Habemus Papam – Festival du Film Italien de Villerupt

Entre les films en compétition et ceux centrés sur le thème « Voir Naples et sourire », le festival du film italien de Villerupt accueille également en son sein une catégorie « Panorama » regroupant des films en distribution ou en avant-première hors compétition. Parmi ceux-ci, on retrouve le tout récent (cqfd) « Habemus Papam » de et avec Nanni Moretti.

Déconcertant est certainement le premier mot qui m’est venu durant tout le film et même après le film. Je pense ne pas avoir à revenir sur l’intrigue, tournée autour du refus soudain d’un cardinal d’accéder à la fonction suprême de Pape. Bien qu’installé au Vatican, c’est toute une pyramide hiérarchique qui s’écroule, emportant avec elle la peur de la fonction tout comme le refus du sens des obligations. Savoureux et dérangé à la fois, on suit le génial autant qu’irritant Michel Piccoli dans le rôle du cardinal récalcitrant, échappant à ses geôliers de pairs et profitant de l’aparté pour redécouvrir la vie réelle au travers des rues de Rome.

Face à lui un psychologue victime de son succès, soudain contraint de partager le quotidien de ces êtres alors retombés en enfance que sont les cardinaux du monde entier. Intronisant le jeu comme gain de temps autant que développement de soi, Nanni Moretti s’improvise alors entraineur et coach, arbitre tout autant que confident.

Le travail de cadrage est élégant et la retransmission de l’intimité de l’élection est remarquable, mais celui qui fut déjà récompensé à Cannes n’est pas en manque de qualités ni d’un entourage compétent.

Les atermoiements du cardipape finissent cependant par donner le tournis et les pitreries affichées par les chargés de communication afin de convaincre tant le peuple que les religieux de l’absolu contrôle de la situation ont leurs limites. Bien que non prévu pour taper sur la religion, le film assène au passage quelques petits taquets disséminés avec justesse et gourmandise, plaisant à regarder.

Mais plus largement, c’est véritablement cette question d’oser supporter une fonction qui nous échappe qui ressort de l’œuvre, la fonction désirée ou redoutée pouvant alors finir par dévorer l’âme même du personnage, celui-ci se glissant dans sa condition encadrée, à l’image du garçon de café qu’évoquait en son temps Jean-Paul Sartre.

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Auteur:uGo

Musicien malgré lui depuis l’âge de ses 6 ans, survivant d’une école d’art, plongé à ébullition dans le digital, Ugo par mégalomanie aime bien parler de lui à la troisième personne. Après plus de 3 ans à profiter gratos de concerts et festivals en prétextant y faire quelques photos et un article par-ci, par-là, l’hurluberlu voyageur n’a toujours pas compris que cumuler projets associatifs et bénévoles ne nourrit pas son homme. Qu’importe, le but du recrutement ici était de boire des coups ! Au-delà des pitreries, la musique, l’art et la culture sont ses grandes marottes, et tout projet allant dans cette direction titillera ses sens aiguisés et en alerte (épatant non ?).

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