Il était une fois la Doom Patrol

Tu vois fils, les super héros de mon temps, c’était fier et courageux. ça restait pas a discuter trois plombes ou a déprimer. Pourquoi déprimer? Les filles sont autour de vous, vous êtes l’idole des gamins dans mon genre et la planète vous est redevable d’occuper encore le même orbite? Et puis il a fallu que les anglais se ramène. Ouais, ouais, les anglais, c’est bouffeur de grenouilles ont été appelés à la « rescousse » pour donner une « nouvelle vie » à des titres dont personne ne voulait.

J’ai pas compris à l’époque, et je comprends toujours pas d’ailleurs. Là bas ils ont que de la grisaille, de la pluie, des rouquines (quoi que ça c’est pas mal, quand même). Alors en plus il a fallu que les gars de DC Comics déniche une bande de drogués. Même pas des hippies, pire que des hippies ! Des gars qui ne croyait même plus à l’existence de la réalité et te pondait des théories folles sur l’existence. Des délinquant venus pourris nos histoires, et tout ça avec l’invitation des éditeurs ! Le comble, je te dis !

Alors donc ce gars là, comment il s’appelle déjà? Ah oui, Grant Morrison ! Il arrive le Grant et il propose un nouveau concept sur une série que j’aimais bien à l’époque, la Doom Patrol ! La Doom Patrol c’était une équipe de types un peu étrange, des gars bien différents des autres super héros, que l’on envoyait au casse pipe. Ouais, c’était un peu différent du reste mais c’est ça qu’était bien! Faut bien varier un peu les plaisirs … Alors Grant, il débarque et il apporte des concepts venus de l’avant-garde artistique, genre les surréalistes, le dadaïsme, Marcel Duchamp, tout ça, et de la psychologie aussi.

Par exemple, y’avait ce type : Robot man ! Un gars qu’avait survécu a un accident de voiture et qu’ont avait transplanté son cerveau dans un corps de robot. Bon, et bien le Grant il se dit que si il ne te reste plus que ton cerveau, tu dois encore être capable de sentir tes membres comme si il existait encore, genre des sensations fantomatique. Ça arrive aux gens qui perdent un bras, tu vois? Ils sentent encore parfois leur bras alors qu’il n’est plus là. Et ben Robotman, il sent encore tout son corps, sauf qu’il ne ressent plus rien vu qu’il vit dans une carcasse de metal.

Ca fait un peu peur? Ouais, je suis d’accord, c’était franchement bizarre. Donc Robotman, il déprime, et puis sévère en plus ! Mais personne pour lui remonter le moral. Son chef l’envoie constamment au casse pipe pour sauver des gens dont il n’a rien à foutre, et ses compagnons de route sont tous un peu dingue. Y’en a une avec des centaines de personnalités, parce que son père la martyrisait… alors elle a un pouvoir par personnalité et ils interviennent quand elle en a besoin, sauf que sa propre personnalité est prise entre toutes les autres. Morrison là, l’écossais, il crée aussi le personnage de Remi the Street, une rue capable de voyager entre les dimensions et de s’implanter n’importe où ! Et elle parle même ! Une rue qui parle ! Non mais vraiment, faut pas être normal pour inventer des trucs comme ça…

Donc tout ce petit monde ça a des aventures et ça se pose des questions. Ca va même jusqu’à tout remettre en question vers la fin. Tu sais plus trop ce que tu lis mais tu continues quand même parce que t’aimerais bien comprendre. Sauf que Morrison il te file pas les clés facilement, c’est un malin. En plus il avait des bons copains quand même. Des dessinateurs tout aussi fou que lui, genre Richard Case avec qui il a fait un petit bout de chemin sur cette histoire. Un gars avec un trait un peu anguleux capable de te donner les chetons avec ses personnages tous étranges les uns que les autres. Ca restait quand même du comics de super héros mais il y avait ce truc qui n’avait rien d’héroïque ou de réaliste dans les pages. Tout ça, ça échappait aux codes du genre. Prends Sean Phillips aussi, qui s’est maintenant fait connaitre sur Criminal et Incognito avec Ed Brubaker, tu vois de qui je parle? Bon, ce type là il était pas encore au top de sa forme à l’époque mais il savait déjà foutre de l’encre comme il faut pour révéler la part de folie des gens. Et des mecs pas net, t’en avais des tonnes dans la Doom Patrol.

Donc voilà, maintenant le Morrison, tout le monde le connait, tout le monde l’aime et il fait des histoires vachement sympa dans Batman. C’est plus comme avant mais c’est bien. Alors du coup, DC Comics, ils ont réédités tout les numéros de la Doom Patrol en six volumes avec toute l’histoire raconté par Morrison. Parce que pendant tout son passage sur la série, il a raconté un tout cohérent qui tient super bien la route… pour un truc de malade drogué et anglais. Pire que tout ça, être anglais ! Mais je sais pas si je peux te recommander ça… t’es bien jeune et tout et … ah, tu les as déjà lu? Et ben, t’as bien grandit. En tout cas, pour tout les autres gars et gamines, prenez votre argent de poche et achetez plutôt ça si vous voulez vous prendre un gros voyage ailleurs, genre comme à Woodstock mais en plus marrant et en plus inquiétant aussi, ça vaudra mieux que d’acheter des petites pilules dans vos rave party. Ah, de mon temps…

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.

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