Haut les flingues – The Expandables

Monsieur Stallone fort de son come back en grande pompe après avoir enchainé coup sur coup les excellents Rocky Balboa et John Rambo, retrouvant sa célébrité perdue en mettant un point final (et un regard humble, lucide et touchant) à deux sagas mythiques parties dans tout les sens, nous revient avec un projet bien alléchant : rendre hommage aux films d’actions oldschool des années 80 et convier à la fête ses copains Jason , Jet Li , Dolph Lundgren, Randy Couture, Terry Crews, Bruce Willis et Arnold Schwarzenegger. Vu le cast sous testostérone on était en droit de s’attendre au film d’action de la décennie. Ou bien à un gigantesque pétard mouillé.

Y’a deux façons d’aborder ce film : La première c’est de considérer froidement ce qu’il est réellement, la deuxième c’est de fonctionner purement sur la nostalgie.

Car soyons honnête The Expandables n’est pas le grand film d’action annoncé. Le principal bémol revenant à sa réalisation :

Sur John Rambo l’utilisation de la shaky cam (méthode qu’on retrouve sur des séries comme The Shield ou la trilogie Bourne de Greengrass) était parfaitement justifié en plus d’être maîtrisé mais ici une gestion de l’espace moyenne et parfois brouillonne dessert plus les combats qu’elle ne les magnifie. Certaines séquences sont purement illisibles à cause d’un montage overcutté, décidément tendance et tenace dans les productions actuelles dès qu’il s’agît de métrage musclé. Un postulat de départ un peu décevant pour un film qui se veut être un hommage/revival aux actioner 80′s. Ajoutons aàça un gros soucis d’ordre scénaristique notamment sur le traitement des personnages. Certes l’histoire est un prétexte à la baston mais le minimum syndical c’est de donner suffisamment de consistance à ses protagonistes pour que le spectateur accepte de le suivre dans ses péripéties explosives. Ici la plupart des expandables passent à la trappe (l’impressionnant de présence Crews malheureusement peu exploité) au profit du duo Statham/Stallone, avec en bonus une scène touchante et sur mesure pour Mickey Rourke. Ainsi Statham se voit affublé d’un background avec sa petite amie incarnée par Charisma Carpenter en début de film pour déboucher sur…que dalle puisque Jason passe au second plan durant le dernier acte. Un exemple qui illustre bien la relative ossature des personnages : tout est amené de manière maladroite sans que cela ait une influence sur le récit , rendant ces scénettes inutiles.

Ainsi la rencontre Arnold Schwarzenegger/Bruce Willis/Sylvester Stallone est certainement un bonheur pour les nostalgiques et le double dialogue orienté private joke/cour de récré, bien que parfaitement assumé comme tel pourra en laisser certains sur leur faim.

Cette ambiance collégiale, généreuse et bon enfant se retrouve tout le long du métrage. De ce côté là rien à redire. On sent que Sly et ses potes prennent du plaisir à faire leurs pitreries, l’objet est sincère et honnête en plus de faire preuve d’une grande tendresse envers ces bad guys du passé. Mais le rendu peut s’avérer frustrant, tant les tentatives de réflexions sur le genre et l’archétype de ces héros reste à l’état d’ébauche microscopique en plus d’accuser de nombreuses coupes tant au niveau du récit qu’au montage (et dont le Director’s Cut à intérêt à rehausser le tout).

Car comme le laisse supposer diverses informations et notamment un futur reportage qui s’annonce passionnant, la production de The Expendables fut bordélique à souhait. N’ayant pas toute les cartes en mains , difficile de dire si le tournage en est la cause ou si Sly manque de recul (certainement des deux).

Néanmoins une chose importante se doit d’être notée : dans une période où on nous vend du héros métrosexuel sérieux et torturé il serait injuste de bouder son plaisir devant un film qui sent le rock n roll, le vrai, celui qui jure comme un charretier et qui met des mains aux fesses avec un sourire malicieux qui pétille. Oui c’est poussif, oui la plupart des dialogues sont autant de coup de coudes pas subtil envers le spectateur (oubliez la VF et préférez la VO) mais le parfum complice et bigger than life d’un tout, qui ne se prend pas au sérieux et fait un remake de la troisième guerre mondiale dans son final, permet au spectateur de se prendre du bon gros divertissement bien fendart  à défaut d’être un chef d’oeuvre. Et c’est ce qui empêche le film de sombrer dans la case navet.

Finalement, The Expandables renoue avec les qualités et les défauts des films auxquels il prétend faire hommage. Un résultat à double tranchant puisque le plaisir et le fun sont au rendez vous mais ne va pas péter plus haut, confinant la bête à rejoindre le camp des déviances sympathiques comme Commando et compagnie. A vous de juger si ça vaut le coup de le voir en fonction de vos attentes mais n’espérez pas plus qu’un film bourrin et décomplexé, qui ne tire pas son épingle du jeu mais reste fun.

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