Les styles changent au fil des époques sans que le groupe est besoin de faire évoluer sa propre musique, tout dépend de la mode et du contexte, c’est à dire des groupes avec qui il tourne. Dans le cas de Darkest Hour on est passé du thrash au metalcore jusqu’au deathcore aujourd’hui sans prévenir le groupe qu’ils ne jouaient plus le même metal inspiré par les débuts de The Haunted dans une version plus punk.
L’aventure Darkest Hour remonte quand même à 1995, bien avant l’entrée en vigueur des normes qui obligent chaque groupe de jeunes a porter au moins une casquette New Era, pomper quelques riffs à At the Gates et jouer au moins une mosh part dans chaque chanson. Quand les jeunes musiciens qui formeront par la suite Darkest Hour font leurs premiers concerts, ils jouent un style de metal hardcore à la Earth Crisis très standard. C’est la rencontre avec un batteur, Ryan Parrish, plus influencé par le hardcore et l’ajout d’un guitariste, passionné de groupes suédois comme In Flames et Dark Tranquility, qui vont fixer le genre de musique que le groupe va jouer : du death metal mélodique rapide et énergique.
L’aventure commence donc véritablement, après un premier EP très dispensable, avec l’album The Mark of the Judas (2000), un disque toujours aussi fracassant pour tout les amateurs de death mélodique moderne déshabillé de tout l’habillage pop qui occupe tout l’espace sur les disques les plus récents de In Flames. La voix nasillarde et raclé de John Blackmore Henry est encore l’une des marques de fabrique du groupe et ses paroles font preuve d’un certain engagement politique. Le deuxième disque, So sedated, so secure (2001) continue dans une veine similaire avec moins de fougue que sur le précédent. On y retient quelques titres agréables comme le la chanson éponyme et No closer than a stranger mais globalement c’est un disque assez décevant.
(extrait de The Mark of the Judas)
Le gros choc et le meilleur album du groupe jusqu’à ce jour vient après en 2003 avec la sortie de Hidden hands of a saddist nation. Le groupe se voit rejoindre par des guests qui ne font pas que trahir leurs influences mais les place dans la même lignée que At the Gates et In Flames à leur meilleur pour un album enragé accompagné de Thomas Lindberg (At the Gates, Grotesque, Lock Up) sur The Saddist nation où l’on peut constater la ressemblance des voix des deux chanteurs. Quand au dernier titre, un instrumental que j’ai personnellement désigné comme le titre que je souhaiterais entendre lors de mon enterrement, Veritas aequitas, ses douze minutes de metal ont droit à deux solos joués par Anders Bjorler (At the Gates, the Haunted) et Peter Wichers (ex. Soilwork et membre fondateur du groupe). Entre les deux tant de titres ressortent que ce serait touts les nommer que d’en faire le tour. Je retiendrais toutefois l’avant dernier et son riffs destiné a faire voler les cheveux et son final apocalyptique, The Patriot virus, toujours autant l’un de mes préférés de leur discographie.
(extrait de Hidden hands of a Saddist nation)
Après cela, le groupe m’a progressivement moins intéressé à mesure que le death metal mélodique me lassait et que la voix de John Blackmore Henry tournait vers des mélodies peu maîtrisé de par son registre très limité. Je ne désavoue toutefois pas le groupe dans son intégralité et malgré le départ de l’un des guitaristes fondateur, Kris Norris, parti faire carrière en solo avec peu de succès, j’ai pu constater avec leur dernier single que leur style n’avait pas changé. Les modes changent et Darkest Hour reste fidèle à ses influences tout en gagnant les dénomination de leurs voisins de tournées. Alors quand vous ouvrirez votre livret en arrivant au Hellfest, vous trouverez peut-être ce groupe sous des noms de genre très variés mais sachez que si vous aimez The Haunted, Soilwork, the Haunted et Dark Tranquility vous ne serez pas plus dépaysé que les fans de August Burns Red ou Parkway Drive à qui il manquera juste des mosh part pour remuer les bras.
(extrait de The Human romance, sorti en 2011)


















