Le rappel ou le petit coup de pouce pour l’ego du musicien

Si la musique est une religion et les concerts leur messe alors je suis surement un des fidèles les plus pieux qui soit. Les concerts, j’y suis au moins une fois par semaine. De retour d’un festival de trois jours, j’ai pu en voir une dizaine par jours et apprécier encore une fois pleinement l’habitude qu’ont les groupes à se faire prier du public pour jouer la totalité de leur temps qui leur est alloué pour leur concert.

Toutes personnes ayant joués dans un groupe le sait bien, les musiciens sont prévenus du temps qu’ils pourront passés sur scène avant que l’on ne passe à un autre groupe ou que la salle ferme tout simplement. Un dépassement du temps pose des problèmes à l’organisation et aux employés de la salle qui ont autre chose à faire après que le concert soit terminé. Une chanson de plus est donc le résultat d’une négociation rapide avec la salle pour savoir si le rappel est possible, si, et seulement si, le public en demande un.

Le problème n’est donc pas que le public demande plus de chansons car ils ont aimés le concert mais que personne n’ai dupe, quand le groupe se tire de scène, qu’il ne va pas revenir dans la minute, après un peu d’applaudissement, pour combler la « demande » des fans qui leur demande seulement de finir leur set. Il suffit de regarder sur une set list récupérés à la fin d’un concert pour voir inscrit le nom des chansons prévus pour le rappel. Après la première fin, le groupe n’est jamais bien loin et ne fait même pas l’effort d’être très surpris de revenir sur scène. Lors du Brutal Assault, le bassiste de Voivod plaisantait même, en annonçant le « dernier morceau », qu’ils étaient désolés de ne pas jouer plus mais qu’ils ne savaient tout simplement pas en jouer d’autres. Oh, le groupe dont tu fais partie depuis 1981 et avec qui tu as composés plus de douze disques ne saurait pas jouer un autre titre? Heureusement, lui était ironique. Les autres par contre vous font le coup du rappel sans sourciller et attendent bien sagement que vous tapiez du pied pour enfin revenir sur scène vous faire grâce de leur présence.

C’est d’autant plus flagrant durant un festival où le temps des set est d’autant plus important qu’il y a encore plus de groupes a faire passer et une logistique d’autant plus dingue à gérer. Le temps de set est même indiqué sur les programmes que l’on distribue aux festivaliers! Il suffit alors de regarder sur son petit dépliant pour savoir que machin n’a pas encore finit de jouer et va revenir dans la minute pour faire un morceau supplémentaire une fois que l’on aura applaudit un peu pour leur faire plaisir.

Ainsi, même si ils n’en font pas, j’avais trouvé agréable de voir revenir Ulver sur scène à Londres, après que le public les ait amplement applaudit, en s’excusant de n’avoir pas d’autres titres a jouer. Eux peuvent au moins argumenter que leur musique est tellement difficile à mettre en place qu’ils ne seraient pas en capable de jouer un autre titre sans l’avoir amplement répété avant (sauf dans le concert en Grèce ou des fans sont venus demander au chanteur de reprendre avec eux un de leur vieux morceau, car ils l’avaient appris, et avaient apportés leurs guitares!). Atari Teenage Riot n’en a pas non plus fait lors de leur concert à Dour. Un seul set en béton d’une heure fut joué, aucune pause et aucun compromis. Enfin, je conclurais ce petit coup de gueule avec l’exemple du chanteur de Ceremony qui, lors de son concert parisien, eu le dernier mot en gueulant en fin de concert « No encore ». Pas de rappels. Tant mieux. Mieux vaut finir avec une conclusion appropriée et donner au concert une couleur particulière que de faire un petit pas de danse chorégraphié pour se faire plaisir et revenir de manière hypocrite.

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Auteur:Mathieu Lubrun - Hororo

25/02/82, 1m80, à peine 60 kilos et élevé pour parcourir le macadam parisien de refuge en refuge. Chroniqueur rock depuis 2004 sur Eklektik-rock, bibliothécaire 2.0 depuis 2008, passionné de musique (metal, jazz, rap, electro …) et de comics. Alcoolique de concerts et de disques, bavard et effervescent dès qu’il rentre en contact avec un artiste qu’il apprécie.
  1. 19 août 2010 à 11:31 #

    Étant musicien je suis carrément d’accord avec toi, après les fans le voient autrement, j’ai envie de dire ça fait partis du show tout ça !
    Je suis certains que si cette infime partie du concert était supprimé définitivement et qu’il n’y aurait plus de « encore » comme disent les anglo-saxon, la prestation perdrait de son charme ^_^

  2. 19 août 2010 à 11:51 #

    Tout dépend du type de performance. Si c’est seulement un enfilement de chanson, alors une de plus peut être sympathique, mais si le set forme un tout complet avec pas besoin d’en rajouter. Ce que je souligne surtout c’est la sortie de scène rapide pour se faire prier de revenir.

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