[Hellfest 2012] Anaal Nathrakh, la rage et la mélodie à leur paroxysme

Dans une nouvelle série d’article en attendant le Hellfest de 2012, je vous propose de découvrir certains des artistes qui seront présent sur cette très belle affiche que nous propose une nouvelle fois l’un des plus grands festival Metal d’Europe et que nous avons la chance d’avoir sur notre territoire. Car il ne faut pas croire, ce n’est pas parce que les Etats-Unis se tapent toutes les grosses tournées que des fans ne nous envie pas ce petit bout de France pendant la semaine du Hellfest grâce à une assemblée de groupe parfois rare et souvent plus hétéroclites que la plupart des festivals outre atlantique.

L’un des groupes annoncés pour cette nouvelle édition est Anaal Nathrakh, un nom tiré d’une formule récité par Merlin dans le film Legend de Ridley Scott, propagateur de gros black metal cradingue mélangé à une rythmique grindcore. Pas le genre de groupe a faire dans la dentelle. Bien que leur prestation live se fasse moins rare, à l’origine il n’y avait aucune envie de jouer devant un public leurs compositions. Composé à l’origine de deux membres, Mick Kenney (Mistress, Professor Fate et fondateur du label FETO Records avec Shane Embury de Napalm Death) pour tout les instruments, guitare, basse et programmation de boite à rythme ainsi que la production, et V.I.T.R.I.O.L. (aka Dave Cunt dans Mistress, de son véritable patronyme Dave Hunt, aussi chanteur dans Benediction) pour la voix.

Une voix inimitable et enragé dans laquelle on sent glisser toute la bile qu’il rejette en crachant ses paroles aussi incompréhensibles qu’efficace pour dégager la rage à l’état pure de ce groupe. A l’origine donc, il n’était que deux pour composer, et ils le sont encore, les autres membres provenant de formations diverses (dont le guitariste à l’origine du projet Grindcore Fukpig, ancien guitariste de Mistress). Un premier album, the Codex Necro, les mis sur le « devant » de la scène et depuis plus rien ne réussit à les en détacher avec une production constante de disque toujours solide. Leur musique n’évolue que très peu d’album en album mais suffisamment pour bien différencier chacun d’entre eux. D’ailleurs, depuis leur deuxième disque, Domine non es dignus, du chant clair est venu s’ajouter au registre du produit chimique qui occupe le micro, de quoi donner un côté très Emperor à certains de leurs morceaux.

Quand à la batterie, elle n’est plus seulement reproduite artificiellement mais n’a pas réduit de vitesse. Le son est par contre beaucoup plus propre que sur leur premier disque, preuve de l’efficacité de Mick Kenney en tant que producteur, afin que l’agression sonore d’Anaal Nathrakh ne réduisent pas mais soit auréolé d’une propreté que l’on croirait venu d’une grosse production américaine pour un quelconque groupe à la mode. Oui, Anaal BNathrakh est un groupe fait de contradiction, violent et dérangé et tout aussi capable d’élever des mélodies puissantes à la voix ou à la guitare.

Leur dernier album, simplement intitulé Passion, continue dans cette ligne droite que ces britanniques continuent de parcourir sans jamais se faire rattraper. Pour les avoir vu en concert à deux occasions, à Londres en ouverture de Testament et en République Tchèque au Brutal Assault Festival de 2009, je peux témoigner de la force de frappe du quintet et de la gratitude qu’il dégage envers leurs fans entre des salves de black metal surpuissant qu’ils assènent à leur public. Sans maquillage de panda, sans pseudonyme et sans hésitation l’un des groupes de black metal moderne le plus taillé pour la scène.

En bonus, une vidéo qui prouve à la fois que le groupe n’est pas incapable de rire de lui-même, avec une prestation de Mistress, groupe de sludge où l’on retrouve Dave Cunt/Hunt/V.I.T.R.I.O.L. au chant et Mick Kenney à la batterie, pour l’émission comique anglaise Never mind the buzzcocks pour qui ils ont joués de chant de Noël version grindcore.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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