, ancêtres de quatre vingt printemps, fortes sur leurs jambes, face à nous. Un instant magique.
Alors forcément, quand ma voiture s’arrête ce 31 octobre dans les rues de Villerupt, face aux habitations similaires, rassurantes et lasses à la fois, c’est toute une histoire qui ressort et me prend à la gorge. Vu l’heure, pas le temps de faire de sentiments, je cours au bureau de presse installé dans l’Hôtel de Ville, échange quelques mots avec l’organisation toujours aussi impeccable et agréable et repart en courant à quelques encablures au Cinéma Rio (dans ces cas-là, on apprécie les évènements dans des petites villes).

 

Cette année, le thème s’est arrêté sur la cité de Naples et cette maxime « Voir Naples et sourire ». C’est une nouvelle fois le dessinateur lorrain Baru qui s’est chargé de l’affiche, honoré l’an dernier du grand prix du festival de BD d’Angoulême et président comme le veut la tradition de l’édition 2011 qui s’est tenue en janvier dernier. J’ai beau ne pas connaître le cahier des charges entourant cette affiche, je la trouve un peu « facile » et répétitive par rapport aux précédentes créations de l’enfant lorrain (vue de face, 3-4 personnages, mur en fond portes et fenêtres incluses). Qu’importe.

Le premier film est en compétition pour l’Amilcar de la presse, présenté en avant première au festival. Il s’agit de Giochi d’Estate (jeux d’été) du réalisateur Rolando Colla.
Le film s’attarde sur les vacances en camping d’une bande d’enfants, issus de trois familles distinctes. Secrets de famille, problèmes de couples, violences, incompréhension. Les parents multiplient les entorses à l’union parfaite et leur progéniture, tout en s’éloignant physiquement de ces problèmes y reviennent au travers de leurs jeux. Là transparait toute la question de l’apprentissage personnel, du mimétisme, de la reconnaissance de modèles forts (et justes ?).

Violence, amitié, amour, désir et questionnements rythment ce long-métrage tantôt attendrissant, tantôt simplement effrayant de réalisme et douloureux de justesse. Nic, douze ans, personnage principal et fils d’un père violent est au centre de ces tiraillements. Se construire et développer ses sentiments envers Marie ou se laisser aller à l’expulsion rédemptrice de ce mal par un mal plus sourd ? Violence physique, violence verbale, Giochi d’Estate aborde au travers d’une fresque estivale de nombreux maux qui ronge nos sociétés, empêtrées dans ces comportements bien trop humains.

A la fois du rire donc, des souffrances vivaces et une tendresse maîtrisée. Une bonne note supplémentaire pour le festival en somme.

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Auteur:uGo

Musicien malgré lui depuis l’âge de ses 6 ans, survivant d’une école d’art, plongé à ébullition dans le digital, Ugo par mégalomanie aime bien parler de lui à la troisième personne. Après plus de 3 ans à profiter gratos de concerts et festivals en prétextant y faire quelques photos et un article par-ci, par-là, l’hurluberlu voyageur n’a toujours pas compris que cumuler projets associatifs et bénévoles ne nourrit pas son homme. Qu’importe, le but du recrutement ici était de boire des coups ! Au-delà des pitreries, la musique, l’art et la culture sont ses grandes marottes, et tout projet allant dans cette direction titillera ses sens aiguisés et en alerte (épatant non ?).

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