Je me suis déjà penché sur le cas de Emmure dans un article sur l’évolution du deathcore vers le néo metal. Toutefois, il me semble utile de revenir un peu sur la carrière d’un groupe devenu très important sur cette scène, grâce en partie à la controverse qui accompagne leurs sorties, décriés massivement par des amateurs de deathcore surproduit et banale, ainsi que tous ceux qui ne supportent pas le style wigga du chanteur, Frankie Palmieri, véritable troll sur patte.
Ce serait faire trop d’honneur à ce groupe que de parler de tout ses disques tant ils se ressemblent. Au rythme de un an par an, à l’exception de l’année 2010, Emmure a déjà enregistré quatre album, tous sorti sur Victory Records, label historique de la scène metal hardcore (Integrity, All Out War) qui a su surfer sur les différentes vagues en passant de l’émo (Fall Out Boy), au deathcore (Emmure), jusqu’à l’easy core (A Day to Remember) avec comme constante une traînée de procès pour non paiement de royalties à ses groupes les plus vendeurs qui sont ensuite parti signer ailleurs et ne plus avoir à faire avec Tony Brummel, président fondateur détesté de pratiquement tous ceux qui ont eu à faire avec lui (groupes et employés y compris).
Il n’y a donc rien pour sauver Emmure des jets de pierre des gardiens du bon gout sur les forums d’internet, ainsi que sur des sites comme Metal Sucks, friands de cible de ce genre dont ils peuvent se moquer à chaque fois que l’occasion se présente. Ont-ils pour autant tort? En tant que membre non officiel de ce genre d’énergumène amateur de groupes a tacler gaiement entre amis, je ne suis pas si bien placé pour me faire passer pour neutre. Mais croyez moi, si il fallait trouver un avocat du diable pour défendre Emmure, même le malin en personne aurait bien du mal à leur trouver des qualités.
Emmure, du français emmuré, compose ses albums avec le même riffs depuis le début de sa carrière. Vous connaissez tous ce riff, vous l’entendez partout dans tout les albums du même genre, mais Emmure l’aime beaucoup et s’en sort encore et encore. Ce riff, il fait « chugg chugg » et on le répète avec un rythme un poil différent à chaque fois pour faire sauter les gamins, faire voler les moulinets, et vendre des tee-shirt avec écrit en lettre majuscule des slogans de cours d’école qui feraient passer le Fuck you I won’t do what you tell me de Rage Against the Machine pour du Zola.
Tout dans ce groupe tient dans sa production qui augmente la taille des riffs, et aplanit la voix du chanteur pour aplanir autant ses grognements que son chant clair, emprunté à Keith Buckley de Everytime I Die (à la différence que ce dernier sait véritablement chanté). Que ce soit en terme de composition que de technique, rien dans leur musique ne permet de défendre leur originalité. A les comparer avec des groupes comme Oceano ou the Acacia Strain, on ne retient que quelques parties mélodiques enfoncés entre deux chugga chugga histoire de varier un peu la sauce.
J’imagine très bien que des adolescents coincés dans les transports en commun trouve dans ce groupe une bande son excellente pour toiser du regards leurs congénères, et que les sportifs musclés aiment soulever des poids au rythme de leurs riffs identiques; mais à moins que vous ne fassiez partie de l’une de ses catégorie, je vous déconseille de vous approcher de ce bidule qui ne vous fera que perdre votre temps. Je ne me fais pas de soucis quand à la qualité de leur prestation, elle sera sans nul doute extrêmement carré, mais c’est encore heureux pour eux de savoir jouer ce bon dieu de plan puisqu’ils l’utilisent à longueur d’albums!
Emmure, vous n’êtes pas responsable de quoi que ce soit, vous n’êtes qu’un symptôme d’un phénomène qui existe depuis bien longtemps : le metal joués par deux neurones et une paire de bras musclés. Il y a un public pour ce genre de bêtise, mais je n’en fait définitivement pas partie.


















