De temps à autre, il arrive à la plus attentive et à la plus exigeante des oreille de faire des découvertes inattendues et complexes. Nous parlons d’ailleurs ici d’un grand complexe, un complexe de compositions sombres, fortes et puissantes : The Black Window Complex.
Lorsque l’on tombe sur les morceaux composés par le seul et l’unique Karl Fisher, le temps s’envole en un quart de seconde, comme un coup de vent balaye un nuage de poussière, les rythmes effrénés de ses compositions résonnent si fort aux tréfonds de nos tympans que l’on sent tout son esprit se disloquer.
Indéniablement, entre originalité et indécence, nous nous retrouvons face à un phénomène qui nous dépasse. Aspirés, en proie à la plus virulente des succion électronique, nous sommes les proies quasi consentantes d’un ravage musical tout en excès et en virtuosité.
Pour défendre au mieux cet épatant projet qui est né entre 2004 et 2007, son créateur et compositeur nous parle de la genèse du grand Complex et de tout ce qui l’inspire, le fait vibrer, le fait exister, le définit.
Préparez-vous à entrer en transe!
Interview du 12/08/2011 (France)
Sally McAlister : Comment est né ton projet « The Black Window Complex »?
Karl A. Fisher : J’ai commencé la MAO assez jeune, vers douze ans, je composais de tout et de rien, mais toujours dans la lignée des genres que j’écoutais à ce moment. J’ai d’abord commencé par la trance, qui a toujours eu une place majeure dans mes créations (j’ai grandi avec 4Clubbers, Nightwatchers et Player One), puis je suis passé à la drum, au breakbeat, à l’ambiant et à la minimal. Je me suis jamais fermé à aucun style, j’ai aussi été beatmaker pour des amis qui faisient un peu de rap sans prétention. Au départ, TBWC c’était juste une signature pour rappeller que tel ou tel son vennait de moi, j’avais pas prévu d’en faire un projet précis avec une ligne directrice, sachant que je traîne le nom depuis 2004 à peu près. J’ai commencé à m’intéresser à l’aggrotech vers 2007, et puis j’ai un peu stagné dans le mouvement, j’ai essayé plus ou moins d’apporter un peu d’originalité au style sans pour autant hurler à la nouveauté, j’essayais de m’imprégner au mieux de l’essence du mouvement pour y injecter un peu de sang neuf, rien de plus. Encore aujourd’hui je pense pas que le projet soit réellement stabilisé, je sors encore de tout et de rien sous ce nom.
SMA : Comment définirais-tu ton style musical et quels sont les thèmes que tu traites ou idées?
KAF : Les gens le définissent bien mieux que moi, comme je l’ai dit plus haut, je n’ai jamais vraiment cherché à me fixer dans un seul genre ou même avoir la prétention d’en créer un nouveau, TBWC, au sens ou tu l’entends (je pense) c’est de la Terror EBM avec de gros relents de Hardstyle sur certains morceaux, mais c’est aussi de la Speedcore, de la Dance, du Digigrind ou de l’Ambiant. Ces derniers temps je m’essaie comme tous les gosses de ma génération au Dubstep, crade, distordu et agressif. D’une, certainement par mimétisme bête, mais aussi par curiosité, j’essaie de comprendre pourquoi le style marche autant avec tout le monde (moi compris).
Pour ce qui est des idées, j’ai rarement fait dans la politique, même si ça m’est arrivé. Sans sombrer dans le romantisme morbide ou autre, je pense que chaque musicien se concentre sur un sentiment bien particulier au moment de la composition, que ce soit l’amour (sur Photography) la haine (Emptiness) ou n’importe quel autre theme qui touche n’importe qui.
SMA : As-tu des influences particulières? Pourquoi?
KAF : Bien-sûr, il faut être sacrément égocentrique pour prétendre venir de nulle part avec un nouveau genre sorti tout droit d’un trou noir que personne n’aurait jamais approché. Comme tout le monde, je tire mes influences de tout ce que j’ai pu voir, toucher, entendre depuis que je suis né, je me bougerai autant sur 740 Boyz que sur Popof, ou Whourkr. Le plus important je pense, c’est de ne se fermer à aucun style, pour s’imprégner de la musique comme d’un ensemble.
SMA : Est-ce que la musique est importante dans ta vie? Est-ce une passion? Si oui, comment est-elle née?
KAF : Mes parents se sont rencontrés dans un groupe, mon père était guitariste et ma mère chanteuse, donc je pense que j’étais plus ou moins « prédestiné » à tomber dedans. J’ai commencé le piano à quatre ans, puis quelques années plus tard (sans arrêter pour autant le clavier), j’ai attaqué la batterie, puis la basse. J’ai eu la chance d’avoir une formation académique en solfège et sur ces trois instruments, pendant douze ans au total. De mon coté j’ai appris la guitare, le violon, et divers autres instruments plus ou moins connus (didgeridoo, tablas), et aujourd’hui j’ai toujours envie d’apprendre à jouer de nouveaux instrument, mon génial colloc va ramener un banjo à l’appartement, et dès que j’ai trois sous de coté j’espère m’acheter une cornemuse.
SMA : Quels sont tes projets pour le futur? Vas-tu développer tes expériences d’avantage?
KAF : Toujours, je n’ai jamais manqué de temps pour la musique, et j’ai bien l’intention que ça continue ! Sans avoir de grand projet précis, je fais en fonction de ce qui se présente à moi.
SMA : Qu’est-ce qui te touche le plus dans l’univers du son? Quels outils, instruments? Aimerais-tu faire du live un jour?
KAF : Pour le live, c’est déjà fait. Pas avec TBWC puisque c’est un « projet » entièrement personnel qui n’a aucune vocation comerciale quelle qu’elle soit. Mais j’ai toujours été invité par des amis sur scène pour faire des boeufs pendant les concerts, ou servir de deuxième chanteur sur certains morceaux, et j’en garde de très bons souvenirs. Sinon je n’ai pas de réelle préférence pour un instrument, chaque son a sa particularité et son charme, mais quand je compose je balance toujours un premier jet sur ordinateur pour me faire une meilleure idée.
SMA : Une dernière question, plus dure, mais la plus importante pour moi, qui se cache derrière The Black Window Complex? Qui es tu? (comment te définirais-tu?)
KAF : Je carbure aux Stuyvesant 100′s, au thé aux fruits rouges et au Suprême Cheese. Je passe le plus clair de mon temps à gamer sur tous les supports de l’univers (j’ai une Atari 2600 fonctionelle), et je fais mon possible pour éviter au maximum de me risquer en dehors de chez moi. Si tout va bien, j’attaquerai ma deuxième année en droit avec mon meilleur pote.
The Black Window Complex sur Facebook :
http://www.facebook.com/pages/The-Black-Window-Complex/162957410401077
The Black Window Complex sur Myspace :
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